Stade de Reims – EXCLU Mercato, Europe, Disasi, Dia, Rajkovic, son fils… Caillot se confie

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A l’occasion d’un long entretien accordé à But ! Football Club, Jean-Pierre Caillot a évoqué l’intersaison du Stade de Reims, les départs, les arrivées, le projet du club…

But ! : Président, comment prépare-t-on une saison où le Stade de Reims peut potentiellement jouer la Coupe d’Europe ?

Jean-Pierre Caillot : Pour l’instant, on se refuse à parler d’Europe. On attend de voir ce qui va se passer lors des finales. Mais, de toute manière, que nous soyons qualifiés ou pas pour la Ligue Europa, cela ne change absolument rien dans la politique et la stratégie du club. Notamment concernant le Mercato. Aujourd’hui, nous avons anticipé et construit un groupe pour continuer à pérenniser le Stade de Reims. Qu’il y ait l’Europe ou pas, nous ne ferons aucune folie. On restera conforme à ce qu’on souhaite faire…

Justement, que souhaitez-vous faire ?

Jean-Pierre Caillot : Si nous avons choisi de changer de logo récemment, c’est pour lancer notre politique pour le futur. D’ici peu, nous allons dévoiler notre projet « Ambition 2024 ». Nous expliquerons alors les grands axes pour l’avenir comme nous l’avions fait il y a quelques années avec le plan « Horizon 2020 ». Beaucoup de gens font des promesses et ne s’y tiennent pas. A Reims, on a la fierté de pouvoir dire que tout ce que nous avions réalisé tout ce qui avait été écrit dans le précédent plan et ce malgré le contretemps de notre passage en Ligue 2. On espère avec la même réussite avec « Ambition 2024 », un projet ambitieux mais raisonnable. Notre Mercato a été fait en fonction de ce projet. L’objectif sera de se pérenniser en Ligue 1 et d’accrocher le Top 10 régulièrement.

« J’ai bon espoir que le groupe soit finalisé avant la fin du premier Mercato »

Mais quantitativement, l’effectif ne serait-il pas trop court pour jouer sur quatre tableaux ?

Jean-Pierre Caillot : On a déjà intégré tous les paramètres. Pour nous, le groupe est suffisamment étoffé et le coach (David Guion) est très satisfait de ce dont il dispose. Pour être très concret concernant les arrivées et départs, seuls deux ou trois joueurs avaient des bons de sortie. Certains sont déjà sortis (Hassane Kamara), d’autres vont le faire. En terme d’arrivée, on attend surtout un joueur. On espère faire signer un élément d’expérience au milieu. Pour le reste, tous les postes sont déjà pourvus pour la saison. Le club est reconnu pour son sens de l’anticipation. Le remplaçant d’Axel Disasi a signé dès janvier dernier avec Wout Faes (laissé en prêt à Ostende sur la fin de saison, NDLR).

Concernant le recrutement, il n’y aura donc pas un extra « spécial Europe » au cas où en août, septembre ou début octobre ?

Jean-Pierre Caillot : Non. Même si la période post-Covid va changer les choses pour de nombreux clubs, ce n’est pas le cas du Stade de Reims. Si les choses se passent comme on l’espère, il se peut même que le groupe soit finalisé avant la fin de la première période du Mercato. Sur la deuxième période, il ne devrait pas se passer grand chose au Stade de Reims.

« Axel Disasi ira où il aura envie d’aller sous réserve que le Stade de Reims s’y retrouve »

Cela veut dire que vous avez pour ambition de recruter votre milieu de terrain et de régler vos derniers bons de sortie d’ici au 9 juillet ?

Jean-Pierre Caillot : Au moment où l’on se passe (jeudi 2 juillet en fin d’après-midi, NDLR), j’ai de bons espoirs que ça se passe comme ça. Effectivemment…

Qu’en est-il d’Axel Disasi ?

Jean-Pierre Caillot : Il a un bon de sortie. Son profil intéresse pas mal de clubs. Aujourd’hui, trois clubs sont assez avancés sur le dossier. Je ne sais pas si ce sera l’un de ces trois-là qu’il choisira. Mais il est probable que cela bouge assez vite…

Y a-t-il des chances de le voir toujours en Ligue 1 la saison prochaine ?

Jean-Pierre Caillot : Oui. Sans trahir de secret, dans les trois clubs, il y a effectivemment le Stade Rennais et l’AS Monaco. En plus d’une offre anglaise qu’on tient déjà depuis quelques temps. Hier, un autre club français s’est rapproché de nous mais n’a pas encore soumis d’offre. Je pense qu’il disputera une Coupe d’Europe l’an prochain…

Donc l’Angleterre n’est plus forcément en pole pour Disasi ?

Jean-Pierre Caillot : Il a une offre concrète d’Angleterre. Ses conseils regardent le marché français. Il ira où il aura envie d’aller sous réserve que le Stade de Reims s’y retrouve.

« Rajkovic, je souhaite ardemment qu’il reste »

On parle aussi d’un départ possible de Boulaye Dia. Qu’en est-il réellement ?

Jean-Pierre Caillot : Il a un demi bon de sortie. Aujourd’hui, nous n’avons pas d’offres concrètes. On est satisfait du garçon. Je sais qu’il se sent bien au Stade de Reims et il n’y a aucune obligation le concernant. Peut-être qu’il sera amené à quitter le club, peut-être qu’il sera amené à rester. Le concernant, il n’y a rien de définitif. Disons qu’on lui laisse la possibilité en cas de projet intéressant pour le club comme pour lui.

Cette saison, Predrag Rajkovic s’est révélé. De très grands clubs sont sur les rangs. Sera-t-il toujours rémois l’an prochain ?

Jean-Pierre Caillot : Ce n’est pas un des meilleurs gardiens d’Europe par hasard et c’est encore une pioche magnifique signée de notre cellule de recrutement. Pour beaucoup de supporters et d’observateurs, Predrag a été une grande découverte cette saison. Aujourd’hui, je souhaite ardemment qu’il reste au Stade de Reims. A son arrivée, nous avions signé un contrat de quatre ans avec dans l’idée qu’il fasse au moins deux ans chez nous. Il sort d’une première saison magnifique, à la tête de la meilleure défense de Ligue 1. Pour le moment, il se sent bien à Reims et on souhaite tous le voir rester. Maintenant on est dans le football et il peut se passer des choses. Encore plus sur un poste comme celui-là…

« Cela m’étonnerait que mon fils signe dans un autre club »

Vous avez évoqué votre cellule de recrutement. Reims a acquis une belle reconnaissance par son travail. Ne craignez-vous pas d’être attaqué sur vos scouts ?

Jean-Pierre Caillot : A part si je déshérite mon fils (responsable de la cellule de recrutement de Reims, NDLR), je pense être un peu tranquille de ce côté-là (rires) Dans un premier temps, on avait demandé beaucoup de discrétion pour le laisser faire ses preuves. C’est toujours difficile d’être le fils du président. Il a travaillé dans l’ombre un certain temps mais aujourd’hui les choses se savent et il a gagné sa crédibilité dans ce métier. Il manage très bien ses équipes. Je ne suis pas très inquiet. A Reims, on a une particularité. Nos scouts ne sont pas des freelance mais des salariés du club. Evidemment que le travail qui est fait est remarqué mais ça m’étonnerait quand même que mon fils signe dans un autre club. Il recrute pour son club de cœur …

Mais sur le reste de l’équipe de recrutement ?

Jean-Pierre Caillot : Les autres noms ne sont pas connus des médias et on fait en sorte que personne ne les connaissent.

Malgré tout, ils croisent quand même des recruteurs d’autres clubs dans les stades et dans le milieu, c’est assez difficile de cacher de bons scouts…

Jean-Pierre Caillot : Sans doute. Mais on a la chance à Reims de ne pas vendre que des emplois, on vend une aventure, on vend une histoire. Je pense que le Stade de Reims fait partie des clubs où il fait bon vivre. Les gens qui sont là mesurent leur intérêt à rester dans la structure. Aujourd’hui, je n’ai aucune crainte sur la question.

Pour conclure, quel serait une saison 2020-21 réussie pour le Stade de Reims ?

Jean-Pierre Caillot : Quand on vient de faire 8e et 6e de Ligue 1 en étant promu, on ne va pas commencer à se prendre pour d’autres. L’objectif sera de bien amorcer le plan « Horizon 2024 ». L’important est d’être là dans la durée. Si cette saison, on finit encore dans les 10-12 premiers, on sera très heureux. Si on peut faire passer aux supporters de bons moments avec des victoires de prestige, ce serait aussi sympa. L’an dernier, Reims était quand même la seule équipe à s’être imposé trois fois à l’extérieur sur le terrain des trois premiers (PSG, OM, Rennes). Pouvoir vivre et partager des moments comme ça avec nos supporters, ce serait déjà une belle saison…

Alexandre Corboz

Journaliste à But! depuis 2008