ASSE - Le rendez-vous de Didier Bigard : « Chacun à sa place. Enfin presque... »
par Laurent HESS

ASSE - Le rendez-vous de Didier Bigard : « Chacun à sa place. Enfin presque... »

« Deux défaites en une semaine ont remis certaines choses à leur place d’autres en perspective.

Nombre d’observateurs avaient eu tendance à s’enflammer après les séries de buts inscrits lors des matches de préparation face à Rumilly (4-1), Nice (4-1), Charleroi 4-0) puis Bordeaux (4-2). La défaite en deux temps devant Anderlecht (1-2 et 0-1) n’avaient pas atténué ce vent d’optimisme et la finale de la coupe l’avait même renforcé malgré la déception. Bref tout allait assez bien avec en prime les promesses lancées par les jeunes Aouchiche contre Bordeaux et Neyou au Stade de France.

Oui mais voilà. Claude Puel qui était resté mesuré tout en saluant la confiance accumulée par les buteurs, avait relevé l’incongruité de cet été au cours duquel il a effectué deux préparations, l’une pour la coupe, l’autre pour le championnat. Et, il a compliqué la donne avec l’effectif de la saison dernière comme base de la première phase, la relève pour la seconde, les cadres restant à la maison pour consulter les offres d’emploi.

Pas simple sur le plan physique, pas clair dans le domaine tactique, délicat sur l’aspect psychologique, piégeux en terme de communication. Donc d’image. Pour ce qui est de l’efficacité de la méthode, on veut bien attendre puisque l’entraîneur stéphanois avait prévenu après le succès sur Bordeaux « C’est avec notre début de saison que nous pourrons dire si notre préparation a été bonne ». Pour l’heure, on sait juste qu’elle a été compliquée.

Nous avions écrit ici-même que manager, c’est prendre des risques et que Puel en a pris en écartant Stéphane Ruffier au profit de Jessy Moulin. Si ce dernier a bien supporté la pression mise dans ses gants, celle-ci n’en a pas été atténuée pour autant. L’ancien titulaire que Puel avait plutôt défendu face à la critique le qualifiant de « très bon », même après l’avoir écarté, a encore reculé sur son échiquier, sans être tout à fait mat.

Il n’y a pas de menteurs dans le football, seulement de bons dribbleurs

Le feuilleton Ruffier a connu un nouvel épisode quand son manager a justifié son absence sur le banc par son refus d’être le remplaçant de Moulin. La réplique a mis un certain temps à venir, par l’avocate du joueur affirmant que c’était faux... Comme chacun le sait, il n’y a pas de menteurs dans le football, seulement de bons dribbleurs.

On patientera jusqu’à la fin de l’action avec pour arbitres des prud’hommes. Pour l’heure chacun avance ses pions, parfois un cavalier en soutien. Pour Ruffier, c’est un ami qui relève que si la sortie de son avocate a été moins rapide que celle de son client sur le terrain, il avait réagi plus tôt, en interne. Qu’importe puisque la partie va durer mais encore faudra-t-il respecter quelques règles, les contrats. Khazri, Boudebouz, M’Vila, Diony, mais aussi Palencia, Trauco sont manifestement de trop pour les finances du club, un budget à la baisse et une politique tournée vers les jeunes. C’est le souhait des deux actionnaires décidés à poursuivre le trading joueurs façon Saliba, sans l’hypothéquer par un recrutement dispendieux. On pourrait les imaginer heureux de ce tournant économique. Des proches s’inquiètent pourtant des mises à l’écart « Que se passera-t-il si les cadres en question ne partent pas? »

 

Oscar Garcia avait la même mission, faire des économies, s’appuyer sur les jeunes

 

A cette question s’en ajoute une deuxième plus sportive. A défaut de l’avoir préservé dans le vestiaire, Puel parviendra-t-il à retrouver un équilibre sur le terrain sans les grognards de Gasset? Les faiblesses défensives devant Rennes, l’inefficacité face à Angers apportent des éléments de réflexion au technicien « On a parfois perdu le fil dans l’organisation et la tenue du ballon. On a laissé beaucoup d’espaces. On n’a pas été assez tueurs. On n’a pas su enchaîner par des frappes. On aurait pu être plus agressif offensivement... »

Inquiétant? Oui si on se souvient que le contexte et l’objectif économique était le même pour Oscar Garcia. Non si le club ne commet pas les mêmes erreurs en s’affaiblissant trop. Non si Puel parvient à sauvegarder cet état d’esprit « général » qu’il vante « celui de ceux qui sont ici (au stage de Dinard), ceux qui ne sont pas ici aussi ». En clair s’il laisse la porte ouverte à tous. « J’ai un groupe avec différents profils et on a besoin de tout le monde ». C’est lui qui le dit. »

Didier BIGARD