ASSE – Le rendez-vous de Didier Bigard : « Les vacances stéphanoises de Bernard Caïazzo »
par Laurent HESS

ASSE – Le rendez-vous de Didier Bigard : « Les vacances stéphanoises de Bernard Caïazzo »

Didier Bigard revient sur les reproches adressées par Gël Perdriau, le Maire de Saint-Etienne, à Bernard Caiazzo, le président de l'ASSE, qui avait évoqué le manque d'attractivité de la cité forézienne.

« Certes, ce n’est pas Paris, Rome, Rio ou New-York. Mais Saint-Étienne compte,  elle aussi, son lot de spots hautement instagramables » écrivaient nos confrères du Progrès le week-end dernier. « La région comporte de nombreux lieux susceptibles de faire l’objet de chouettes clichés, et donc de récolter un maximum de « J’aime ». Nul doute que Bernard Caïazzo est l’un de ces suiveurs. N’a-t-il pas adressé une lettre ouverte au maire Gaël Perdriau pour clamer son amour pour la cité qu’il dirige « Elle est bien plus belle sur bien des critères que la grande majorité des villes en France. Je n’échangerais Saint-Etienne contre aucune autre ». L’édile aurait été pleinement rassuré si le président du conseil surveillance du club n’avait pas cru bon ajouter « sur le plan des valeurs humaines«. C’est gentil, mais assez réducteur, dans la ligne en fait de ce qu’il avait déclaré deux jours plus tôt dans le quotidien local et qu’il a encore martelé dans ce qu’on appellera un communiqué de rattrapage manqué « La réalité est qu’aux yeux d’investisseurs comme les milliardaires russes ou anglais de Nice, la région de Saint-Étienne n’a pas la même attractivité que la Riviera ou les vins de Bordeaux ».

Il est vrai que Grangent est moins bleu que la Méditerranée qu’il chérit, le Saint-Joseph pas encore racheté par la Chine, mais puisque la saison s’y prête avec un soleil qui tape fort, Bernard Caïazzo devrait peut-être passer plusieurs jours de vacances entre Forez et Pilât. Il y inviterait ces fameux investisseurs qui frappent à la porte « Il n’y a pas une semaine ou quelqu’un de sérieux, ou pas, se renseigne ». Il leur servirait de guide entre chemins de randonnée, zones industrielles, musée et design puisqu’il l’a constaté « Ces gens ne nous connaissent pas ». Après tout les Américains n’investissent pas tous en Californie ou Floride. On a même vu un au Havre, des Chinois à Auxerre et Sochaux, un libanais à Lens.

Gaël Perdriau, maire de Saint-Étienne, se pose des questions

De là à adhérer à la théorie avancée par Gaël Perdriau pour expliquer la difficulté de trouver des investisseurs il n’y a qu’un pas que beaucoup franchiront avec lui. « C’est peut-être parce que peu acceptent de payer plus de 50 % des parts en étant minoritaire en droits de vote… ou que la vente de pépites pour en tirer des profits à court terme a nui à la construction d’une grande équipe dans le temps... On peut se demander à quoi a servi l’argent de ces ventes? ».

D’autres, dont des entraîneurs, se sont aussi interrogés par le passé mais l’heure est à d’autres comptes aujourd’hui. Claude Puel et Xavier Thuillot ont pour mission de faire baisser la masse salariale et la porte est ouverte pour les gros contrats signés sous l’ère Gasset pour sauver l’équipe. Pour Ruffier, l’affaire suit son cours. Après une première mise à pied son refus d’être numéro deux devrait permettre de poursuivre la procédure jusqu’à la rupture. On fera confiance à la sagesse et aux avocats, sans qu’un juge ne soit obligé rappeler que la concurrence est une évidence dans le sport, à défaut d’être toujours très sport.

Khazri qui avait déjà envisagé un départ, Boudebouz qui conserve une bonne cote dans le Sud-Ouest, M’Vila à la réaction très noble, Diony comme à chaque mercato peuvent être appelés à changer d’air s’ils le trouvent assez riche ailleurs- ce qui n’est pas gagné - et si les championnats reprennent dans de bonnes conditions. Les cas positifs au covid à Montpellier, Nantes, Strasbourg, Lille Saint-Etienne, les annulations de matches amicaux inquiètent au point de rendre muets ceux qui affirmaient après la bagarre qu’on aurait dû finir la saison. Ils doivent désormais se demander si on reprendra la prochaine tout en se préparant à des plans d’économie. A la manière d’Arsenal? On ne le conseillera pas. Tout en offrant un pont d’or à Aubameyang, les Gunners envisagent un plan de 55 licenciements pour satisfaire leurs actionnaires. Si ce sont de tels investisseurs qui viennent passer des vacances à Saint-Etienne on veut bien attendre un peu. »

Didier BIGARD