ASSE - Le rendez-vous de Didier Bigard : « Vendre le club ou vendre encore des joueurs d'avenir »
Claude PuelCredit Photo - Icon Sport
par Laurent HESS
ANALYSE

ASSE - Le rendez-vous de Didier Bigard : « Vendre le club ou vendre encore des joueurs d'avenir »

C'est cette semaine encore la vente de l'ASSE qu'évoque Didier Bigard dans son rendez-vous hebdomadaire... en espérant que le club forézien ne vende pas encore ses meilleurs jeunes cet été.

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« Comme tous ceux qui sont amenés à parler beaucoup, Bernard Caïazzo est parfois pris en défaut (souvent diront ses détracteurs). Par exemple quand il glisse sur un terrain qu’il ne connaît pas vraiment, voire pas du tout, et affirme dans les colonnes du Progrès que « la gravité du Covid est indiscutablement moindre qu’en avril (2020) » C’était en septembre, juste avant le deuxième confinement et on connaît la suite. Inutile d’y ajouter un commentaire qu’il prendrait pour une leçon qu’il n’entend pas recevoir.

Il s’était déjà aussi un peu, beaucoup, enlisé en expliquant un mois plus tôt « La réalité est qu’aux yeux d’investisseurs comme les milliardaires russes ou anglais de Nice, la région de Saint-Étienne n’a pas la même attractivité que la Riviera ou les vins de Bordeaux ». Certes, dans une lettre ouverte au maire, Gaël Perdriau, il avait tenté de se récupérer « La ville est bien plus belle sur bien des critères que la grande majorité en France. Je n’échangerais Saint-Etienne contre aucune autre ». Mais le mal était fait. Sainté n’est pas attaquée sans un risque de vive réaction. Même nos confrères du Monde en avaient été surpris après un papier sur un habitat jugé vétuste. Le président du Conseil de surveillance avait sans doute perdu une belle occasion de rester discret. Sa cote de parachuté, jamais véritablement intégrée, n’a fait que baisser avant de plonger quand les supporters ont appris son exil dans les Émirats.

Voilà pour la forme qui donne du grain à moudre à Roland Romeyer quand il parle de son ami « Vous le connaissez, Bernard parle beaucoup ». Mais ce qui nous intéresse, c’est plus le fond de l’affirmation selon laquelle l’ASSE serait moins intéressante que d’autres clubs de l’hexagone. Moins que Paris, Bordeaux, Nice, admettons, mais que Toulouse, relégué, Caen au fond du trou ou Lens avant son renouveau? On a le droit de s’interroger comme le faisait Gaël Perdriau, dès l’an dernier « C’est peut-être parce que peu acceptent de payer plus de 50 % des parts en étant minoritaire en droits de vote… ou que la vente de pépites pour en tirer des profits à court terme a nui à la construction d’une grande équipe dans le temps... On peut se demander à quoi a servi l’argent de ces ventes? ». On sait qu’il a remis une charge le mois dernier, sans doute pas convaincu par l’optimisme manifesté en cette même année 2020 par Bernard Caiazzo «Un jour nous trouverons des investisseurs qui connaissent le football et Saint-Étienne » il est vrai qu’il ajoutait alors un bémol « Il n’y a pas d’urgence »...

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« Saint-Etienne c’est plus qu’un club. C’est un élément du patrimoine français »

Qu’en est-il donc vraiment de l’intérêt que suscitent les Verts? Dans Le-Progrès, en août dernier encore, le président alors très présent dans les médias prétendait « Il n’y a pas une semaine où quelqu’un sérieux, ou pas, se renseigne ». Tout et son contraire pour celui qui jouait au Gaulois du Forez dans la même interview « Comme je le disais au président Macron vendredi, Saint-Etienne c’est plus qu’un club. C’est un élément du patrimoine français. Parmi les gros clubs, c’est le seul qui ne soit pas détenu par des capitaux étrangers. Roland et moi nous résistons mais jusqu’à quand ? » Il apportait en fait un élément de réponse à son questionnement en rappelant l’échec des négociations avec Peak 6 « On était très très proche d’aboutir il y a un an. Au dernier moment, ça a buté sur un certain nombre de choses. Nous avons mis fin à la discussion. Et puis la vente de Saliba est venue financièrement régler beaucoup de problèmes ».

Fin septembre, il aurait pu renforcer son raisonnement économique en justifiant de la même façon la vente de Fofana et c’est bien ce qui peut nous inquiéter et du même coup Claude Puel. Régulièrement accusé d’avoir voulu se séparer de ses joueurs cadres alors que c’était la feuille de route fixée par les actionnaires, l’entraîneur formateur risque de voir partir d’autres espoirs du club, avec pour prétexte recevable la baisse des droits télé et les tribunes fermées. On pense à Camara, Moueffek, Gourna. En clair on a peur qu’on nous explique qu’il faut vendre l’avenir à défaut d’avoir soldé le passé. »

Didier BIGARD

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Laurent HESS
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Laurent HESS