Les supporters verts vivent des jours difficiles
Les supporters verts vivent des jours difficilesCredit Photo - Icon Sport
par Laurent HESS
ECRIVAIN

ASSE - L'oeil de Pascal Pacaly (La Vie en Vert) : « En 76, les joueurs se battaient pour les supporters, ils jouaient pour eux »

Connu pour ses livres sur le rock français, dont « La France est rock », Pascal Pacaly (44 ans), amoureux de littérature américaine, de nouvelles et de poésie, natif du Chambon-Feugerolles, est tombé dans le Chaudron à l’âge de 10 ans. Il vient de sortir un livre, « La Vie en Vert », qui donne la part belle aux supporters de l'ASSE et à quelques un de ses plus beaux fleurons d'hier et d'aujourd'hui...

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But ! : Pascal, pourquoi ce livre ?

Pascal PACALY : Saint-Étienne, c’est le foot. C’est LA ville foot. On ne peut pas connaître la ville sans savoir que l’ASSE est l’un de ses poumons. Un club qui file tout droit vers son centenaire méritait bien un bel hommage. Et quoi de mieux que de rencontrer ceux qui en font l’histoire ? Cet ouvrage est le fruit de plus de deux ans de rencontres.

 

Quelles rencontres vous ont le plus marqué ?

C'est difficile d'en choisir certaines plus que d'autres. Dans le livre, il y a plein d'anecdotes, d'Aimé Jacquet travaillant à l’usine tout en étant joueur de foot aux coulisses de la création du tube de Monty sans oublier l’épopée de 76, le musée des Verts... Mais Jacquet, c'est vrai que c'était marquant. C'est quand même une des figures ultimes, il a gagné la Coupe du monde. Il me disait que quand il jouait à l'ASSE, au début, il travaillait encore aux Aciéries, à Saint-Chamond. Il fallait courir pour aller prendre le bus, courir encore pour aller au stade et qu'il arrivait à l'entraînement fatigué. C'était une autre époque.

 

Vous avez aussi rencontré plusieurs joueurs de l'Epopée de 76...

Oui. Osvaldo Piazza, Gérard Janvion, Christian Lopez. Lopez m'a expliqué qu'à l'époque, Roger Rocher voulaient que les joueurs résident dans Saint-Etienne intra muros. Il savait que quand l'équipe perdait, les joueurs étaient interpelés. Les gens leur rappelaient qu'eux travaillaient à la mine et qu'ils se saignaient pour aller au stade... Lopez m'a dit que c'est à ces gens qu'il a pensé quand il a fait son fameux retour sur Blokhine contre Kiev. En 76, les joueurs se battaient pour les supporters, ils jouaient pour eux. Ils avaient des contrats plus longs aussi, ça créait une cohésion.

 

« J'ai l'impression que si on descend ce sera un tremblement de terre. Mais on a déjà vécu quelques années de L2 où on s'était régalés, avec Nouzaret et Antonetti. Ça reste de très bons souvenirs »

 

Saint-Etienne était la référence à cette époque...

Toute la France était derrière les Verts. Il n'y avait qu'une chaîne de télévision. 20 millions de téléspectateurs regardaient nos matches. Les valeurs de la ville plaisaient, les valeurs ouvrières. Tout le monde était fan de Saint-Etienne. On incarnait la France.

 

Vous avez rencontré plusieurs supporters, notamment Arnaud, un Magic Fan...

Oui. Un Magic Fan, mais pas un pur et dur. C'est son fils de 18 ans qui est en bas de la tribune maintenant. Arnaud est plutôt au dessus du kop. On se rend compte qu'en fait, plus on vieillit plus on monte dans le kop. La rencontre avec Arnaud a été intéressante, il a fait plein de déplacements. Il était notamment au Pirée. On parle aussi des Fighters, qui ont été les premiers ultras stéphanois, avant l'arrivée des Magic et leur côté plus sulfureux. Tous ont contribué à casser l'image du supporter stéphanois avec sa perruque verte. Ce qui est fascinant avec ce club, c'est qu'il est connu partout, et qu'il a des supporters partout. Ceux de Tahiti se lèvent à 3h du matin pour regarder les matches.

 

Comment vivez-vous la saison actuelle ?

On est dans le creux de la vague depuis deux-trois ans. Ce n'est pas évident. Ce qui me déçoit le plus, c'est cette incapacité que l'on peut avoir à enflammer le Chaudron. Quand on voit que même contre Troyes, on donne l'impression de jouer le nul... On ne s'appuie pas assez sur le public. On est trop inhibés, trop frileux. C'est dommage.

 

Vous pensez que l'ASSE va se maintenir ?

Je l'espère, évidemment. Je nous vois finir barragiste. Le calendrier n'est pas évident. Ça va se jouer à rien. Après, j'ai l'impression que si on descend ce sera un tremblement de terre. Que celle-ci va s'ouvrir en deux et que ce sera la fin du foot à Sainté. Mais on a déjà vécu quelques années de L2 et les supporters étaient toujours là. On s'était régalés, avec Nouzaret et Antonetti, on jouait la montée et on était heureux. Ça reste de très bons souvenirs. Si on doit descendre, on essaiera de remonter. Ce sera comme ça. La terre ne s'arrêtera pas de tourner. En L1, en L2 ou même en National, le ballon continuera de rouler à Sainté.

Pour résumer

Connu pour ses livres sur le rock français, dont « La France est rock », Pascal Pacaly (44 ans), amoureux de littérature américaine, de nouvelles et de poésie, natif du Chambon-Feugerolles, est tombé dans le Chaudron à l’âge de 10 ans. Il vient de sortir un livre, « La Vie en Vert », qui donne la part belle aux supporters de l'ASSE et à quelques un de ses plus beaux fleurons d'hier et d'aujourd'hui...

Laurent HESS
Rédacteur
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