ASSE : Milsami, un match à 4 millions d’euros

Ce jeudi (19h30), face à Milsami Orhei en play-off retour de Ligue Europa, l’AS Saint-Etienne joue son match le plus important de l’été. Dans le Chaudron, l’élimination est interdite.

La statistique est là, implacable, et prend en compte 704 cas précédents recensés par Opta depuis la saison 1970-1971 : 73% des équipes qui ont ramené le match nul 1-1 à l’extérieur sur le match aller se sont qualifiées en Coupe d’Europe. Autant dire que les Verts sont franchement en ballotage favorable malgré leur partition ratée en Moldavie il y a une semaine. Comme on a pu s’en rendre compte jeudi dernier à Chisinau, le Milsami Orhei n’a rien d’un foudre de guerre. La formation moldave est beaucoup moins forte qu’Esbjerg ou même que Karabükspor, les deux précédents adversaires qui avaient suscité moult tourments aux Verts au même stade de la compétition en 2013 et en 2014. Peut-être même qu’il s’agit de l’adversaire européen le plus faible affronté par les Verts depuis le début de l’ère européenne de Christophe Galtier … Avec le Milsami Orhei d’il y a deux ans, balayé 3-0 dans un Chaudron qui retrouvait alors l’Europe un soir d’août 2013.

Eviter la faute professionnelle

A sept jours d’intervalle, prévenu et vacciné, ce serait une faute professionnelle de chuter ou de concéder encore un nul de plus d’un but face à cette modeste formation d’Orhei. Et ce, même si sur le papier, les excuses existent avec les absences conjuguées et handicapantes de Romain Hamouma (suspendu) ainsi que de Loïc Perrin et Jean-Christophe Bahebeck (blessés). L’AS Saint-Etienne, qui a fait d’un bon parcours européen un réel objectif cette saison, se doit de faire respecter la hiérarchie. Ne serait-ce que pour faire oublier qu’il y a dix ans tout juste le club figurait dans les 27% des clubs à avoir échoué après avoir ramené un match nul 1-1 d’une rencontre de Coupe d’Europe. C’était en Intertoto face aux Roumains du CFR Cluj. Un évènement de bien triste mémoire pour ceux qui étaient dans le Chaudron le jour où le vieux Dorinel Munteanu et ses copains sortaient les Verts de l’Europe avec un 2-2 …

Galtier, 16e victorieuse ?

Depuis le match aller en Moldavie, Christophe Galtier est devenu le deuxième coach de l’Association Sportive de Saint-Etienne le plus capé en Coupe d’Europe derrière l’intouchable Robert Herbin (47 matches). Le Marseillais de 49 ans a disputé 15 rencontres, soit une de plus qu’Albert Batteux. Son bilan en Ligue Europa est le suivant : 4 victoires, 6 nuls, 5 défaites, 17 buts marqués, 12 concédés. Pour le 16ème, une victoire serait de bon ton afin d’équilibrer le bilan…

Un match à quatre million d’euros

Si la défaite est interdite sportivement face à Milsami Orhei, elle l’est aussi économiquement pour l’AS Saint-Etienne. En effet, au moment de leur passage devant la DNCG au début de l’été, les Verts – qui se savaient quasiment assurés d’être tête de série lors du 3ème tour préliminaire ainsi que lors des play-off – avaient budgétisé une participation à la phase de poule de la Ligue Europa à hauteur de quatre millions d’euros sur les 68 millions d’euros du budget prévisionnel. En clair, si l’AS Saint-Etienne se rate face aux Moldaves, il y aura un « trou » dans le budget. Trou qui sera cependant comblé par les ventes déjà réalisées de Max-Alain Gradel, Allan Saint-Maximin ou encore Mevlüt Erding.

Les Verts dans le troisième chapeau en phase de groupes

En cas de qualification pour la phase de groupes de la Ligue Europa, l’AS Saint-Etienne sera fixée dès vendredi (13h) sur son sort. Quasiment assurés de figurer dans le chapeau 3 à moins d’une improbable hécatombe parmi les têtes de série, les Verts pourraient hériter au tirage au sort d’une poule de la mort en compagnie du Napoli (pot 1), de Liverpool (pot 2) ou encore d’Augsburg (pot 4).

Alexandre CORBOZ