Stade Rennais, OL : de Puel à Zahavi, comment Bruno est devenu coach Genesio
Bruno GenesioCredit Photo - Icon Sport
par Alexandre Corboz
DOSSIER GENESIO (1/3)

Stade Rennais, OL : de Puel à Zahavi, comment Bruno est devenu coach Genesio

Homme discret et travailleur, Bruno Genesio ne fait pas énormément de vagues depuis sa nomination en tant que coach numéro 1 du Stade Rennais. Nous avons demandé à ceux qui l'ont côtoyés à Lyon* de ne nous parler du néo-entraîneur breton. Témoignage.

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Une carrière de joueur, d'éducateur, d'adjoint et de coach entre Rhône et Saône conclue par une pige d'un an et demi en Chine (Beijing Guoan), le CV de Bruno Genesio (54 ans) n'est clairement pas le plus clinquant des coachs de Ligue 1 Uber Eats. Pour autant, sans faire de vagues, le nouvel entraîneur du Stade Rennais réalise des débuts très convaincants avec les Rouge-et-Noir (2 victoires, 1 défaite). A Rennes, les supporters découvrent un homme discret, pas du genre à se mettre en avant, sérieux, travailleur mais aussi très ambitieux.

Claude Puel avait vu en lui un potentiel numéro 1

Une ambition d'être numéro 1 que Bruno Genesio n'a pas toujours eue, lui qui, après des expériences mitigées en CFA-CFA2 à Villefranche (1999-2001) et à Besançon (2005-2006) avait fait son retour à l'OL par la petite porte. D'abord à la vidéo, au recrutement puis à nouveau sur le bord des terrains à compter de l'arrivée de Claude Puel en 2008. C'est d'ailleurs le Castrais qui le convainc de passer ses diplômes d'entraîneur durant deux saisons, tout en l'assignant à l'équipe réserve.

Robert Valette, emblématique coach de la réserve de l'équipe Pro 2, se souvient de cette collaboration de deux ans : « La première année, il était mon adjoint. La seconde année, moi le sien. J'en garde un bon souvenir. C'était deux belles années. On avait gagné des titres en CFA (ses seuls titres à ce jour) ». Une expérience de coach de la réserve qui s'est poursuivie avec son complice de toujours Gilles Rousset jusqu'à ce que Rémi Garde l'appelle avec lui sur le banc des pros. Un poste qu'il conservera au départ de son ami et à l'arrivée d'Hubert Fournier.

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28 décembre 2015 - Présentation de Bruno Genesio à l'OLCredit Photo - Icon Sport

Le 24 décembre 2015, pour la première fois en 20 ans et le limogeage de Guy Stéphan, Jean-Michel Aulas prend une décision forte en se séparant d'Hubert Fournier. L'OL pointe alors au 10e rang de Ligue 1, s'apprête à rentrer dans son grand stade et les grands noms espérés se détournent tous, un à un, du projet lyonnais. Bruno Genesio se retrouve donc parachuté numéro 1 dans un climat assez étrange. « Lorsqu'il a démarré, il sortait tout juste d'une expérience avec moi à la tête de l'équipe réserve. On ne gère pas une CFA comme un groupe pro », raconte Gilles Rousset. Robert Valette se souvient d'un coach qui avait alors tout à apprendre : « Dans un métier qui rend fou, je trouve qu'il a mûri, il a appris à fonctionner en lien direct avec le président, avec les egos des joueurs, avec les supporters et avec la presse ».

« A son arrivée, Bruno débarque avec beaucoup d'humilité, bien conscient que les gens attendaient une référence mondiale et qu'il fallait qu'il fasse aussi ses preuves, enchaîne Gilles Rousset, qui l'a suivi en tant qu'adjoint dans son expérience chinoise : Sur sa première conférence de presse, il a fait preuve d'honnêteté et de sincérité. Il ne s'est pas vendu comme un autre, à se prendre pour Mourinho. Pour connaître Bruno depuis 30 ans, je peux vous dire qu'il n'a jamais changé. Certains, avec les responsabilités, se transforment. Ce n'est pas son cas. Bien sûr, il a beaucoup évolué depuis l'époque où il jouait à mes côtés à Lyon mais c'est toujours resté le même mec ».

Rousset : « A Lyon, son travail a été largement sous-évalué »

Sans changer, avec l'adhésion d'une grande partie du vestiaire, Bruno Genesio reste trois ans et demi à Lyon, atteignant chaque année les objectifs fixés malgré les critiques et la défiance des supporters à son égard. Gilles Rousset a d'ailleurs du mal à comprendre ce climat général de bashing qui avait eu raison du mandat de son ami, non reconduit par Jean-Michel Aulas à l'issue d'une défaite en demi-finale de Coupe de France... Face au Stade Rennais : « Ce qu'il a vécu à l'OL était, à mes yeux, très injuste. Quand on regarde de plus près, on se rend compte qu'il a fait du bon travail à Lyon, avec des moyens bien moins importants qu'aujourd'hui. Les gens ont tendance à l'oublier mais Bruno avait pris l'équipe en cours de saison, dans une équipe en plein doutes, sans argent et il l'amène deuxième. Après ça, il a enchaîné les qualifications européennes, une demi-finale d'Europa League... Il a fait beaucoup de choses positives pour le club malheureusement son travail a été largement sous-évalué ».

La Chine, un break nécessaire en 2019

La Chine, un break nécessaire en 2019
Le tandem Maurice - Genesio a souvent tapé dans le mille au MercatoCredit Photo - Icon Sport

Un travail « sous-évalué » au niveau local certes mais qui attire l'agent international Pini Zahavi, lequel lui dégotte rapidement, à l'automne 2019, un contrat en Chine. Une offre qui arrivait alors au bon moment pour Bruno Genesio, lequel avait besoin d'un « break avec la France » pour se défaire du climat pesant vécu à Lyon. Parti avec lui au Beijing Guoan, Gilles Rousset estime que cet intermède lui a servi : « En Chine, il a aussi beaucoup appris. Certains pensent que travailler là-bas, c'est facile mais ce n'était vraiment pas le cas. On est parti dans cette aventure sans maîtriser la langue, à devoir composer avec un nouveau président, un directeur sportif, quelques joueurs stars et des joueurs locaux très disciplinés. Cette expérience l'a aussi fait beaucoup évoluer ». Aujourd'hui, c'est un entraîneur très mature qui débarque en Ille-et-Vilaine. Robert Valette note également le changement : « Aujourd'hui, il est plus complet. Après son passage à l'étranger, il arrive à Rennes en pleine possession de ses moyens. Je ne me fais pas de soucis. Il fera bien son boulot. C'est vraiment quelqu'un d'honnête. Que ce soit dans la communication ou dans le travail. Ce n'est pas quelqu'un qui se cache ».

Genesio – Maurice, amitié sincère

Sondé par Montpellier qui songeait à lui en fin de saison pour remplacer Michel Der Zakarian en fin de contrat, Bruno Genesio a cédé aux sirènes rennaises du fait de la présence d'un autre de ses amis sur place : Florian Maurice, parti l'été dernier de l'OL pour devenir directeur sportif du club breton. Pour Genesio, la présence du « tintin » du recrutement est une garantie solide d'entente cordiale avec sa hiérarchie : « Bruno et Flo étaient déjà très copains avant de collaborer directement ensembles. Ils se sont ensuite bien entendu au niveau du travail et ont souvent fait des choix de recrutement pertinents. Le duo avait vraiment bien fonctionné. Il n'y a qu'à voir les joueurs intéressants qui se sont développés à Lyon avec eux : Mendy, Ndombélé, Denayer, Depay... Tous ces joueurs se sont leurs choix et leurs réussites ». Une première expérience commune réussie que toute la Bretagne (ou presque) espère voir reconduite et exportée de l'OL...

*Contacté, Rémi Garde a décliné poliment notre invitation à s'exprimer au sujet de son ami. Actuellement sans club depuis la fin de son aventure à l'Impact Montréal, l'ancien coach de l'OL ne souhaite pas apparaître dans les médias actuellement.

 

Gilles Rousset (ex-adjoint de Genesio) est toujours sur le marché

Un temps pressenti pour intégrer le staff du Stade Rennais, Gilles Rousset (57 ans) n'a finalement pas rejoint Bruno Genesio en Ille-et-Vilaine. Présent avec lui en Chine au Beijing Guoan, l'ancien gardien international (2 capes) – éducateur durant quinze ans à l'OL - est toujours à la recherche d'un nouveau projet : « Je n'ai pas pu faire partie de l'aventure rennaise. Il y a déjà un staff en place. La suite, on verra. Moi, je cherche un club. Je suis en attente chez moi à Lyon, je profite un peu de la famille. Je cherche un poste d'adjoint sur une équipe professionnelle en Ligue 1 ou en Ligue 2. Je suis ouvert à tout ».