OM : les Big Mac, Bielsa, un retour… Gignac dit tout !
André-Pierre GignacCredit Photo - Icon Sport
par Raphaël Nouet
INTERVIEW

OM : les Big Mac, Bielsa, un retour… Gignac dit tout !

Interviewé par RMC ce mardi soir, André-Pierre Gignac, au Mexique depuis cinq ans, a évoqué son aventure à l'OM, entamée en 2010 et conclue en 2015.

A 35 ans, André-Pierre Gignac continue d'enfiler les buts avec les Tigres UNAL, qu'il a rejoints il y a cinq ans à la surprise générale. En fin de contrat à l'OM, l'attaquant avait pris la décision de partir pour le Mexique alors que Galatasaray, par exemple, était prêt à l'accueillir. Invité de l'émission Top of the Foot ce soir sur RMC, le Martégal a évoqué tous les grands sujets liés à son aventure marseillaise, du surpoids de ses premières saisons à sa très forte relation avec Marcelo Bielsa sans oublier un éventuel retour…

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"Un Big Mac pour Gignac"

"Les critiques sur mon physique, elles n'étaient pas injustifiées. Depuis 2014, Marcelo (Bielsa) m'a fait prendre conscience des choses. Mais même avant, l'OM, ce n'est pas facile. Il faut avoir les nerfs solides. Déjà, je suis né à Martigues, toute mon enfance ça a été l'OM. Toute ma famille, c'est l'OM. J'avais deux papiers dans les mains en 2010. C'était Marseille ou Liverpool. Juste avant, il y avait Valence, ils m'avaient mis un avion avec du jambon dedans. Fallait le faire pour le refuser... Unai Emery était venu me voir, il m'avait expliqué comment il voulait me faire jouer, avec Jérémy Mathieu derrière..."

"Mais quand mon agent est venu me voir, je lui ai dit "Déchire le papier de Liverpool, on va à l'OM". J'ai réalisé mon rêve. Mais au début, ça a affecté ma famille, mes parents, mes grands-mères. Les deux premières années, c'était compliqué, j'avais une pubalgie, je savais que je n'étais pas au niveau... J'ai besoin de grosses préparations d'avant-saison et je ne les ai pas eues."

2014/15 avec Marcelo Bielsa puis le départ

"J'étais sur un niveau physique exceptionnel, j'avais la confiance de Marcelo. Il savait vraiment comment me gérer. Avant le PSG, il me met sur le banc deux fois parce qu'il savait me piquer. Il y avait Michy Batshuayi qui me poussait derrière. Et une saison après, ils le vendent 35 millions d'euros. Moi, après une saison comme ça, je n'aurais pas accepté d'être son remplaçant pour le mettre en valeur, je suis honnête, donc je pense que c'était la bonne stratégie mais oui, j'aurais quand même pu mettre quelques buts de plus."

"Aujourd'hui, ce que l'on retient de mon passage à l'OM, ce sont les deux dernières saisons où j'ai mis pas mal de buts. Mais j'aurais aimé faire cinq ans pleins, en pleine possession de mes moyens physiques. J'aurais fait plus de 100 buts, j'en suis sûr (le total de Mamadou Niang, ndlr). Et gagner un championnat. On fait deux fois 2es. Mais tu tombes sur une équipe qui a mis un milliard pour tout rafler, le mauvais moment. J'ai gardé des amis à l'OM. Benoît Cheyrou déjà, et pourtant ce n'est pas facile de l'approcher. C'est quasiment impossible d'être son ami normalement."

Un éventuel retour

"Je le dis en toute sincérité, ils n'ont pas besoin de moi ! J'ai joué contre Dario Benedetto, je l'aime bien. Il est exactement dans le même registre, avec la grinta, l'Argentin dans toute sa splendeur. Il a un pied droit exceptionnel, il tire de loin... (Adil Rami intervient pour dire que le problème, c'est qu'il ne tire pas) Mais tu les regardes, les matches, il n'a pas un ballon oh ! Revenir, non, en tant que joueur, ce n'est pas possible."

"En tant qu'entraîneur, pourquoi pas. J'ai cette ambition d'être entraîneur. Je n'ai pas envie de perdre l'adrénaline, l'odeur du terrain. J'ai envie de vivre dans un groupe, partager, aider la nouvelle génération. J'espère, je verrais bien, si je décide de faire ce métier au Mexique ou ailleurs. Mais pour l'instant je n'ai pas de plans. Bon j'ai prolongé avec les Tigres et c'est prévu que je reste dans le club pour continuer à grimper les échelons."