ASSE : la dette du club a doublé depuis le départ de Galtier !
Bernard Caïazzo et Roland RomeyerCredit Photo - Icon Sport
par Alexandre Corboz
FINANCES

ASSE : la dette du club a doublé depuis le départ de Galtier !

La semaine dernière, la DNCG a publié le rapport individuels des comptes des clubs de Ligue 1 pour la saison 2019-20. Elle permet de mieux comprendre la situation dans laquelle se trouve l'ASSE...

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Il y a deux semaines, l'ASSE a passé sans encombre le cap de la DNCG, présentant même un budget positif pour la 11e année consécutive. Malgré ce signal positif validant « la pertinence du changement de projet sportif initié par Claude Puel », les Verts ne sont pas tirés d'affaires. Loin de là. Et la venue d'un nouvel actionnaire semble vital afin d'éviter à l'AS Saint-Etienne de vivre des lendemains qui déchantent.

En effet, si le club présidé par Bernard Caïazzo et Roland Romeyer est parvenu à convaincre le gendarme financier français de ne prendre « aucune mesure contraignante » sur la présentation du budget 2021-22, c'est grâce aux belles ventes réalisées l'été dernier et aux traites de transferts restants à rentrer dans les caisses. Difficile cependant de sortir de cette politique d'extrême rigueur du fait des incertitudes sanitaires et économiques (droits TV notamment), qui planent sur le football français.

La semaine dernière, la DNCG a rendu publique les comptes d'exploitation des clubs de Ligue 1 et de Ligue 2 à l'issue de la saison 2019-20 (celle du début de la crise du Covid) et certains éléments peuvent inquiéter. Sur la saison 2019-20, l'ASSE a certes fini bénéficiaire de 406 000€ après impôts, générant notamment 113,19 M€ de revenus pour 106,97 M€ de dépenses. On était alors au paroxysme de la stratégie dispendieuse des dirigeants, amorcées sous Jean-Louis Gasset et qui s'était poursuivie avec la qualification pour la Ligue Europa gérée par son remplaçant Ghislain Printant. Saint-Etienne vendrait alors très bien (43,92 M€ de revenus plus 26,8 M€ de créances sur mutation), investissait dans de gros renforts (5,5 M€ déboursés, 5,70 M€ d'honoraires d'agents et 10,30 M€ d'amortissements de transferts) et disposait d'une masse salariale importante (58,05 M€). En revanche, cette politique de prise de risques a creusé le passif du club.

L'endettement total est supérieur à 75 M€

A l'heure où les revenus de droits TV commençaient déjà à baisser (36,9 M€, -12,53% par rapport à l'année précédente) comme ceux du sponsoring (9,44 M€, -50,21%) et de la billetterie (5,35 M€, -14,78%), la dette a, quant à elle, explosé. Entre la dette financière contractée auprès des organismes bancaires (40,25 M€), la dette sur les transferts effectués (10,55 M€) et celles classées dans la catégorie « autres » (25 M€), on dépassait déjà les 75 M€ d'endettement total. A titre comparatif, en juin 2017, au départ de Christophe Galtier, la dette financière du club n'était que de 7,91 M€ avec 5,70 M€ de traites à payer sur les recrues et 22,12 M€ d'endettement « autre ». Elle a donc plus de doublé en l'espace de trois ans...

Dans son jeu d'équilibriste mené en 2020-21, dont les chiffres ne seront dévoilés par la DNCG qu'à l'été 2022, Saint-Etienne peut remercier Leicester et Wesley Fofana, Brest et Franck Honorat ainsi que tous les partants de l'été 2020 d'avoir baissé drastiquement les charges et mis des liquidités dans les rouages. Malgré tout, il ne s'agit que de « perfusions » pour maintenir le club à flots après une année où les revenus TV et billetterie ont plongé. La dette, elle, doit toujours être remboursée... Et c'est bien sur ce point qu'un nouvel actionnaire aux poches pleines est attendu car ni Roland Romeyer ni Bernard Caïazzo ne disposent de la voilure financière pour éponger ce trou.

Les vrais chiffres financiers de l'ASSE

Le dernier rapport de la DNCG permet d'y voir plus clair sur l'état des finances de l'ASSE. Au passif, on notera que la dette du club auprès des organismes bancaires a explosé sur les dernières saisons. Il y a de quoi être inquiet.