ASSE – Exclu BUT : Philippe Gastal raconte Robert Herbin (3eme partie)
par butfootballclub

ASSE – Exclu BUT : Philippe Gastal raconte Robert Herbin (3eme partie)

Pour But! Sainté, le conservateur du Musée des Verts Philippe Gastal, a accepté de revenir sur les années Robert Herbin à l'ASSE. Extrait.

But ASSE : Philippe, avec le recul, qu'est-ce que Robert Herbin gardait des années fastes, lorsqu'il était l'entraîneur des Piazza, Larqué, Curkovic et consorts ? A-t-il vraiment aimé cette folie verte qui gagna tout le pays ?

Philippe GASTAL : Je ne vous apprends rien en disant que Roby était discret, pudique. Un exemple : après les grandes victoires des Verts, et on peut évoquer le match retour contre Kiev, il remplissait son devoir avec les journalistes, puis filait assez vitre chez lui, à l'abri des regards. Son équilibre, ce n'était pas l'effusion. Encore moins le strass, les paillettes. Autre exemple : la descente des Champs-Elysées au lendemain de la finale perdue contre le Bayern Munich. Il n'avait pas aimé ce moment. Cette épopée, vous savez, l'a marquée en tant qu'homme, en tant qu'entraîneur. C'est tout. Le reste, ça ne l'intéressait pas.

 "Il ne se considérait pas comme une légende, il avait la modestie des grands."

 Se rendait-il tout de même compte de ce que générait cette équipe ?

P.G J'ai envie de vous dire qu'il n'en avait même pas besoin. Dans le football, il est extrêmement rare d'être un grand joueur. Il l'a été. C'est encore plus rare de devenir un grand entraîneur et il l'a été également. Il a été les deux, il faut bien s'en rendre compte. Il suffit également de voir son palmarès et de regarder le nombre de titres obtenus avec Herbin à l'ASSE, en tant que joueur ou entraîneur. Roby était au sommet.

 

Se considérait-il au sommet comme vous dites ?

P.G. Ca, non. Il ne se considérait pas comme une légende, il avait la modestie des grands.

Juste après son décès, de nombreux joueurs ont réagi au travers de témoignages très touchants. On pense à ceux de Jean-François Larios, Laurent Paganelli et même d'Yvan Curkovic...

P.G. Avec Curko, on peut tout de même parler d'une relation particulière. D'abord parce que Roby passait beaucoup de temps avec Yvan lors des entraînements, ils faisaient tous les deux un spécifique gardiens. Et croyez-moi, il faut avoir vu ça une fois pour comprendre le niveau d'Yvan dans ces années là. C'était incroyable d'intensité et de dépassement de soi. De toute façon, les deux avaient la même vision du ballon rond : la rigueur, le sérieux, le collectif. Ils avaient fondamentalement les mêmes valeurs.

PS : retrouvez un autre extrait de l'interview de Philippe Gastal demain sur notre site à 6h