ASSE – EXCLU : ses souvenirs en Vert, sa saison à Bourg-en-Bresse, son avenir... Benjamin Corgnet s'est confié
Benjamin CorgnetCredit Photo - Icon Sport
par Laurent HESS
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ASSE – EXCLU : ses souvenirs en Vert, sa saison à Bourg-en-Bresse, son avenir... Benjamin Corgnet s'est confié

Sous le maillot vert de 2013 à 2017, Benjamin Corgnet (34 ans) évolue depuis janvier à Bourg-en-Bresse, en National. Il revient sur ses souvenirs à l'ASSE et évoque sa saison et son avenir.

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But !: Benjamin, comment se sont passés vos premiers matches avec Bourg-en-Bresse ?

Benjamin Corgnet : Ça s'est pas mal passé. C'est vrai que ça faisait quelques temps que je n'avais pas joué. Il a fallu que je reprenne le rythme. En tout cas, je prends beaucoup de plaisir à rejouer au football et à être de nouveau dans un club.

 

Formé à Saint-Étienne, Anthony Maisonnial (23 ans) a lui aussi rejoint le même club. Vous vous connaissiez auparavant ?

Oui, bien sûr. On avait joué ensemble. Anthony était encore très jeune quand on était à Sainté. Ça me fait plaisir de le revoir quelques années plus tard.

 

Comptez-vous rester à Bourg-en-Bresse à l'issue de la saison ?

J'avais signé un an et demi en janvier, donc il me restera encore un an de contrat. J'ai décidé de rejoindre ce club parce que je me suis réinstallé dans la région. J'avais envie de retrouver un challenge qui me plaisait. Et c'est ce que j'ai trouvé à Bourg-en-Bresse. Il y a un projet. Les installations sont de très bonne qualité. Je me sens bien ici. Après, il y aura des réunions en fin de saison, donc on va voir ce que tout le monde attend. Une chose est sûre, je me sens prêt à continuer.

 

Avez-vous encore l'ambition d'évoluer dans le monde professionnel ?

En fait, en rejoignant ce club, mon objectif était de monter en Ligue 2. Depuis ma fin de contrat à Strasbourg, la Covid, et le fait que j'approche d'un certain âge, c'était assez délicat de rechercher des clubs. Je suis vraiment venu ici pour prendre du plaisir et la suite on verra. Mais c'est aussi avant tout un choix familial de rentrer dans la région lyonnaise, pour garder une stabilité. Car j'ai pas mal déménagé ces dernières années.

 

Pour l'heure, vous avez joué uniquement en France. L'étranger vous attire-t-il ?

J'ai pas mal cherché l'été dernier, je m'étais laissé toutes les portes ouvertes. Mais il n'y a rien eu. Avec la crise, c'était très compliqué de voyager. Maintenant, je suis bien dans ce club, je suis bien chez moi. Je réfléchirai à ce qu'il peut y avoir comme projets, mais l'étranger n'est plus du tout dans un coin de ma tête.

 

Avez-vous déjà eu des sollicitations de clubs étrangers auparavant ?

Lors de ma dernière année de contrat à l'ASSE, il y avait eu Kansas City, en MLS. Mais ce n'était pas le moment pour moi d'y aller. Je venais d'avoir un enfant. Il y avait plusieurs facteurs qui n'étaient pas forcément tops à ce moment-là. J'avais l'envie de finir ma dernière année de contrat à l'ASSE.

 

En janvier 2017, vous aviez un temps été annoncé du côté du SC Bastia. Étiez-vous réellement entré en contact avec le club corse ?

Honnêtement, je ne m'en rappelle plus. Mais il ne me semble pas. J'avais vraiment eu cette approche aux États-Unis, sinon je n'avais pas eu plus d'options à ce moment-là. C'est vrai que j'ai vécu une dernière année un peu difficile à l'ASSE. Le club souhaitait se séparer de moi. J'avais décidé de rester, mais j'étais mis de côté. J'étais revenu dans le groupe en février, mars.

 

La saison dernière, Strasbourg avait décidé de ne pas vous proposer une prolongation de contrat. Était-ce une déception ou vous vous en doutiez ?

Je m'en doutais un petit peu. Je jouais moins la dernière saison. J'avais eu plusieurs discours. Je pense que si le coach était parti (ndlr : Thierry Laurey), ça aurait peut-être redistribué les cartes. Après, il a été honnête de me dire qu'il ne souhaitait pas me prolonger, car il ne comptait pas me faire jouer. Mais j'aurais bien aimé finir ma carrière à Strasbourg. Même si je n'ai pas toujours joué, avec ma famille on était bien là-bas.

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« Loïc Perrin a toujours été un exemple et beau à regarder jouer. Dans le placement, il était très fort »

Vous vous êtes ainsi retrouvé plus de six mois sans club...

Oui, ça été dur. D'autant plus, que c'est intervenu au pire moment, avec la Covid, les droits télés... C'était donc compliqué pour les clubs, ne serait-ce que pour donner un contrat. Je n'ai vraiment pas refusé des clubs à cause du salaire, car je n'ai quasiment eu aucune proposition. Très tôt, j'avais eu une grosse approche de Caen, mais ça ne s'est finalement pas fait. C'était la seule approche. J'ai un peu cherché de partout, en Ligue 1 et Ligue 2. À ce moment, je ne pensais pas trop évoluer en National. Puis après, les quelques mois sans rien faire... Même si je me suis entraîné pendant quatre mois avec la réserve de Strasbourg, j'ai pu m'entretenir. Ensuite, on a décidé en famille de rentrer dans la région, où j'ai une maison et de chercher en parallèle un club ambitieux. Parce que je ne souhaitais pas m'arrêter sur ça.

 

Suivez-vous encore les matches de l'ASSE ?

Oui, bien sûr. Je suis encore très souvent. Ça a toujours été le cas. En plus, j'ai encore des amis qui sont dans l'équipe.

 

Avec qui êtes-vous encore en contact ?

Jessy Moulin surtout, Romain Hamouma et également avec des membres du staff médical. J'ai aussi très souvent des nouvelles de Loïc Perrin.

 

Quel est le joueur qui vous a le plus impressionné à l'ASSE ?

C'est difficile à dire. Il y en a eu quelques-uns. Loïc Perrin a toujours été un exemple et beau à regarder jouer. Dans le placement, il était très fort. Pour avoir joué avec et contre lui, je peux dire que c'était un adversaire très difficile. Dans le secteur offensif, je vais dire Max Gradel, qui avait fait une très grosse saison (ndlr : 17 buts inscrits lors de la saison 2014/2015). J'ai d'ailleurs encore régulièrement des nouvelles de lui.

 

Vous êtes réputé comme un joueur élégant. Jouer au poste de numéro 10, c'est ce qui vous plaît le plus ?

Oui, c'est d'ailleurs à ce poste que je me suis fait remarquer à Dijon. C'est un poste que j'affectionne. Il y a de moins en moins d'entraîneurs qui mettent en place des systèmes de jeu faits pour ce poste-là. J'ai également joué en neuf et demi, notamment à Strasbourg, et aussi un peu plus bas, en huit. Mais c'est surtout en dix que je me sens le mieux.

 

Adil Aouchiche affectionne également ce poste. Qu'avez-vous pensé de ses premiers mois sous le maillot vert ?

Pour être franc, je ne le connais pas plus que ça. C'est un joueur qui a beaucoup de qualités. Il est très jeune, donc il faut lui laisser du temps. Ça va venir petit à petit. En sortant du PSG, il avait plusieurs clubs sur lui, et il a choisi au final l'ASSE. C'est une bonne chose pour le club.

 

Comme vous, Romain Hamouma a 34 ans. Et il arrive en fin de contrat en juin. Le club doit-il le prolonger ?

Ce serait amplement mérité. Il le montre encore cette saison, c'est un très bon joueur qui peut faire la différence à tout moment. Il va peut-être un peu moins vite qu'avant, et encore... Il a toujours des qualités dans ses premiers appuis de déplacement, et de finisseur. J'ai vu qu'il avait mis 60 buts avec l'ASSE. C'est un joueur qui est resté constant. Même si l'effectif s'est beaucoup rajeuni, on voit que ce sont des joueurs comme Hamouma et Khazri, qui sont sortis du lot et qui ont permis au club de se maintenir lors de cette fin de saison.

 

Qu'avez-vous pensé de la saison de Jessy Moulin ?

Il a fait une bonne saison. Ça ne m'étonne pas, je connais ses qualités. Je suis très heureux pour lui. Au-delà d'être un ami, c'est un très bon gardien. Dans cette hiérarchie des gardiens de buts, il était derrière Stéphane Ruffier. C'était compliqué. Il n'avait quasiment aucune occasion de se montrer. Mais il se donnait toujours à 100 % aux entraînements, et c'est très important. Quand j'étais encore au club et lorsqu'il avait le chance de jouer, il a toujours répondu présent. Je suis quand même déçu qu'il se soit blessé.

« Je suis satisfait de mes deux premières saisons. Je suis un peu déçu de la troisième. Et la quatrième saison, c'est l'un des pires moments de ma carrière »

En quatre saisons, vous avez inscrit 12 buts en 101 matches disputés sous le maillot vert. Quel bilan dressez-vous de vos années à Saint-Étienne ?

Je suis assez content de mes premières années, notamment la toute première. Pour moi, j'avais fait une bonne saison en arrivant de Lorient. C'était l'année après le titre en Coupe de la ligue, il y avait eu des départs et des arrivées, mais on avait fait une bonne saison. En fait, je suis satisfait de mes deux premières saisons. Je suis un peu déçu de la troisième. Et la quatrième saison, c'est l'un des pires moments de ma carrière. C'est la première fois que j'étais mis à l'écart. Je sentais que je n'avais pas ma chance. Même si j'ai réussi à marquer et jouer quelques matches à la fin. C'était assez douloureux parce que j'avais envie de jouer. Et je n'avais pas envie de finir comme ça. L'ASSE, c'est le club qui m'a procuré le plus d'émotions.

 

Quel est votre souvenir le plus marquant ?

Je vais dire le match à Geoffroy-Guichard contre le PSG où on fait 2-2 (ndlr : 11e journée, 27 octobre 2013) et j'ouvre le score. Mais je vais aussi dire les derbys car vivre un derby à Saint-Étienne, c'était vraiment le feu. Même quand il y avait les supporters des deux camps, c'étaient des ambiances que je n'avais jamais connues ailleurs.

 

Justement, l'ambiance de Geoffroy-Guichard est-elle la meilleure de Ligue 1 ?

Oui, sans aucune hésitation. Même quand je venais à Geoffroy-Guichard avec Dijon ou Lorient, c'était toujours quelque chose de particulier. C'est vrai que je n'ai quasiment pas eu d'émotions comme celles-ci dans d'autres stades en France.

 

Vous n'avez pas été épargné par les blessures...

Oui, c'est vrai. Je n'ai jamais eu de grosses blessures, mais des petits pépins. Notamment la première année où je jouais. Même si je me blessais, je revenais rapidement et j'arrivais à réintégrer le onze de départ. Comme j'étais performant, ça allait. Mais les autres années, c'était plus compliqué. Je n'étais plus un titulaire indiscutable, donc ça demandait plus de temps surtout quand d'autres joueurs à mon poste étaient performants durant mon absence. Forcément, le coach ne précipitait pas mon retour dans le onze. Il fallait ensuite que je prouve sur le terrain C'est logique, c'est la concurrence. Mais je ne pense pas que ces blessures m'ont porté préjudice dans ma carrière.

 

Quelle relation entreteniez-vous avec Christophe Galtier ?

Je suis un peu passé par toutes les émotions. Ça se passait très bien au début puis un peu moins à la fin. Encore une fois, ce n'est jamais facile lorsque l'on est écarté. C'est lui qui prenait les décisions. Ce n'est pas pour autant que je lui en veux, même si c'était le cas un moment... Après, il m'avait quand même réintégré en fin de saison,. Il avait apprécié mon caractère. C'était le plus important. J'en garde un bon souvenir malgré tout. Quand on affrontait Lille avec Strasbourg, ça me faisait plaisir de le retrouver.

 

Quel est l'entraîneur qui vous a le plus marqué ?

C'est Patrice Carteron. Il m'a permis de découvrir le monde professionnel, et il m'a beaucoup appris. C'est un entraîneur qui m'a très rapidement fait confiance. Ça s'est très bien passé avec lui. J'ai vécu deux belles saisons à Dijon. Je suis d'ailleurs un peu déçu qu'il ne soit pas revenu en Ligue 1, parce qu'il a sa place.

 

À l'issue de votre carrière, souhaitez-vous rester dans le monde du football ?

Oui, peut-être m'orienter vers le métier de consultant. Ça me permettrait de rester dans le football, de croiser d'anciens partenaires... J'aime bien parler, commenter des matches. Je suis un passionné de foot. C'est un poste qui me plairait.

 

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Corgnet reste proche de l'ASSE

Laurent HESS
Article écrit par Laurent HESS