ASSE : Romain Hamouma, vraie victime ou plongeur excessif ?

Pour avoir eu le tort d’obtenir un penalty face à Nantes, son 7e en un an et demi, Romain Hamouma subit de nouvelles critiques sur son attitude dans la surface de réparation.

Face au FC Nantes dimanche, Romain Hamouma a obtenu son 7e penalty en un an et demi. A chaque fois, le procédé est le même : l’ancien Caennais arrive lancé, pousse le ballon et percute le gardien ou un défenseur. A chaque fois (ou presque), les arbitres sifflent. Une situation qui agace de plus en plus.

« Sur cette action, je suis un peu naïf, l’arbitre aussi. Hamouma balance le ballon devant lui et vient s’entremêler ses jambes dans moi. Il aime bien faire ça. Il n’en est pas à son premier coup d’essai », note Rémy Riou, sa dernière victime. Sur son blog, Pierre Ménès a également fait allusion à cette faculté d’Hamouma à tomber plus facilement qu’un autre parlant d’un « plongeon dont il a le secret ».

Mais y avait-il penalty ?

Hamouma spéciale

 

En analysant au plus près l’action, on se rend effectivement compte que le ballon est loin au moment où Romain Hamouma est touché par l’élan de Rémy Riou. Techniquement, il y a contact dans la surface de réparation et le portier nantais ne joue absolument pas le ballon (les bras levés cherchant juste à montrer qu’il veut déranger l’attaquant sans toucher ni le ballon ni le joueur). Est-ce que Monsieur Lannoy a tort de siffler ? Pas forcément. La loi 12 du football est assez claire sur ce plan, l’arbitre est en droit de sanctionner à partir du moment où il y a un déséquilibre sur l’adversaire n’ayant pas le ballon. Ce qui est le cas présentement. Il n’est nullement question « d’annihilation d’une action de but » (ce qui n’est pas le cas là-dessus, Hamouma cherchant clairement le penalty et n’ayant que peu de chances de redresser le ballon) dans les règlements ou alors seulement pour désigner la couleur du carton distribué. En l’occurrence, comme le ballon était quasiment sorti, l’arbitre ne s’est pas trompé en n’excluant pas Rémy Riou sur l’action. Donc, en soi, il s’agit d’une non-affaire même si on se situe typiquement dans la problématique de la poule et de l’oeuf quant à savoir si l’attaquant s’empale sur le gardien ou si c’est celui-ci qui, le premier, va au contact.

Les méfaits d’une étiquette

Sauf que le mal est fait. Depuis quelques semaines, l’attitude d’Hamouma passe de moins en moins bien auprès des spécialistes, est de plus en plus stigmatisé, obligeant même parfois le club à monter au front. Juste avant la trêve, le défenseur du SCO Angers et ancien stéphanois Yohan Andreu croisait les doigts pour « ne pas tomber dans le panneau ». Un « panneau » dans lequel Sylvain Armand était quant à lui tombé début décembre, se voyant sanctionné du penalty de l’égalisation lors d’ASSE – Stade Rennais sur une action similaire.

Il faut dire que, suite à cela, lumière avait été faite par Philippe Montanier sur les penaltys obtenus par Hamouma et leur côté généreux : « Je ne sais pas s’il y a penalty ou non. Quand on voit l’action plusieurs fois au ralenti, on peut en douter. Hamouma sait y faire pour obtenir des penalties. On l’avait étudié sur vidéo. Les arbitres devraient aussi le faire… » Gageons que ces critiques de plus en plus récurrentes à chaque penalty n’incitent pas les arbitres à se montrer plus sévère à l’égard du natif de Lure. Car – et les Verts sont bien placés pour en parler pour l’avoir bien connu avec Brandao – le principal ennemi du footballeur est l’étiquette qu’on peut lui coller…

Alexandre CORBOZ