ASSE – EXCLU Yvan Neyou raconte ses années de galère
par Laurent HESS

ASSE – EXCLU Yvan Neyou raconte ses années de galère

Auteur de débuts prometteurs sous le maillot vert au Stade de France contre le PSG, Yvan Neyou est loin de s'enflammer. Dans But  « Sainté », le milieu est revenu sur son parcours galère. Extrait.

But Saint-Etienne : A Auxerre, pourquoi n'aviez-vous pas signé pro ?

Yvan NEYOU : Parce que je ne le méritais pas ! J'avais des manques. Physiquement, je ne répondais pas aux critères. J'étais tout petit, tout frêle. On ne me parlait que de ça. A Auxerre, on essayait de me développer physiquement. C'était mon gabarit, mon gabarit... Mais bon, mentalement, ça a forgé mon caractère. J'ai compris que rien ne me serait donné. Et que ce que je voulais, ce serait à moi d'aller le chercher.

Votre jeu a évolué depuis votre période auxerroise ?

J'ai grandi d'un coup mais je ne suis pas devenu une armoire à glace pour autant. Et Franchement non, je ne crois pas avoir changé quoi que ce soit à mon jeu. J'ai toujours joué comme ça, sur mes qualités.

Vous avez rebondi à Sedan...

A Sedan, j'ai retrouvé le plaisir. A Auxerre, j'avais un peu perdu le goût de jouer. J'ai intégré l'équipe U19 Nationaux et ça s'est bien passé. Le coach comptait sur moi. En plus, on avait un super groupe. J'étais comme chez moi. Je me suis épanoui. Au bout de six mois, le coach Roger Lemerre m'a appelé en équipe première à l'entraînement. A la fin de la séance je l'ai remercié. Je lui ai dit que ça avait été un plaisir. Mais il m'a dit : « Mais où tu vas ? Tu restes avec nous ! ». Et je suis resté avec l'équipe première, en National. Quand Colbert Marlot a pris la relève, il m'a fait enchaîner les matches. C'est grâce à Sedan que j'ai pu signer mon premier contrat pro, à Laval.

A Laval, vous avez découvert la L2...

Oui, mais pas très longtemps. Je suis arrivé en janvier et le club était mal classé. En fin de saison, on a été relégués. On avait pourtant une belle équipe. Il y avait des joueurs comme Coutadeur, Mana Dembélé, Dylan Saint-Louis, Lionel Cappone dans les buts. Avec Marco Simone comme entraîneur. Moi, ça s'est bien passé au début. Mais j'ai été freiné par une blessure, après un match contre Brest. Quand j'ai rejoué, on était en National.

Et vous avez ensuite signé à Braga...

Mon agent de l'époque a eu cette proposition. C'était pour jouer avec la réserve mais j'avais envie de m'exiler un peu et c'était quand même à un bon niveau : la Ligue 2 portugaise. Je suis arrivé à Braga fin août, il y a deux ans. Les quatre premiers mois ont été un peu compliqués. Il y avait la barrière de la langue. Il m'a fallu un temps d'adaptation. Mais à partir de janvier, j'ai fait de bons matches. J'ai enchaîné. Du coup, le coach m'a fait reprendre avec l'équipe première l'été dernier, mais au bout de trois jours il est parti au PAOK. Et son successeur, Sa Pinto, qui ne me connaissait pas, ne m'a pas trop calculé. Il m'a renvoyé en réserve. En décembre, il y a eu un nouveau changement de coach. Le club a même usé cinq entraîneurs dans la saison, alors qu'il a fini 3e du championnat ! Mais je ne suis pas entré dans les plans. Je n'ai jamais eu ma chance.

C'est un regret ?

Bien sûr. Mais c'est comme ça. C'est le foot. Les coachs font leurs choix. Il faut les respecter.