ASSE – L’oeil de Didier Bigard : « Une équipe chamboulée et ce n’est pas fini »

ASSE – L'oeil de Didier Bigard : « Une équipe chamboulée et ce n’est pas fini »

Ancien responsable des sports au Progrès, Didier Bigard revient sur la victoire de l’ASSE à Dijon (2-1) et les derniers mouvements du Mercato.

« Les principales équipes du championnat sont toutes dirigées par un entraîneur étranger, excepté le LOSC de Christophe Galtier » affirmait samedi un papier du Parisien. Comme un écho à la longue présentation du championnat par Le Monde qui titrait le même jour « Les bancs du championnat de France parient sur l’international. Christophe Galtier, à Lille, est le seul entraîneur français à la tête d’un grand club visant le podium cette saison ». Les Stéphanois apprécieront que le quatrième de la L1 soient ainsi relégué sur un bourrelet du ventre mou, derrière les favoris, Paris, Lyon, Monaco, Marseille, Lille et au même niveau que Rennes si on se fie à la cote de France-Football. On peut discuter cette hiérarchie supposée, tout en sachant que les compétitions européennes peuvent faire bouger les lignes, selon l’adaptation des uns et des autres au rythme de trois matches par semaine. En attendant ces pronostics enlèvent un peu de pression aux outsiders, donc aux Verts, et on verra bien cet automne quel sera le verdict du marathon promis aux Stéphanois comme aux Rennais, Lillois et bien sûr Lyonnais ou Parisiens.

On entre dans une nouvelle ère, malgré Printant

Pour l’instant chacun fourbit sa défense au sens propre, et celle de Saint-Etienne a été sensiblement renforcée souligne Ghislain Printant en évoquant l’arrivée du petit dernier Miguel Trauco. Sitôt débarqué, le Péruvien a été mis dans le grand bain, comme le sera sans doute Kolodziejczak, dès qu’il aura officialisé son retour. À Dijon, on a vu à l’œuvre six des recrues, dont cinq alignées dès le coup d’envoi, comme pour bien montrer qu’on entre dans une nouvelle ère, même si le successeur de Jean-Louis Gasset est supposé représenter la continuité. Le changement est bien réel et pas seulement sur le terrain, si on en croit Yann M’Vila qui a mis en avant l’état d’esprit du groupe. En mai dernier, après le nul à Angers, avec Kolo à ses côtés, il parlait de grande famille et de bande de copains. Après Dijon c’est un aspect qu’on qualifiera de réaliste qu’il a relevé « Je pense qu’on se dit plus de choses que l’année dernière, que ce soit positif ou négatif. On n’a pas peur de se les dire ». Il ajoutait aussi «Si ça peut faire avancer l’équipe, tant mieux pour nous » tout en constatant que les lacunes qu’il a souvent relevées la saison dernière demeurent « Ce qui est regrettable c’est de ne pas avoir concrétisé nos actions parce que je pense qu’on pouvait mettre deux-trois buts de plus. De toute façon, la finition a toujours été un souci ».

Avec Kolo et l’attaquant espéré, on arrivera à 10 recrues cet été

Le problème n’a donc pas été résolu par l’arrivée de Bouanga ou Honorat. Le premier n’a pas trouvé la bonne carburation et le second était relégué en réserve, justifiant l’appel lancé par Printant qui attend un attaquant capable d’amener de la vitesse et de la profondeur. Devra-t-il patienter jusqu’au départ de Loïs Diony que David Wantier semble considérer comme acquis, « prêté ou transféré » ? C’est un double risque. Outre l’apport attendu avec un offensif plus percutant, une arrivée enverrait un signal positif au reste du groupe dont M’Vila si convoité.

On ne va certes pas bouder le premier succès de la saison, qui plus est à l’extérieur, mais attendre confirmation en se souvenant qu’il y a un an, l’équipe ne comptait que six points après cinq journées, malgré un succès initial sur Guingamp. Brest peut donner l’occasion de doubler la mise plus vite, dès dimanche, avec l’appui d’un public sevré de ses Verts depuis le 18 mai si on excepte deux rencontres de reprise face à Andrézieux et Clermont et quelques entraînements. Après un double éloignement aux Etats-Unis et en Angleterre, on sent l’attente des supporters et elle sera démultipliée si un dixième renfort arrive. Printant a cerné les besoins, dit « faire confiance » à ses dirigeants pour y répondre… Alors faisons-lui confiance aussi. L’Europe sera vite là avec, pour la préparer, deux déplacements à Marseille et à Lille. Inutile de perdre du temps. »

Didier BIGARD