par Alexandre Corboz

ASSE – EXCLU Guilavogui : « Si je reviens en L1, ce sera à Saint-Etienne »

Qualifié pour l’Europa League avec Wolfsburg, Josuha Guilavogui est aujourd’hui pleinement épanoui dans cette équipe où il en est le capitaine.

Qualifié pour l’Europa League avec Wolfsburg, Josuha Guilavogui est aujourd’hui pleinement épanoui dans cette équipe où il en est le capitaine. 

But ! Saint-Etienne : Josuha, vous vouliez retrouver l'Europe avec Wolfsbourg, c’est désormais chose faite..

Josuha Guilavogui : Oui. Après deux années catastrophiques, on ne pouvait pas prétendre à cet objectif. C’était simplement dans nos têtes comme un rêve. Au fil de la saison, on s’est rendu compte qu’on pouvait réaliser quelque chose de grand avec l’équipe (Wolfsbourg a arraché la C3 à l'issue de la dernière journée de Bundesliga en doublant sur le fil l'Eintracht Francfort, NDLR).

Être capitaine, cela doit être quelque chose de stimulant pour vous...

Ça me fait plaisir, je suis écouté par mes coéquipiers et je me dois d’être exemplaire. Dans cette équipe on possède énormément de nationalités différentes. J’ai la chance de parler quatre langues. J’arrive bien à traduire les instructions pendant les matchs, c’est important. Peu importe le nombre de nationalités qu’il y a il faut créer un langage universel. C’est ce langage qui amène les automatismes dans une équipe. On a trouvé une identité de jeu.

Ce rôle doit vous rajouter une certaine pression…

Non il n’y a pas de pression. J’ai toujours été le même dans mon attitude, je ne change pas. Je suis quelqu’un qui aime énormément parler sur un terrain. Ce rôle rajoute une responsabilité sur l’aspect du jeu que va donner l’équipe. Un capitaine doit donner encore plus que les autres, c’est ce que j’essaye d’accomplir tous les jours.

En France, on parle assez peu de vous. Regrettez-vous le manque d'intérêt pour la Bundesliga ?

C’est pour moi l’un des meilleurs championnats, juste derrière la Première Ligue. Quand je suis arrivé ici, il devait y avoir seulement quatre joueurs français. Aujourd’hui, beaucoup de clubs de Bundesliga ont su ramenés des talents français dans leurs équipes. Ce championnat gagne en attractivité.

« Saint-Etienne a le potentiel pour faire un bon parcours en Coupe d'Europe »

Votre prolongation jusqu’en 2023 à Wolfsbourg est-elle signe d’amour pour ce club ?

Je m’identifie énormément à ce club. Il m’a tout donné, je lui en suis redevable. Aujourd’hui, j’ai disputé plus de matchs ici qu’en France. Il y a un moment où je me suis posé la question d’un retour en France. Finir à Saint-Etienne ? Pour le moment, je profite de l’instant ici. J’ai trouvé un club qui me ressemble et je m’y sens vraiment bien.

La Ligue 1 n’est donc plus une option ?

On ne sait jamais de quoi demain est fait. Si je retourne en France, ce sera pour revenir jouer à Sainté. Je ne me vois pas ailleurs qu’à Saint-Etienne. C’est le club qui m’a révélé. J’y suis arrivé à l’adolescence pour y partir quand j’avais 23 ans. C’est ici que je me suis construit. J’ai encore des contacts avec Loïc Perrin, Steph’ Ruffier ou encore Jessy Moulin. J’ai rarement vu dans ma carrière un public comme celui-ci. Si le club est aujourd’hui européen, c’est encore une fois grâce à ses supporters.

Vous suivez les Verts. Pensez-vous que cette équipe a les épaules pour faire un grand parcours en Ligue Europa ?

Bien sûr, ils ont le potentiel pour. Il faut qu’ils se renforcent un peu sur certains postes. On l’a vu cette année : contre les grosses écuries du championnat, l’ASSE n’a pas récolté énormément de points. C’est leur point faible pour le moment. Je ne sais pas si c’est mental ou pas. Ils doivent jouer chaque gros matchs contre les grosses équipes comme si c'était le dernier. Ils peuvent vraiment aller loin. Personne n’aurait imaginer que Marseille aille en finale de Ligue Europa.

Vu votre engagement du côté de Wolsbourg, on vous imagine mal revenir à Saint-Etienne un jour. On se trompe ?

Je ne sais pas encore. J’aurais environ 33 ans à la fin de ce contrat avec Wolfsbourg, c’est assez loin encore. Je n’aurais jamais cru rester cinq ans dans le même club. Désormais, je pense plus à savourer cette période. Il me reste encore pas mal de belles années, je serais également très heureux de finir à Wolfsbourg.

Propos recueillis par Nathan VACHER