Jean-François Soucasse, ici avec Olivier Sadran à son époque toulousaineCredit Photo - Icon Sport
par Laurent HESS
LES VERTS DANS LE ROUGE

ASSE : Soucasse, durs durs ses 16 mois de gouvernance !

En place depuis juillet 2021, le président exécutif de l'ASSE présente pour l'heure un bilan marqué par la relégation en L2, des choix stratégiques infructueux, de gros soucis avec les Ultras et une communication désastreuse...

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Arrivé à l'ASSE en janvier 2021 pour remplacer Xavier Thuilot, Jean-François Soucasse avait hérité du poste de président exécutif du club six mois plus tard, en juillet, Roland Romeyer ayant décidé de prendre du recul après une saison éprouvante, finalement conclue par un maintien et une 11e place. De retour dans le Forez après avoir porté le maillot vert en tant que défenseur dans les années 90, Soucasse (50 ans) avait gagné la confiance du duo d'actionnaires et rapidement gagné l'estime des salariés de L'Etrat, où il jouit toujours d'une bonne côte aujourd'hui même si les salariés s'inquiètent et s'interrogent de plus en plus. Mais un constat s'impose : son bilan depuis qu'il a pris les rênes du club n'est pas fameux.

 

Pas simple de gérer à la fois les actionnaires, les Ultras, les instances et la communication

 

Sa première grande décision a été de licencier Claude Puel après une première partie de saison dernière catastrophique. Une décision envisagée dès le mois de septembre, mais qui n'a été effective qu'en décembre. Alors que la lettre était prête, il avait en effet fallu changer la date plusieurs fois, Puel ayant sauvé sa tête à Metz (1-1), contre Clermont (3-2) et à Troyes (1-0), avant que la sentence ne tombe enfin. Exit le manager général, donc. Se retrouvant avec les coudées franches, Soucasse a été à l'origine de l'arrivée de Pascal Dupraz, qu'il avait connu à Toulouse. A ses côtés, il a également installé Loïc Perrin et Samuel Rustem, et c'est ce triumvirat qui a été notamment en charge du Mercato hivernal. Un Mercato catastrophique, qui n'a pu éviter la relégation du club en L2. Un gros échec, comme l'a été le passage de Dupraz. Un Dupraz que Soucasse, déjà tombé en L2 avec le Téfécé il y a quelques années, n'aura guère soutenu à la fin de son intérim, lui qui ne prend que très peu la parole depuis son intronisation. Il faut dire que les fenêtres pour sortir du bois se font rares chez les Verts, vu les résultats... Sa dernière interview, c'était fin août. « L’ASSE ne se retrouvera pas en difficulté économique parce que nous avons fait le nécessaire. La chute, je veux bien l’incarner, mais notre situation économique est aujourd’hui parfaitement saine. Le club n’a pas besoin de repreneur pour finir la saison », avait-il alors expliqué, dans L'Equipe, après avoir dû réduire le budget de 70 à 35 M€. Pas simple de gérer un club qui ne doit sa survie financière qu'aux grosses ventes de William Saliba et Wesley Fofana en 2019 et 2020. Et pas simple, non plus, de travailler dans un club qui est officiellement en vente depuis un an et demi... S'il n'est pas en charge de la communication des deux actionnaires, gérée en externe par l'agence de Patrick Chène, Soucasse doit composer depuis son arrivée avec eux. Et avec leurs demandes. Le communiqué publié au soir de la relégation annonçant des changements à venir à la tête du club n'était par exemple pas de son propre chef. Mais il l'a validé et cela s'est retourné contre ses auteurs, qui sont passés une nouvelle fois pour des menteurs aux yeux du peuple vert.

 

De plus en plus contesté

 

Les supporters, Soucasse a voulu les associer à sa volonté de changer le logo du club. Une initiative surprenante par son timing, en pleine opération maintien. En impliquant les Ultras au choix du logo, notamment, l'ancien toulousain a cherché à créer avec eux une proximité, avec les Green Angels en particulier. Mais cela n'a pas empêché ces derniers de craquer assez de fumigènes au soir de leurs 30 ans pour que le club soit lourdement sanctionné. Et cela ne les a pas empêchés non plus de participer au chaos contre Auxerre, eux qui avaient été replacés en tribune Henri Point après la suspension du kop sud. Ses relations ambigües avec les Ultras se sont encore retournées contre Soucasse pour le retour du public contre Grenoble avec le fameux « tambours gate », puisqu'il s'est retrouvé coincé entre sa volonté d'apaiser les tensions avec les Magic Fans pour leur retour dans le kop nord et les engagements pris avec les autorités, soucieuses d'appliquer la tolérance zéro après les débordements du printemps. « Romeyer, Caiazzo, Soucasse : ceux à bannir c'est vous », avaient estimé les « MF », cet été, via une banderole déployée lors d'un match amical au Chambon sur Lignon. Une preuve que Soucasse est désormais ciblé, lui aussi. Comme l'est la communication du club, sur laquelle il a repris la main depuis sa décision de se séparer de Philippe Lyonnet, l'automne dernier. Avec comme dernière faute de goût une photo officielle, la semaine dernière, qu'il aurait découverte un peu trop tard. Et qui a provoqué son lot de moqueries, chez les supporters, mais aussi, paraît-il, sa propre colère. Celle d'un président exécutif de plus en plus contesté, et fragilisé.

Pour résumer

En place depuis juillet 2021, le président exécutif de l'ASSE Jean-François Soucasse présente pour l'heure un bilan marqué par la relégation en L2, des choix stratégiques infructueux, de gros soucis avec les Ultras et une communication désastreuse...

Laurent HESS
Rédacteur
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