Laurent Batlles et Loïc Perrin
Laurent Batlles et Loïc PerrinCredit Photo - Icon Sport
par Laurent HESS
ANALYSE

ASSE - Le rendez-vous de Didier Bigard : « Revenons sur terre avec les Verts »

Didier Bigard évoque le début de saison particulièrement poussif de l'ASSE et la nécessité pour Laurent Batlles d'enregistrer du renfort, notamment en attaque.

Zapping But! Football Club ASSE : La stratégie de Batlles est-elle la bonne ?

Vous l’avez peut-être déjà lu. Avant la Coupe du Monde 1998, Robert Herbin qui reste une référence quand on parle ASSE, avait évoqué la politique suivie par Aimé Jacquet alors objet de toutes les critiques. On lui reprochait de ne pas s’appuyer sur une base nantaise, d’écarter Cantona et on en passe. Du haut de l’Etrat, Roby nous avait d’abord répondu qu’Aimé savait ce qu’il avait à faire avant de lâcher qu’il était important qu’il suive jusqu’au bout la voie qu’il s’était tracée. Les frissons qui ont donné la chair de poule à la France et le un-deux et trois zéro de la finale ont donné raison au sélectionneur et du coup au sphinx, tout en offrant au gaga l’accent de la revanche.

Tout n’est toutefois pas si simple. Si Jacquet a réussi son coup, c’est parce que, par définition de son poste, il a pu choisir les hommes compatibles à sa conception du football et de la vie de groupe. Ce n’est pas toujours le cas, par manque ou au contraire par excès de choix qui s’impose, plus ou moins. Didier Deschamps en fait l’expérience avec la recherche d’un système permettant d’associer Benzema, Mbappé et Griezmann, quitte à renier les principes qui lui ont sourit.

Au PSG, c’est un peu la même chose pour Christophe Galtier avec ses trois stars offensives qui lui font abandonner son 4-4-2, d’autant plus facilement qu’il a aussi trois monstres à associer en défense, Ramos, Marquinhos et Kimpembe. Aller au bout de ses idées, d’accord, mais on peut évoluer aussi, s’adapter aux noms qu’on couche sur la feuille de match.

On a parlé des problèmes de riches. Revenons sur terre avec les Verts. A l’inverse de Deschamps ou Galtier, Laurent Batlles est plutôt un adepte d’une défense à trois avec deux pistons sur les cotés. C’est ce qu’il avait mis en place à Troyes, comme l’a rappelé Jimmy Giraudon lors du point presse avant la réception de Nimes. Après la déconvenue subie à Dijon, les questions avaient beaucoup tourné autour de cette défense déboussolée en Bourgogne. L’ancien Troyen a répété comme l’avait relevé Anthony Briançon la semaine précédente, que ce système demande du travail avant le match pour le mettre en place et pendant pour l’appliquer. Il exige de l’intelligence, de l’adaptation (Briançon) du mouvement, de l’envie (Giraudon) et des efforts. Il exige surtout d’avoir les hommes capables d’afficher toutes ces qualités et sur ce qu’il a vu à Dijon, Batlles a compris en une mi-temps qu’il partait de loin. « Aujourd'hui je fais comme je peux avec les moyens que j'ai » avait-il commenté et Giraudon l’a bien compris « Le coach veut jouer dans un système un peu particulier, l'équipe est encore en chantier et il n’a pas forcément les joueurs pour mettre en place ce qu’il veut». 

 

Dénicher un buteur, un créateur et sans doute deux joueurs de couloir pour éviter de jouer avec la peur

 

Laurent Batlles en a tiré les conclusions et tant pis pour les grands principes. Face à Nîmes il a aligné une défense plus équilibrée malgré l’absence de Briançon mais le problème ne se résume pas à cette ligne qu’elle soit de quatre ou de trois. Il y a eu des mises au placard au retour de Dijon, il y en aurait sans doute d’autres si l’entraîneur des Verts en avait la possibilité. Mais pour cela, il lui faudra attendre quelques autres recrues, histoire de gommer un peu plus le traumatisme de la saison dernière et ses acteurs qui en ont été surtout de tristes spectateurs. Batlles promet d’employer souvent le mot humilité cette année. Il n’a pas fini donc de répéter qu’il ne suffit pas de revêtir le maillot avec un bel écusson pour que tout se passe bien sur la pelouse. Certains ne l’ont pas encore compris à Saint-Étienne au contraire des jeunes Bordelais si on en juge leur prestation à Rodez. On ne va pas en tirer trop de conclusions mais on est quand même un peu (!) inquiet quand on voit autant de mauvaises passes que samedi à Geoffroy-Guichard, aussi peu de courses pourtant demandées par Batlles, aussi peu de présence dans la surface adverse et paradoxalement des milieux pris dans le dos sur les attaques nîmoises. Bref, il y a du boulot sur le terrain pour revenir dans le même championnat que les autres et en dehors pour dénicher un buteur, un créateur et sans doute deux joueurs de couloir pour éviter de jouer avec la peur.

Didier Bigard 

Pour résumer

Didier Bigard évoque le début de saison particulièrement poussif de l'ASSE et la nécessité pour Laurent Batlles d'enregistrer du renfort, notamment en attaque. "Il y a du boulot sur le terrain pour revenir dans le même championnat que les autres et en dehors pour dénicher un buteur, un créateur et sans doute deux joueurs de couloir pour éviter de jouer avec la peur", estime-t-il.

Laurent HESS
Rédacteur
Laurent HESS
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