ASSE : Laurent Paganelli se livre sur les Verts

Laurent Paganelli, plus jeune joueur à avoir commencé en championnat de France à l’âge de 15 ans et 10 mois, s’est illustré à l’AS Saint-Étienne entre 1978 et 1983. Il raconte ses meilleures anecdotes dans L’Équipe. Morceaux choisis.

Rocheteau, le joueur le plus fort que Paganelli ait côtoyé ?

« Pour le jeu et l’homme, je dirais Dominique Rocheteau. Capable de marquer, faire marquer. Un talent et un mec exceptionnels. Tellement humain. Un jour avec Toulon, Luigi Alfano, vient me voir à la mi-temps : « Je lui ai tout fait, marché dessus, craché dessus, mis des coups, il n’a pas dit un mot, j’arrête de l’emmerder. » Quelle force de caractère. Je l’admirais. Et il m’a fait marquer mon premier but pro ! Il a centré à ras de terre, j’ai mis la tête ! »

Rep, le plus fou que Paganelli ait croisé

« Une fois, Johnny Rep a annoncé qu’il partait en stage avec les Pays-Bas. Deux jours après, il est en une de France Soir au Lido avec deux gonzesses ! À son retour, Janvion lui a offert une bouteille de whisky et le rouquin (Robert Herbin) l’attendait avec le journal à la main ! »

Herbin, l’entraîneur qui a le plus marqué Paganelli

« Il m’a inspiré de l’admiration et de la déception. Robbie est un homme particulier : un peu dans son coin, spécial, c’était un peu maladif… prostré quand il perdait. Il n’était pas dans une relation directe avec l’individu. Moi, je faisais des dessins sur mes pantalons et j’écoutais Brel, Ferrat, Brassens, il adorait ce côté décalé de mon personnage et du joueur. Je lui dois beaucoup. Mais à un moment, notre relation s’est détériorée. Alors que j’avais une liberté totale dans le jeu, que j’étais dans l’insouciance, il a commencé à me dire cette phrase qui a longtemps résonné en moi : ‘Faut pas perdre le ballon !’ En fait, il fallait que Platini ait le contrôle du jeu, il fallait lui donner le ballon. La cassure a été totale. Pas une explication. J’ai eu l’impression finale d’un abandon total de sa part. »