ASSE – Le rendez-vous de Didier Bigard : « Manager, c’est prendre des risques, Puel en prend »

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Cette semaine, Didier Bigard pose sion regard sur le Mercato de l’ASSE et les orientations que compte prendre Claude Puel dans son projet de reconstruction.

« C’était avant 1998, avant que la France n’aime Aimé. Robert Herbin que nous avions rencontré chez lui pour évoquer les Bleus, pas assez teintés de jaune selon des suiveurs d’un Nantes flamboyant, pas assez respectueux de la star Cantona selon d’autres spécialistes. Le débat avait fait rage avant et après un match de préparation au stade Geoffroy-Guichard. Interrogé sur les choix de Jacquet, Roby, des hauteurs de l’Etrat, avait lâché ce message, au delà d’un terrain de foot : « Il faut qu’il aille au bout de ses idées ». Implicitement, il expliquait qu’un entraineur peut se tromper mais ne doit pas changer de politique selon le sens de la critique des résultats d’une équipe ou d’une individualité. Il parlait en connaissance de cause pour avoir défendu la formation face aux stars de Roger Rocher et plus tard sur l’absence d’un numéro dix à l’ASSE. Certes, lui n’avait pas perdu ses cheveux face aux soucis, mais le stress l’avait bien gagné, quoique contenu sous son masque de sphinx. Parce que le stress fait partie de ce métier de manager qui fait prendre rides et cheveux gris plus vite qu’un shampoing éclaircissant.

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Des décisions lourdes de conséquences

Au final, Jacquet a eu raison en 98 et Didier Deschamps, déjà accusé par Canto d’être responsable de sa mise à l’écart internationale, applique le même principe quand il se prive de Karim Benzema. A-t-il tort? L’avenir que lui trace Noël le Graët le dira, comme celui que Claude Puel se dessine tout seul ou presque à l’ASSE. Lui a décidé de laisser son portier à la porte, et si le Covid a assourdi ses tendres échanges avec l’agent de l’ex-Monégasque, déjà sorti de la salle d’attente des Bleus, on va en reparler avec la reprise des Verts.

Cette fois, le nouveau numéro deux derrière Jessy Moulin s’est retrouvé dans la tribune virtuelle de l’aire de jeu du centre Robert-Herbin. Manager, c’est prendre des risques et le coach stéphanois en prend, comme il en avait pris à-contrario à Nice en titularisant son fils. Ce sont des décisions lourdes de conséquences, d’autant plus pour Ruffier qu’il y a une finale de Coupe de France à disputer, face au PSG, d’autant plus pour Moulin qu’il se souvient du 6-1 de janvier dans un Parc des Princes devenu terre de démons.

Après Ruffier, Grange et Wantier, à qui le tour ?

Le risque est bien réel même si personne n’a oublié que la mise en retrait de Ruffier était d’abord justifiée par une baisse de niveau de ses prestations. Mais il est calculé, peut-être au delà de ce que pensent les analystes de l’ASSE. Le départ de Fabrice Grange envoie un double signal à son protégé, au sens propre. Soit il quitte le Forez, soit il repart dans une nouvelle dynamique avec Biancarelli. Dans tous les cas le club y gagnera, pour ses finances ou sportivement avec une concurrence redevenue saine à ce poste clé où la connivence entraîneur-gardien peut gêner. N’est-ce pas ce qui a valu à Grégory Coupet son départ de l’OL avec une guerre des gardiens à laquelle il n’a pas adhéré lors de l’arrivée de Tatarusanu ?

A Saint-Etienne, la réflexion sort-elle, en plus, de la cage ? Grange, comme Wantier, étaient souvent comparés à des caisses de résonance pour des infos sortant des murs trop minces de l’Etrat. Hasard ? Ou résultat d’études sur les méandres du cours du club? Rassurons en tout cas les soupçonneux, à l’heure où d’autres séparations plus ou moins conventionnelles interviennent dans le club. La signature d’Adil Aouchiche est restée confidentielle ou en off alors qu’elle était actée le 2 juin après la visite du jeune Parisien à l’Etrat en compagnie de ses parents et agents. Dans le vestiaire aussi Puel affine ses plans. Khazri devrait en sortir, comme Hamouma et bien sûr Diony. »

Didier BIGARD