ASSE – L'oeil de Laurent Hess : "Herbin persona non grata à L'Etrat, ça a existé !"
par butfootballclub

ASSE – L'oeil de Laurent Hess : "Herbin persona non grata à L'Etrat, ça a existé !"

Correspondant de But à Saint-Etienne depuis 20 ans, Laurent Hess se souvient que les dirigeants de l'ASSE avaient interdit à Robert Herbin l'accès au centre d'entraînement de L'Etat, il y a une dizaine d'années...

« A 47 ans, je suis trop jeune pour avoir connu Robert Herbin du temps de ses succès sur le banc des Verts. Mon premier souvenir de lui, c'était quand il était sur le banc de Lyon et une victoire 5-1 des Verts à Gerland un dimanche après-midi. J'étais allé au match en famille. Un super moment pour moi, mais sans doute l'un des plus gros camouflets de sa carrière !

Herbin, je l'ai ensuite croisé à mes débuts comme journaliste, quand j'ai travaillé pour le club. J'écrivais alors le magazine officiel des Verts et le premier numéro, je le lui avais apporté en main propre après une séance d'entraînement qui avait eu lieu à L'Etivallière ce jour là. « Mettez le moi dans mon casier, comme d'habitude », m'avait alors dit le Sphinx, d'un ton froid, sec, agacé.

« C'était tellement petit, tellement honteux »

Cette première approche m'avait refroidi... Elle resta longtemps sans lendemains après son départ du club quelques semaines plus tard et je n'ai jamais pu avoir la même relation avec lui que certains de mes confrères journalistes, ceux du Progrès par exemple. Ce qui nous avait un peu rapprochés, il y a une dizaine d'années, c'était de s'être vus interdire l'accès au centre d'entraînement de L'Etrat au même moment.

A l'époque, les dirigeants m'avaient reproché d'avoir révélé que Laurent Roussey prendrait la relève d'Ivan Hasek, et ils ne supportaient plus les chroniques d'Herbin, lui interdisant donc l'accès à L'Etrat où il avait l'habitude d'aller consulter le docteur Demonteil, son ami, pour ses problèmes de hanche. J'avais trouvé ça tellement petit, tellement honteux.

Ce même centre d'entraînement portera donc son nom, celui d'un homme qui a porté tout là haut le maillot vert, d'un homme qui part avec ses titres, son caractère, ses mystères. Herbin, c'était à la fois un très bon joueur, un super coach, le Rouquin, le Sphinx, une légende, un mythe, un héros.

Son ombre planera toujours sur Geoffroy-Guichard et son nom restera à jamais associé aux plus belles pages de l'ASSE. Enfin, à titre personnel, j'ai toujours trouvé une ressemblance entre mon père et Herbin, avec leur peau de roux et quelque chose dans le regard, tout en trouvant ça un peu étrange tant ils étaient différents. Mon père le respectait beaucoup, évidemment. Comme tout un peuple.»

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