RC Lens – EXCLU : « Vairelles a des souvenirs décalés par rapport aux supporters »

Luc Piralla, directeur par intérim du Louvre Lens, s’est mué en commissaire de l’exposition RC Louvre. Autour de trois thématiques, les visiteurs pourront découvrir les rapports profonds et très particuliers qui unissent le RCL à ses supporters. Entretien.  

Comment est venue l’idée d’organiser une exposition sur le RC Lens au Louvre-Lens ?  

L’idée vient de la volonté de faire quelque chose de festif et de culturel autour de l’Euro 2016. Comme d’autres structures culturelles dans les villes hôtes de l’Euro, nous avons donc été sollicités. Pour nous, c’était intéressant de pouvoir relier les publics des deux monuments de la ville de Lens que sont le stade Bollaert-Delelis et le musée du Louvre Lens.

Combien avez-vous reçu de supporters et comment les avez-vous sélectionnés ? 

On a eu un peu plus de 70 personnes. On a récolté une vingtaine d’heures de témoignages, sur lesquelles on a sélectionné trois heures. On n’a pas non plus conservé tous les objets car certains collaient moins au propos que j’avais déterminé en tant que commissaire.

Pouvez-vous nous détailler votre “propos” sur cette exposition ? 

C’est à l’écoute des témoignages et à la vision des objets que je l’ai déterminé. Et du coup, j’en ai sorti trois thématiques. La première sur les souvenirs personnels et partagés. C’est-à-dire les souvenirs qui font sens pour l’ensemble des supporters du RC Lens. Ça tourne principalement autour des joueurs de légende et des matches mythiques. La deuxième est un peu plus personnelle. On l’a intitulé “Mon Racing Club de Lens”. C’est la relation intime et personnelle du supporter avec le club. C’est-à-dire que ça, ce n’est partagé par personne d’autre. C’est là où on se rend compte à quel point la passion du club est vraiment très patrimoniale. A Lens, les supporters vont souvent très tôt au match et ça s’inscrit dans des histoires de famille. Donc la passion se transmet de père en fils. La grand-mère y est pour quelque chose. Les frères et sœurs etc. On a beaucoup d’objets qui ont été faits main et offerts ou transmis dans un cadre familial. Et enfin, la troisième est plus sur la question du stade Bollaert-Delelis, sur la question de ses rénovations. On y trouve des objets de mémoire sur la vie au stade.

Est-ce que des joueurs, anciens joueurs ou anciens dirigeants se sont manifestés ?  

Nous les avons eus indirectement. Pour être honnête, ça s’est passé en deux fois. Pendant la collecte, je n’ai eu qu’une personne qui était très liée à un joueur. C’était la fille de Faber (ndlr : Eugeniusz Faber est un footballeur polonais qui a évolué comme attaquant au KS Ruch Chorzów puis au RC Lens. Il a été finaliste de la Coupe de France 1975). Et en fait, cette visite a été assez “déclencheur”.

Le témoignage d’un ancien vous a-t-il particulièrement touché ? 

Celui de Tony Vairelles est très fort. Car il a des souvenirs totalement décalés par rapport à ceux des supporters, que ce soit sur 1998 ou sur le match contre Arsenal à Wembley.

Comment qualifieriez-vous les relations entre les supporters lensois et leur club ?

Déjà, le fait de ne pas être Lensois m’a permis de faire cette exposition, de mettre en exergue des choses que les gens d’ici considèrent comme naturelles mais qui ne le sont pas forcément, notamment le rapport très filial au club. Ça n’existe pas partout, en tout cas pas à ce point… A Lens, le football est très intégré, un peu à l’anglaise. Et puis, c’est un public qui connaît son histoire. C’est pour ça que je n’ai pas fait une “expo” sur l’histoire du club. Les gens en savent plus que moi…

Notre correspondant à Lens, Benoît Dequevauviller

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