ASSE : Denis Bouanga plus rapide qu’Aubameyang ?

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Auteur de son 2e doublé en vert en un mois la semaine passée face à Nice (4-1), Denis Bouanga est en train de prendre une nouvelle dimension à l’ASSE. Au point de renforcer sa filiation avec un certain PEA ?

Bien malin celui qui, aujourd’hui, pourra dire de Denis Bouanga qu’il ira plus qu’Aubameyang après avoir saisi le tremplin offert par l’ASSE. En attendant, depuis qu’il a posé ses valises dans le Forez cet été contre un chèque avoisinant les 4 M€, les raccourcis sont légions (et faciles) pour faire de l’ancien Nîmois le successeur tant attendu. C’est vrai qu’il y a certaines similitudes poussant le jeu des comparaisons entre les deux amis.

Dans la nationalité sportive et les origines (nés dans une ville moyenne française, international gabonais). Dans l’attitude « à la cool » hors des terrains. Dans les qualités sportives et le positionnement aussi… Sans doute que « Denis la malice » ne décollera jamais l’étiquette de « PEA Jr » dont on l’affuble depuis plus de trois ans maintenant. En attendant, le gamin du Mans a déjà fait plus fort que le Gunner sur ses débuts en vert.

Bien plus fort au démarrage que l’était Aubameyang

Rappelons qu’avant de devenir « Aubame » le chouchou du Chaudron, Pierre-Emerick Aubameyang a d’abord suscité scepticisme et moqueries. Premier prêt en provenance du Milan AC entre janvier et mai 2011 : 14 apparitions, 2 buts. A ce moment-là, « PEA » retourne en Lombardie, veut revenir chez les Verts mais l’ASSE n’est pas pressée de le relancer. Merci Emmanuel Rivière d’avoir fait fait des pieds et des mains pour partir… Un an plus tard, à l’issue de l’exercice 2011-12 (18 buts en L1), Aubameyang n’a déjà plus la même image ni la même cote.

Qu’en sera-t-il de Denis Bouanga à l’issue de cet exercice 2019-20 ? Cela dépendra du rendement. Pour l’instant, il est plutôt très bon. Surtout pour un joueur baladé partout sur le terrain, de la pointe de l’attaque au rôle de piston défensif gauche qu’il a occupé sans rechigner.

Avant de croiser la route de Claude Puel, le rendement de Bouanga était encore largement perfectible. On lui reprochait ses occasions manquées malgré un premier exercice en Ligue 1 loin d’être infamant avec Nîmes (35 apparitions, 7 buts, 3 passes décisives) mais surtout en deçà de son extraordinaire saison tourangelle en L2 (36 apparitions, 16 buts, 6 passes décisives il y a trois saisons). Ce cap, Denis Bouanga semblait avoir du mal à le passer … Jusqu’à aujourd’hui.

En moitié moins de matches disputés qu’avec les Crocos (17), le Manceau a déjà égalé son record de buts dans l’élite sur une saison (7) et battu son nombre de passes décisives (4). Et malgré tout, il semble imperméable à la pression : « Sur un plan personnel, je souhaite simplement faire mieux que la saison précédente. Mais, quoi qu’il arrive, j’ai envie que l’équipe gagne. Peu importe si je marque ou pas. Je veux être régulier et aider le groupe ».

« J’espère qu’on continuera à gagner et à chanter »

Il faut dire qu’entre le Denis Bouanga prometteur de la préparation qui s’était liquéfié par la suite avec Ghislain Printant (10 apparitions, 1 but, 1 passe décisive) et celui qui marche sur l’eau depuis le hold-up du Matmut Atlantique (6 buts et 4 passes décisives en 11 matches depuis Bordeaux le 20 octobre) il y a un monde. « Je suis plus concentré, je tente beaucoup et en ce moment ça marche. J’espère que ça va durer. J’ai la confiance de mes coéquipiers et du staff. Je ne suis pas bridé et je peux être décisif. Ici, il n’y a que des bons joueurs de football, ça facilite les choses », glisse-t-il, avec un mot toujours tourné vers le collectif. En attendant, l’ex-Merlu prend du plaisir dans son aventure forézienne : « C’est même mieux que je l’espérais. Je suis très content d’être ici. Je répète à tout le monde que j’ai fait le bon choix. J’espère qu’on continuera à gagner et à chanter ».

Et c’était finalement ce sourire vert – celui-là même qui a porté Aubame durant deux ans et demi – qui amenait l’accomplissement sportif de Denis Bouanga ? C’est tout le mal qu’on lui souhaite…

Alexandre Corboz

Journaliste à But! depuis 2008