ASSE – Le rendez-vous de Didier Bigard : « L’agent de Ruffier a marqué contre son camp »

true

Didier Bigard estime que Patrick Glanz, l’agent de Stéphane Ruffier, n’a rendu service ni à son joueur ni à l’ASSE dans ses attaques contre Claude Puel…

« Un défenseur qui trompe son propre gardien, cela arrive toutes les semaines. C’est malheureux ou maladroit et cela fait une ligne dans la fiche technique avec le nom du buteur et ces lettres, csc. Patrick Glanz a réussi, lui, à faire les gros titres sans paraître redouter de changer de rubrique en cas de plainte de l’ASSE  après un tacle que le club estime proche de la diffamation.

A lire aussi : Tous les articles sur l'ASSE

Qui avait provoqué la cassure avec les Bleus?

Pour beaucoup, il a joué contre l’équipe de son gardien en réagissant à chaud à la mise à l’écart de Stéphane Ruffier. Maladresse? L’ancien journaliste de l’Equipe sait le poids des mots qu’il a accordés à ses anciens confrères et il les assume : « Mes déclarations sont réfléchies ». Il en a donc évalué les conséquences, comme il avait dû les calculer lorsque Ruffier a tourné le dos à l’équipe de France, à moins qu’un tiers n’ait décidé pour lui puisque le joueur avait laissé planer le doute en 2018 : « J’entends des choses, les gens parlent… Qu’est-ce qui fait dire que c’est ma décision ? Et pourquoi ça ne serait pas la décision de quelqu’un d’autre ? »

Le résultat est le même quand on sait l’importance de la mise en lumière internationale… quand arrive le mercato. Cela, le gardien de l’ASSE n’avait pas à s’en soucier (son agent non plus), tant il semblait lié pour la vie à un maillot qu’il ne délaissait jamais, même pour les coupes. Si dans la même interview il avait ajouté : « Il est toujours plus facile de taper sur Stéphane Ruffier », personne ne se sentait visé à Sainté. Il y a été largement protégé, par ses performances, par son coach presque personnel, Fabrice Grange…

Christophe Galtier, Oscar Garcia, Jean-Louis Gasset et Ghislain Printant n’avaient pas de raison d’aller à l’encontre de la règle « Je suis apte, je joue » qu’aucun de ses prédécesseurs, pas même Ivan Curkovic n’avait poussée aussi loin. Tout au plus Claude Puel avait-il brisé la tradition en titularisant l’éternel remplaçant pour un match de Ligue Europa sans enjeu à Wolfsburg puis à Paris en Coupe de la Ligue (drôle de cadeau).

Puel défendait encore Ruffier avant Brest où il a pris trois buts sur trois tirs cadrés

Tant pis donc si Jessy Moulin se morfondait puisque les résultats étaient là. Ils le sont beaucoup moins. Pourtant, la semaine dernière, Claude Puel défendait encore son portier, capitaine à Brest : « Stéphane nous a souvent maintenus dans les matches comme dans le derby. Un gardien est souvent tributaire des performances de l’équipe. Dans notre période de bons résultats, il a été tellement performant ». Le coach répondait aux statistiques relevées, entre autres dans ces colonnes. En trois matches, Metz, Marseille, Montpellier, l’équipe avait encaissé six buts sur seulement douze frappes cadrées. Le poste de gardien est ingrat et doit être protégé, mais jusqu’où ? Ce fut Brest où les Bretons n’ont cadré que trois fois et inscrit trois buts.

Ne pas entraîner gardien, équipe et club au fond des filets

Injuste? C’est la réaction logique de celui qui est écarté, joueur de champ ou plus encore gardien. À Toulouse Reynet avait très mal pris l’arrivée de Kalinic mais lui avait seulement fait la tête pour un match avant de revenir dans le groupe. A Paris, tous les gardiens ont été mis en concurrence avant Navas même si ce ne fut pas une réussite. Mandanda a été sorti du groupe des bleus pour mieux y revenir. Et à Saint-Etienne des turn-over ont permis l’éclosion de Castaneda, Coupet, Alonzo ou Janot avant que ne s’impose Ruffier. La page va-t-elle se tourner à nouveau? Même si Puel souhaiterait le voir progresser dans les relances au pied, pas sûr qu’il ait eu la volonté de s’en priver au delà de la réception de Reims. La donne a changé moins par la prestation de Jessy Moulin, correct mais pas trop à l’ouvrage, que par la vive réaction d’un agent qui a réussi à faire l’unanimité contre lui. On aimerait qu’il n’entraîne pas Stéphane Ruffier au fond de ses filets. Et encore moins l’équipe et le club. »

Didier BIGARD

Laurent HESS

Journaliste à But! depuis 2000