RC Lens : Autret, Chavarria, Ndiaye… Zoom sur une attaque qui tique

Avec un meilleur buteur qui culmine seulement à quatre réalisations en Ligue 2 (Autret, Chavarria et Cyprien qui sont ex-aequo), le RC Lens est fortement pénalisé dans sa course à la montée par son attaque, seulement la 13e de Ligue 2 (29 buts en 31 journées). Focus sur un secteur en pleine souffrance.

Mathias Autret, la fausse bonne idée

C’est un peu le chouchou des supporters. Il faut dire qu’en début de saison, en marquant un très joli but face au Red Star (1-1) à Bollaert, l’ancien Merlu a su se mettre les fans dans la poche. Problème : l’attaquant formé à Brest n’a pas vraiment su enchaîner (4 buts seulement en 31 apparitions) et s’est retrouvé positionné dans un rôle de joueur de couloir. Face à Nancy où il a eu la meilleure occasion lensoise du match en expédiant sur la barre un cadeau de Guy-Rolland Ndy Assembé, on a bien senti que l’attaquant de 25 ans manquait de confiance face au but.

Pablo Chavarria en perte de vitesse

Depuis trois ans qu’il est à Lens, ses statistiques sont en chute libre. 10 buts en 32 matches la première année, 7 en Ligue 1 l’an passé … Et seulement quatre en 24 apparitions cette saison. Bien sûr, l’Argentin a des circonstances atténuantes avec quelques soucis physiques qui l’ont freiné mais on sent clairement Chavarria en perte de vitesse cette saison. Titulaire en pointe face à l’ASNL, il n’a tout simplement pas existé. Loin de la « grinta » dont il avait su faire preuve sur sa première expérience en Ligue 2 en 2013-2014.

Démé Ndiaye, le « goleador de cristal »

Au niveau du ratio but marqué/minutes jouées, c’est lui le plus compétitif des attaquants artésiens avec 1 but toutes les 220 minutes. Problème : le Sénégalais est en cristal et passe plus de temps à l’infirmerie que sur le pré. Cette saison en Ligue 2, il n’aura disputé que 660 minutes. Si on le pensait relancé pour de bon après son but face à l’ETG (1-0) fin février, Ndiaye a été victime d’une nouvelle blessure (lésion musculaire) le match suivant à Laval. Son nième retour est prévu après la trêve. En espérant pour le Racing qu’il parvienne enfin à être épargné par les pépins sur les sept derniers matches de l’année. Mais il ne faut pas non plus s’attendre à des merveilles. Démé Ndiaye n’a jamais dépassé les six buts sur une saison en France…

Jonathan Nanizayamo, ça déménage un peu trop

En début de saison, il était un peu l’attaquant que personne n’attendait. Arrivé libre en provenance de Tours après un essai fructueux, le grand ami d’Antoine Griezmann s’est plutôt montré à son avantage en fin d’année 2015 (3 buts) avant d’être arrêté quelques semaines par un problème physique. De retour depuis deux rencontres, « Nani » reste utilisé à dose homéopathique par son entraîneur qui ne lui accorde qu’un crédit limité. Il faut dire que l’intéressé est un peu pataud et que, par rapport à son temps de jeu, il est l’un de ceux qui commet le plus de fautes et récolte le plus d’avertissement (déjà 4 toutes compétitions confondues).

Simon Banza – Aristote Madiani la carte (trop) jeune

Faute d’un taulier solide et en état de jouer, Antoine Kombouaré a parfois tenté de mettre sur la table la carte jeune avec Simon Banza (19 ans), qui s’est très vite retrouvé dans le grand bain sur un côté et parfois même en pointe (0 but, 3 passes décisives en 848 matches joués). De manière tout aussi sporadique (270 minutes, 1 passe), on a aussi vu Aristote Madiani sur le pré. Cependant, aucun de ces produits de la Gaillette n’ont paru avoir les épaules pour tenir la pression d’une attaque lensoise sans tête d’affiche.

Et aussi …

On n’a pas cité Lalaïna Nomenjanahary dans cette analyse, tout simplement parce qu’on ne considère pas le Malgache comme un avant-centre potentiel de l’équipe, lui qui a toujours évolué dans le couloir et ne marque quasiment jamais depuis deux ans (1 but sur les 48 derniers matches de championnat)… Pour nous, il ne s’agit tout simplement pas d’une solution acceptable aux avant-postes.

Alexandre Corboz

Journaliste à But! depuis 2008