ASSE : Puel, ce qu'on peut vraiment lui reprocher
Claude PuelCredit Photo - Icon Sport
par Laurent HESS
CRISE

ASSE : Puel, ce qu'on peut vraiment lui reprocher

Montré du doigt par les supporters, Claude Puel a sa part de responsabilités dans les résultats catastrophiques de l'ASSE. Eclairage, en 10 griefs...

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Ses résultats

L'ASSE avait terminé 17e en 2019-20, puis 11e la saison dernière en ayant longtemps flirté avec la zone rouge. Et elle est 20e après 8 journées cette saison, sans aucune victoire. Avec 1,08 point de moyenne, Claude Puel est le pire coach de l'histoire de l'ASSE en termes de résultats, lui qui dispose du plus gros salaire de l'histoire pour un coach des Verts avec 225 000 € par mois.

L'absence de fond de jeu, ses changements incessants

Depuis que Puel a pris les commandes de l'ASSE, il tâtonne énormément. L'équipe n'a toujours pas de schéma de jeu bien établi. Souvent, elle change de dispositif d'un match à l'autre, voire en cours de match. Cela a encore été le cas samedi dernier face à Nice (0-3), Puel passant d'une défense à trois à une défense à quatre à la demi-heure de (non) jeu, après l'entame catastrophique de ses joueurs, perdus sur le terrain. Un manque de fond de jeu qui se traduit notamment par un parcours indigeste à domicile, où l'ASSE n'a remporté que 5 de ses 22 derniers matches.

Des joueurs pas à leur poste

C'est une spécialité maison : Puel fait souvent évoluer des joueurs à un poste qui n'est pas le leur. Cela avait notamment été le cas de Zaydou Youssouf, ailier droit pendant un bon mois la saison dernière, à son retour de blessure. Et contre Bordeaux (1-3), il y a deux semaines, l'ASSE a évolué avec Denis Bouanga en piston droit, Timothée Kolodziejczak en piston gauche et Lucas Gourna en défense centrale. Pour mettre les joueurs en difficulté, on ne s'y prendrait pas autrement...

Son management, des jeunes qui ne progressent pas

Puel, qui a fêté ses 60 ans en septembre, est un homme de peu de paroles avec ses joueurs. Depuis son arrivée, il parle notamment peu aux joueurs expérimentés, préférant conseiller les jeunes joueurs afin de les développer. Or, difficile de voir ceux-ci progresser, pour la plupart. Quant aux « anciens », beaucoup sont partis, et ceux qui sont restés ont tous été écartés à un moment ou à un autre. Pas vraiment l'idéal pour la cohésion d'ensemble...

Les départs de Beric, Perrin et Ruffier

Dès son arrivée, Puel devait alléger la masse salariale. Mais certains départs ont été mal ressentis. Celui de Robert Beric notamment, alors que le Slovène, très apprécié de ses coéquipiers, avait déployé le tapis rouge à Puel en lui offrant la victoire contre Lyon (1-0) pour son premier match sur le banc des Verts. Le groupe n'a pas bien acueilli non plus le départ de Loïc Perrin, son, capitaine emblématique, qui avait pourtant confié son envie de prolonger. Et le traitement réservé à Stéphane Ruffier, poussé vers la sortie manu militari, n'a pas été non plus du goût de tout le monde dans le vestiaire vert.

Le départ de Debuchy, la prolongation tardive d'Hamouma

Cette intersaison, Puel n'a pas jugé utile de prolonger son capitaine Mathieu Debuchy, pourtant exemplaire. Et il a prolongé très tardivement Romain Hamouma, empêchant l'attaquant de prendre part à la préparation, ce qu'il paye aujourd'hui.

La gestion de Maçon

Yvann Maçon, touché à un mollet, ne disputera pas le derby. Avec sa blessure, on peut s'interroger sur la gestion du retour sur les terrains de l'ancien dunkerquois, qui a enchaîné et enchaîné après son opération des croisés jusqu'à se « péter », assez logiquement. Et cela faute d'une doublure digne de ce nom à son poste, où Puel n'a pas jugé utile de prolonger Debuchy, lui qui voyait Alpha Sissoko, puis Bryan Nokoué, être capables de faire le taf. Avant de se désavouer, à la lecture de ses choix, depuis que Maçon est sur le flanc...

La Gambardella à la trappe

Selon les idées reçues, Puel s'appuie sur la génération qui a remporté la Coupe Gambardella il y a deux ans. Mais ce n'est pas le cas dans les faits. Aucun des « héros » de la Gambardella n'est titulaire à l'ASSE aujourd'hui. William Saliba et Wesley Fofana ont été sacrifiés pour combler les dettes du club. Charles Abi a été prêté à Guingamp et Tyrone Tormin a été vendu à Niort. Stefan Bajic n'est que la doublure d'Etienne Green, n°3 de Razik Nedder dans la hiérarchie des gardiens il y a deux ans. Aimen Moueffek va revenir de blessure. Quant à Maxence Rivera, il a disparu de la circulation, comme Bilal Benkhedim, placardisé. Sans oublier Baptiste Gabard, Victor Petit ou encore Abdoulaye Sidibé, toujours en réserve.

 

Son recrutement

Puel avance souvent la faiblesse des moyens mis à sa diposition depuis son arrivée. S'il a dû composer avec des enveloppes très limitées, le manager des Verts avait tout de même mis le paquet, soit 4 M€, en prime à la signature, pour attirer Adil Aouchiche, « pépite » très décevante. Autres « flops » : Panagiotis Retsos et Anthony Modeste. Jean-Philippe Krasso, lui, ne s'impose pas. Yvann Maçon et Yvan Neyou sont à mettre dans la catégorie des jolis coups à moindres coûts, mais le latéral est freiné par les blessures et le Camerounais, « chouchou » de Puel, est en nette perte de vitesse, rentré dans le rang après ses débuts flamboyants.

 

L'intégration de Ramirez

Recruté à dix minutes de la fin du Mercato, cet été, sur l'insistance de Bernard Caiazzo, Ignacio Ramirez n'est pas entré en jeu lors de la défaite à Monaco (1-3) et il n'a joué que le dernier quart d'heure contre Nice (0-3). L'attaquant uruguayen avait été sevré de ballons lors de ses débuts à Montpellier (0-2) et lors de sa première titularisation contre Bordeaux (1-2). Son temps de jeu interpelle. Pour le mettre en confiance, n'y avait-il pas mieux à faire ?

Pour résumer

Montré du doigt par les supporters, Claude Puel a sa part de responsabilités dans les résultats catastrophiques de l'ASSE. Eclairage, en 10 griefs, des "erreurs" du Castrais, sur un siège éjectable avant la venue de Lyon ce dimanche.

Laurent HESS
Rédacteur
Laurent HESS