ASSE : pourquoi la mayonnaise ne prend toujours pas avec Puel
Claude PuelCredit Photo - Icon Sport
par Laurent HESS
ANALYSE

ASSE : pourquoi la mayonnaise ne prend toujours pas avec Puel

Arrivé à l'ASSE il y a 13 mois, Claude Puel présente pour le moment un bilan très décevant. Analyse.

En 31 matches de L1 depuis son arrivée à l'ASSE, Claude Puel totalise 9 victoires, 5 nuls et 17 défaites. Soit une moyenne d'1,03 point par match. C'est à peine mieux que Ghislain Printant, son prédécesseur, licencié après 8 matches la saison passée avec une moyenne d'1 point par match (2 victoires, 2 nuls, 4 défaites)...

En cas de défaite contre Lille dimanche, Puel passerait sous la barre des 1 point par match. C'est dire si ses débuts sont laborieux. Les stats parlent d'elles-mêmes. L'ASSE totalise 13 défaites en 20 matchs de L1 en 2020 et 0,75 point pris par match. C'est le pire bilan du championnat. Avec 65% de défaites, le club forézien présente même le pire pourcentage des 5 grands championnats européens sur l'année civile !

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Pourtant, tout avait bien commencé

Pourtant, tout avait bien commencé pour Puel avec une victoire dans le derby face à Lyon (1-0), deux jours après sa prise de fonctions, et une série de 9 matches sans défaite. Mais l'ASSE a ensuite glissé dangereusement au classement pour terminer l'exercice 2019-20 à la 17e place, avec seulement deux points d'avance sur le barragiste, Nîmes. L'arrêt des compétitions suite à la crise sanitaire, alors qu'elle était en pleine spirale négative, se sera avéré salutaire...

Seule lueur dans la grisaille, une qualification pour la finale de Coupe de France, perdue avec les honneurs en juillet face à Paris (0-1). Un parcours qui aura en partie fait oublier l'affront subi au Parc des Princes en Coupe de la Ligue, avec une lourde défaite (1-6), et l'élimination dès la phase de groupes en Ligue Europa, une compétition où l'ASSE n'aura pas réussi à gagner le moindre match et que Puel sembla négliger.

Plombé par le départ de Fofana et les blessures

Globalement, ses premiers mois sur le banc ont donné l'impression d'un vaste laboratoire avec des changements incessants de compositions d'équipe et de systèmes de jeu. Mais ce laboratoire ne semble pas encore terminé aujourd'hui. Puel jongle toujours autant avec les joueurs comme avec les tactiques, avec des choix plus souvent surprenants que payants.

Dans son projet de rajeunissement « pour développer des actifs », selon ses termes, le manager de l'ASSE, afin d'alléger la masse salariale et de faire de la place aux jeunes, n'a pas voulu retenir Loïc Perrin, en fin de contrat. Il n'a pas hésité à pousser vers la sortie la plupart des gros salaires (Ruffier, M'Vila, Khazri, Boudebouz, Trauco, Silva), au rendement jugé insuffisant, et d'autres joueurs (Beric, Diony, Palencia, Honorat, Vagner, Gueye). Mais tous ne sont pas partis et des tensions sont apparues, forcément. Y compris entre Puel et sa direction, qui l'a obligé à transférer Wesley Fofana à Leicester lors des dernières heures du Mercato, afin de renflouer les caisses. Un coup dur porté au projet du Castrais.

Aujourd'hui, il est loin, très loin des attentes

Alors que l'ASSE avait remporté ses trois premiers matches de championnat et pris un point à Nantes, depuis le départ de Fofana elle reste sur une piteuse série de 7 défaites. Un vrai naufrage. Egalement plombés par les blessures, celle d'Yvann Maçon en particulier après son gros début de saison, les Verts avaient affiché certains progrès à Lyon (1-2), malgré la défaite, mais la gifle subie samedi dernier à Brest (1-4) est venue mettre à nouveau en lumière ses lacunes. Et elles sont nombreuses, terribles, béantes. Avec ses 200 000 € par mois, Puel est l'entraîneur le mieux payé de l'histoire de l'ASSE.

Plus qu'un entraîneur, il en est le manager, il siège au conseil d'administration, il a imposé deux hommes à lui à des postes clé : Xavier Thuilot comme directeur général et Jean-Luc Buisine à la tête de la cellule de recrutement. Mais malgré de jolis coups sur le marché des transferts, à moindre coût (Maçon, Neyou), 13 mois après son arrivée, la mayonnaise tarde à prendre. Elle est même de plus en plus indigeste...