ASSE - l'humeur d'Antoine Chirat : grandir dans le Forez
par butfootballclub

ASSE - l'humeur d'Antoine Chirat : grandir dans le Forez

Antoine Chirat, jeune journaliste stéphanois de Onze Mondial, nous fait partager son amour de l'ASSE avant la finale de Coupe de France face au PSG.

Grandir dans le Forez, quand on est né un jour de derby où Willy Sagnol prenait au marquage Ludovic Giuly, c’est être immédiatement impacté par le football. Grand-père vendeur de billets, père abonné au Chaudron pour l’épopée, l’histoire devait être belle et enflammée, mais malheureusement, le tournant des années 2000 n’est pas glorieux pour des Verts au bord du cataclysme quand le club frôle avec la relégation en national.

Grandir dans le Forez quand on naît au milieu des années 90, c’est frissonner d’un trio Marin-Compan-Citony au soir d’une demi-finale de Coupe de la Ligue, bondir sur un titre obtenu grâce à Damien Bridonneau, pleurer devant un sacre historique d’une compétition en plastique. C’est donc ça, être supporter des Verts. Avoir le cuir solide, faire face à l’adversité permanente, les moqueries d’un club qui appartiendrait au passé. Mais ce vendredi, le passé renoue avec le présent. 38 ans plus tard, l’ASSE affronte le Paris Saint-Germain, pour la grande finale d’une Coupe de France aux saveurs si particulières.

Quand on grandit dans le Forez, on s’importe peu du parcours pour arriver en finale, que le stade soit vide sans supporters, du résultat de ce choc. Le grand livre de l’histoire des Verts témoignera d’une nouvelle ligne au coup de sifflet final de la rencontre, et c’est peut-être là que réside l’importance de cette soirée.

"Car elle est bien là, la grande frustration d’un gosse fan des verts ayant découvert les joies, mais surtout les tristesses, que peut apporter ce club à ses supporters."

Car elle est bien là, la grande frustration d’un gosse fan des verts ayant découvert les joies, mais surtout les tristesses, que peut apporter ce club à ses supporters. L’ascenseur entre les divisions, le frisson d’une qualification européenne, très vite contrasté par des performances catastrophiques, et les saisons de galères qui s’en suivent. Pourquoi donc continuer de se déplacer, d’aduler cette équipe qui n’est plus que l’ombre de ce qu’elle a été, désormais placée dans l’obscurité par les investissements abyssaux de ses rivaux ?

Et bien c’est certainement pour ça. L’ASSE version 2019-2020 en est l’exemple parfait. Une saison galère, des résultats catastrophiques avec deux éclaircies dans ce ciel nuageux. Un derby et une demi-finale de Coupe de France remportés dans les ultimes instants. Une joie immense et folle qui contraste avec le reste de la saison, un pansement sur un corps meurtri. Une plaie encore trop ouverte, vive des échecs des dernières années, qui pourraient finalement trouver un nouveau remède vendredi, en cas de succès face à l’ogre parisien ? 

Et même si l’issue de cette belle soirée vient à être négative, cela ne changera en rien notre amour pour les Verts, qu’importe les dizaines d’années d’attente pour vivre de nouveaux frissons.  Si le vert est symbole d’espoir, alors il faut croire, croire en ses hommes, les soutenir, contre vents et marées. Ce vendredi, la tempête s’annonce terrible, mais après la pluie, vient toujours le beau temps. 

La vie d’un supporter vert.

Antoine Chirat