ASSE (Débat) : les premières infos Mercato sont-elles inquiétantes ?

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Notre débat de la semaine concerne la situation financière de l’ASSE et son Mercato. Laurent Hess et Alexandre Corboz donnent leur avis.

Un peu, mais j’ai confiance en Puel

« C’est sûr que les premières infos ne sont pas vraiment réjouissantes… Mais qu’y a-t-il de surprenant à ce que les joueurs les plus performants soient sollicités, à commencer par Fofana et Bouanga ? Ce qui m’inquiète, c’est avant tout l’état des finances, qui va sans doute contraindre les dirigeants à se séparer d’un ou deux de leurs meilleurs éléments, comme ils l’ont déjà fait ces derniers mois avec Saliba, Cabella ou Selnaes. Le prix à payer pour avoir dépensé sans compter, sous l’ère Gasset, en faisant flamber la masse salariale comme jamais, et pour avoir investi, avant, sur des flops retentissants (12 M€ investis à l’été 2017 sur le duo Diousse-Diony!).

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De bons joueurs, il y en a aussi dans les divisions inférieures

J’espère que l’ASSE ne s’affaiblira pas trop, et qu’elle pourra se délester d’un ou deux éléments encombrants, même si je ne me fais pas trop d’illusions pour certains. Le cas Ruffier me paraît être le plus préoccupant, et de loin. Pour Perrin, je pense qu’une solution sera trouvée, avec un salaire revu à la baisse pour Loïc. Côté arrivées, ce Mercato démarre avec l’achat de Kolo, facturé 4,5 M€, un montant bien au-delà du marché post confinement, surtout vu les états de service du défenseur en 2019-20. Dur, très dur. Krasso (Epinal), lui, est un pari. Si son nom ne fait pas rêver, Puel a déjà prouvé son savoir-faire pour offrir une deuxième chance à des joueurs recalés de centre de formation, à l’image de Bauthéac, que l’on connait bien à « Sainté ». Des bons joueurs, il y en a à tous les niveaux. Il y en a même quelques uns, aussi, dans l’effectif stéphanois…

Laurent HESS

Comment pouvait-il en être autrement ?

« Déjà, avant la crise du coronavirus, il y avait matière à s’inquiéter pour l’économie pas franchement pérenne des Verts. Un club qui était dans l’obligation de dégraisser ses sénateurs du vestiaire pour partir sur un nouveau cycle. Le Covid-19 n’a fait qu’accentuer le souci. Pour payer les salaires et combler le manque à gagner des droits TV, l’ASSE a pris un crédit bancaire garanti par l’Etat en plus du crédit bancaire qu’il avait déjà. Creusant une dette désormais supérieure à 30 M€, remboursable… sur les futurs droits TV ainsi que sur ses transferts. Le serpent se mord la queue et creuse déjà ses soucis pour le futur.

Les Verts vont être obligés de vendre et de faire des paris

Mais cette crise économique mondiale va avoir un effet sur les prix pratiqués au Mercato et on peut d’ores et déjà prédire un éclatement de bulle dans lequel vivait le football professionnel. Si Bernard Caïazzo en est réduit à prier pour que les autres championnats se terminent, c’est aussi et surtout parce qu’il espère que les Anglais, Allemands, Espagnols ou Italiens iront acheter ses joueurs… En maintenant des prix élevés. Ce qui ne sera pas forcément le cas. Dès lors pas étonnant que Stéphane Ruffier, Wahbi Khazri ou Yann M’Vila deviennent difficiles à vendre aux tarifs souhaités…

Sous Jean-Louis Gasset, l’ASSE a vécu son bonheur dans l’instant sans penser aux lendemains. Sans valoriser suffisamment de jeunes talents pour rentrer dans un cercle vertueux. Désormais, vient le temps des paris : des Jean-Philippe Krasso, des Saïd Arab… Ces joueurs à qui le monde professionnel avait choisi de tourner le dos il y a quelques années et qui se voient offrir une seconde chance d’exploser. Pas impossible que ça fonctionne : Franck Ribéry, Mathieu Valbuena ou Wissam Ben Yedder sont issus de ce monde-là. Mais on est quand même sur du pari ultra-risqué. La vie que le Sainté de Claude Puel a choisi de mener. »

Alexandre CORBOZ