ASSE – Mercato : Nolan Roux est-il meilleur que Mevlüt Erding ?

Le débat de la semaine dans But! Saint-Étienne concerne l’arrivée de Nolan Roux, qui est censé remplacer Mevlüt Erding à l’ASSE. Alors, c’est qui le plus fort ?

« Roux est au-dessus d’Erding »

« Lorsqu’une telle question vous est posée, il est de bon ton d’aller vérifier les statistiques du joueur et, notamment, les buts marqués puisqu’il s’agit d’un avant-centre. Et au sujet de Nolan Roux, on peut donc constater qu’en trois saisons pleines au LOSC, il a marqué en championnat à 26 reprises. Chiffre auquel il faut tout de même ajouter les 5 réalisations en 17 rencontres lors de sa demi-saison en 2011-12. Exceptionnel ? Non, loin de là. Sauf que tout supporter des Verts sait aujourd’hui ce dont son équipe préférée a besoin : un buteur. Un vrai, capable de mettre un ballon au fond des filets à la première occasion et susceptible de peser sur une défense adverse. A “Sainté”, autant être clair, cela a disparu depuis deux ans. Le Brandao second acte n’était en rien celui du premier. Quant à Mevlut Erding, dont on ne dira jamais assez que les statistiques en Vert étaient plutôt bonnes, il n’est pas parvenu à s’imposer comme un titulaire indiscutable. En cause ? Pas sa débauche d’énergie, mais plutôt ses contrôles face au but, souvent approximatifs, et une certaine incapacité à ne concrétiser les duels en un-contre-un. Et puisque l’on se réfère à un récent passé, autant ne pas s’attarder sur Ricky van Wolfswinkel, dont le prêt aura été une véritable erreur. Alors oui, sur ce que l’on connaît de Nolan Roux, sa venue est un plus. Et il est clair, à mes yeux, que le joueur est au-dessus d’Erding. Et notamment face au but. Il restera à Roux une difficulté et non des moindres : se fondre dans le système de jeu de l’A.S.S.E. Un système où l’avant-centre n’attend pas les ballons aux dix-huit mètres, mais où il doit aller les chercher au prix de nombreuses courses. Réponse dans les tous prochains jours ».

Benjamin DANET

« Roux n’a connu que des ambiances feutrées »

« Au niveau du “pedigree”, il n’y a pas vraiment photo. A 27 ans, Nolan Roux affiche 67 buts (dont seulement 41 en L1) en 226 matches professionnels. L’attaquant formé à Lens n’est pas international et ne compte qu’une expérience modeste en Europe (16 matches, 1 but). En face, Mevlut Erding – qui, rappelons-le, n’a qu’un an de plus – totalise déjà 102 buts en 353 matches, compte 33 sélections en équipe de Turquie (8 buts), 21 matches européens (1 réalisation) et s’affichait, avant de filer à Hanovre, comme le meilleur réalisateur de Ligue 1 en activité (82 pions). Sur les huit dernières saisons, Erding en a fini cinq à dix buts ou plus. De son côté, Nolan Roux n’a franchi qu’une fois le cap des 10 réalisations toutes compétitions confondues : en Ligue 2 avec le Stade Brestois (15)… Au niveau de la résistance à la pression, il y a aussi une vraie certitude d’un côté et pas de l’autre. Là où, du fait de ses passages au PSG et en sélection turque, Erding était rodé aux chaudes ambiances et à la pression du résultat, Nolan Roux – qui n’a joué que deux fois à Bollaert avec Lens – n’a connu que les ambiances “feutrées” de Brest et du LOSC, là où les crises ne font jamais beaucoup de bruit. On savait que le Turc était costaud dans sa tête lorsque les critiques et les sifflets commençaient à pointer le bout de leurs nez. Pour Roux, qui n’a jamais évolué dans un contexte aussi bouillant que celui du Chaudron, Christophe Galtier n’aura pas cette certitude ».

Alexandre CORBOZ