ASSE : c'est deux salles deux ambiances pour la vente du club
Bernard Caïazzo et Roland Romeyer n'ont pas la même vision pour la suite...Credit Photo - Icon Sport
par Alexandre Corboz
MAG

ASSE : c'est deux salles deux ambiances pour la vente du club

Si l'ASSE est en vente depuis quatre mois et demi maintenant, les divergences de vue entre Bernard Caïazzo et Roland Romeyer sont un vrai problème pour trouver le candidat idoine.

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Répondant à une demande du maire Gaël Perdriau adressé dans nos colonnes, Bernard Caïazzo et Roland Romeyer avait fait front commun dans une lettre ouverte adressée aux amoureux de l'ASSE et publiée dans les colonnes du Progrès le 14 avril dernier : « Afin d’assurer la continuité et le développement de notre club, nous avons confié à une banque d’affaires réputée la mission de sélectionner le meilleur investisseur. Nous veillerons à ce que ce nouvel actionnaire dispose des moyens adéquats pour faire grandir le club, garantir l’emploi et perpétuer son identité. Nous serons vigilants à ce que le passage de témoin puisse s’effectuer dans la confidentialité et la sérénité ». Une belle profession de foi qui, quatre mois et demi plus tard,a déjà volé en éclats face aux divergences de points de vue et aux souhaits du duo présidentiel.

Terrapin, pas le candidat idéal des présidents

La semaine dernière, L'Equipe a publié un dossier sur la vente de l'ASSE qui se serait accélérée. Une accélération toute relative par rapport aux éléments publiés en juillet dernier. Dans les faits, rien n'a réellement bougé (voir encadré « où en est-on dans les faits ? »). Seule réelle nouveauté de l'article : on connait désormais le nom du candidat américain. Il s'agit de Terrapin Asset Management, un fonds d'investissement basé à Miami. Dirigé par Nathan David Leight et fondé en 1998, ce candidat – spécialisé dans les investissements sur les start-up technologiques et le lancement de sociétés d'acquisition à usage spécial – n'est pas un habitué du monde du sport. Présenté par un connaisseur du marché comme « une petite boutique, avec peu d'associés (huit), plutôt enclins à monter des tours de table qu'à investir par eux-mêmes », Terrapin n'est toutefois pas le candidat rêvé par Roland Romeyer.

Romeyer ne jure que par Markarian...

Alors que Bernard Caïazzo est ouvert à des capitaux étrangers, fonds d'investissements US compris, si ces derniers sont prêts à racheter les parts des deux présidents pour 30 M€, récupérer la dette et réinjecter 70 M€ dans le club, Roland Romeyer a des idées bien arrêtées sur ce qu'il veut ou ne veut pas. A 76 ans, le président du Directoire - qui désire prendre du recul et ne se sent plus en phase avec le football d'aujourd'hui – n'en fera pas une question d'argent. Son souhait ? Faire de son cadet Olivier Markarian (50 ans), partenaire de l'ASSE depuis 17 ans au travers de la société Markal, son successeur. Markarian représente la caution locale et, plus important encore aux yeux de Romeyer, est un véritable amoureux du club, lui qui a fréquenté le Kop Nord plus jeune.

Membre du conseil de surveillance des Verts depuis 2018, Olivier Markarian a récemment vendu sa société Markal pour se consacrer à 100% à son projet de reprise de l'ASSE. Comme révélé par L'Equipe, l'homme d'affaires a passé les quatre derniers mois à avancer sur un tour de table régional, parvenant à récolter entre 30 et 40 M€. Le reste du ticket d'entrée de 100 M€, ce sont les banques du Luxembourg qui se seraient engagés à lui fournir. « Seraient » car, selon nos informations, Olivier Markarian n'a toujours pas eu l'accès la fameuse « data room ».

… Mais Caïazzo n'en veut pas

Autre problème : le projet Markarian n'a pas les faveurs de Bernard Caïazzo. Outre le fait que le Président du Conseil de Surveillance n'a pas apprécié certaines positions « pro-Romeyer » de Markarian lors des CA de l'ASSE, Caïazzo estime que le projet mené en local n'a pas l'envergure économique pour permettre à Saint-Etienne de passer un cap au niveau des ambitions sportives. Autre point qui ferait tiquer Caïazzo : le fait qu'Olivier Markarian entende laisser une place de conseil à Roland Romeyer mais ne plus du tout s'appuyer sur lui aux instances au moment de la transition.

Lancé dans un nouveau bras de fer avec « son frère » Romeyer, Caïazzo cherche des alternatives. D'après L'Equipe, le dirigeant stéphanois a notamment invité « un mystérieux spectateur » lors d'ASSE – LOSC le 21 août dernier. Si l'identité de ce dernier n'a pas filtré, il s'agirait d'un « homme de football » qui n'est ni un ancien joueur ni son ami Didier Quillot. Quelqu'un soutenu par des fonds puissants et susceptible de faire également son entrée à la « data room » (si ce n'est pas déjà fait !). Bernard Caïazzo verrait en ce candidat, soutenu par des fonds venus de Suisse, la meilleure option pour le club ligérien. Soutenant mordicus son poulain Markarian, Roland Romeyer serait, bien évidemment, beaucoup plus réticent à faire confiance à quelqu'un venant de l'extérieur...

Caïazzo - Romeyer, désaccord sur la vente

La vente de l'ASSE pourrait encore prendre quelques mois. Bernard Caïazzo et Roland Romeyer n'ont pas la même vision du candidat idéal pour reprendre les Verts. Le président du Conseil de Surveillance est ouvert à l'étranger, le président du Directoire souhaite plutôt un local...