ASSE : Bernard Caïazzo peut-il vraiment rester avec de nouveaux actionnaires ?

Souhaitant rester à l’AS Saint-Etienne même en cas d’arrivée d’un nouvel actionnaire, Bernard Caïazzo peut-il vraiment continuer ? Décryptage en exemples français.

Si l’AS Saint-Etienne s’apprête à rentrer en négociations exclusives avec de nouveaux actionnaires au 15 mai prochain, rien n’indique que les deux présidents actuels, Bernard Caïazzo et Roland Romeyer, quitteront le navire à l’issue de la saison. Alors que le second souhaite complètement passer la main, très fatigué par la saison vécue, le premier nommé souhaiterait rester au club … A minima en qualité de conseiller. Dans un rachat par des actionnaires étrangers, ce type de fonctionnement est-il possible ? Etude des précédents en Ligue 1 et Ligue 2.

Rester majoritaire, c’est plus sûr

Depuis 2011 et l’arrivée de QSI en Ligue 1, les clubs français passent tous, tour à tour, sous pavillon étranger. Pour le PSG, comme pour l’AS Monaco, l’OM ou encore le LOSC, le rachat fut total et les dirigeants ont été invités à laisser place nette. En effet, Robin Leproux (Paris), comme Etienne Franzi (Monaco), Giovanni Ciccolunghi (ultime président nommé par Margarita Louis-Dreyfus à Marseille) ou Michel Seydoux (Lille) ont tous cédés leur fauteuil directement à un nouveau boss sans reclassement possible dans l’organigramme. Même si, pour Michel Seydoux, Gérard Lopez l’avait invité à rester en tant que conseiller au CA (sans réel pouvoir ni poids dans les décisions). En réalité, pour que Bernard Caïazzo garde du pouvoir, il faudrait que l’arrivée d’un nouvel actionnaire se fasse sous la forme d’une participation minoritaire. C’est ce qu’il s’est passé à Lyon où Jean-Michel Aulas a vendu 20% des parts d’OL Groupe à IDG Capital Partners, un fonds discret et qui n’empiète pas sur les fonctions de l’omnipotent président.

L’OGC Nice et le RC Lens, les exceptions à la règle

En France, il n’y a vraiment eu que deux cas d’une cession majoritaire (ou total) d’un club avec conservation du dirigeant : l’OGC Nice et le RC Lens. Au Gym, le tandem Jean-Pierre Rivère (président) – Julien Fournier (directeur général) – impliqué à seulement 20% de l’actionnariat – coordonne toujours la manœuvre du sportif malgré l’arrivée dans l’actionnariat de fonds sino-américains (80% des parts). Pour l’instant, du fait de ses résultats probants, l’attelage tient le coup même si, selon certaines sources, deux des quatre boss azuréens (Chien Lee et Paul Conway) envisagerait un remaniement prochain. Peut-être dès l’horizon 2019.

A Lens, Gervais Martel est d’abord revenu en tant que président salarié avec Hafiz Mammadov, puis, face aux impayés des Azéris et aux galères du Racing, il s’est tourné vers la société luxembourgeoise Solferino, co-détenue par Joseph Oughourlian (Amber Capital) et l’Atletico Madrid (qui s’est depuis désengagé), détentrice de 99,9% des parts de la SASP du RC Lens. Dans un premier temps, Martel a conservé ses prérogatives mais, après le début de saison 2017-2018 chaotique des Lensois, celui-ci a été « invité » à prendre du recul. Officiellement, Gervais Martel a toujours dit que son changement de poste (désormais président du Conseil d’Administration) était lié à une volonté de prendre du recul et de laisser la place à Arnaud Pouille (directeur général). Officieusement, il semblerait que ce soit la pression sur ses épaules qui a poussé Martel a renoncé à la présidence opérationnelle de son club de cœur pour occuper une fonction davantage institutionnelle. La formule est donc possible mais gare à la première crise de résultat !

Alexandre CORBOZ

Alexandre Corboz

Journaliste à But! depuis 2008