Claude Puel ne trouve pas la clé.
Claude Puel ne trouve pas la clé.Credit Photo - Icon Sport
par Alexandre Corboz
OPINION

ASSE – L'oeil de Denis Balbir : « A l'heure qu'il est, Saint-Etienne a un pied en Ligue 2 »

Chaque lundi, Denis Balbir décrypte l'actualité des Verts. Retour sur le match nul de l'ASSE à Metz et la mauvaise opération comptable du week-end.

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« C'était encore un week-end très difficile pour l'ASSE qui n'a pris qu'un point à Metz (1-1) quand Bordeaux et Brest, deux concurrents directs, ont gagné. Au delà du pessimisme ou de l'optimisme, nous nous devons d'être réalistes aujourd'hui : à l'heure qu'il est, Saint-Etienne a un pied en Ligue 2. Cette saison, la chance est en train de tourner. Pour se sauver en 2020-21, l'ASSE avait pu compter sur les faux-pas à répétition de ses rivaux pour le maintien. Cette année, même quand les Verts grapillent des points, les autres en font davantage.

Aux vues de la situation, les matchs qui arrivent contre Clermont et contre Brest sont encore plus déterminants. La situation devient de plus en plus critique. Je pense que certains joueurs ne s'en rendent pas compte. Il faut arrêter d'aborder les matchs en dilettante, maintenant il faut se dépouiller, prendre conscience que le maillot vert est une institution et qu'il faut se battre tous les matchs comme cela a été le cas contre Lyon lors du derby. L'ASSE doit se transformer en équipe de Coupes tous les week-ends. A présent, l'objectif doit être d'arriver à la trêve avec le matelas le moins percé possible.

« Khazri ? Le problème, c'est qu'il est trop seul »

Aujourd'hui, si on se montre réaliste avec cette équipe, on ne voit pas comment le maintien est possible. Saint-Etienne ne dispose que de deux joueurs au niveau : son gardien Etienne Green et Wahbi Khazri. Sans ces deux-là, l'ASSE ne compte même pas 3 points après 12 journées. La situation est réellement devenue catastrophique au fil des semaines...

Pour en venir à Wahbi Khazri - qui est quand même deuxième meilleur buteur de Ligue 1 (7 buts) malgré la situation - c'est fantastique ce qu'il est en train de faire individuellement. Le problème, c'est qu'il est trop seul. On dit souvent d'une équipe qu'elle va fonctionner avec un buteur et un grand gardien. Mais quand on n'a pas de défense, c'est problématique ! En à peine plus d'un an, on est passé d'une défense avec Saliba, Fofana, Perrin et Debuchy à ce qu'elle est aujourd'hui. On se retrouve avec Harold Moukoudi, qui est un bon joueur, mais qui est mal entouré. Autour ce sont des joueurs inexpérimentés comme Saidou Sow ou Mickaël Nadé. Il manque d'un taulier et on peut regretter que l'ASSE a finalement laissé partir Pape Abou Cissé.

« A un moment donné, ça craque... »

Saint-Etienne a un vrai problème d'effectif. On le savait dès le début de la saison mais on pensait que cela pouvait marcher devant avec les Hamouma, Khazri, Boudebouz, Bouanga, Nordin et consorts. On a peut-être aussi surjoué la qualité de ce groupe, notamment au milieu du terrain où beaucoup n'avaient pas encore confirmé au plus haut niveau. L'encadrement fait vraiment défaut à cette équipe.

Aujourd'hui, je me pose des questions sur certains choix. Autant je peux comprendre pour Stéphane Ruffier compte-tenu de tout ce qui s'est passé mais Jessy Moulin, pourquoi est-il parti ? On a laissé partir un homme fidèle au club, un homme de vestiaire, qui pouvait fédérer une équipe dans des moments difficiles... C'est important d'avoir des joueurs comme ça pour poser les valeurs du club sur la table. Loïc Perrin était comme ça, Mathieu Debuchy aussi. La grosse erreur de cette direction, ça a été de sous-estimer la qualité très moyenne de l'effectif et de dire qu'on s'en sortira comme d'habitude. A un moment donné, ça craque... »

La chronique ASSE de Denis Balbir

Denis Balbir revient sur le match nul de l'ASSE sur la pelouse du FC Metz (1-1) samedi. Un résultat qui n'arrange aucune des deux équipes sur ce match de la peur. Notre consultant commence sérieusement à s'inquiéter pour la survie des Verts.