ASSE : les 4 freins à l'arrivée d'actionnaires du Golfe à Saint-Etienne
Bernard Caïazzo et Roland Romeyer en discussions avec Jean-Claude BlancCredit Photo - Icon Sport
par Alexandre Corboz
DECRYPTAGE

ASSE : les 4 freins à l'arrivée d'actionnaires du Golfe à Saint-Etienne

La présence de Bernard Caïazzo aux Emirats Arabes Unis pour y rencontrer le Dubaï Sports Council a beaucoup fait parler à l'AS Saint-Etienne. Mais l'arrivée d'un fond étatique est-il possible chez les Verts ? On peut en douter...

Avant que l'on apprenne ce samedi matin par le biais du Progrès que la visite de Bernard Caïazzo à Dubaï avait d'abord pour but d'élargir le réseau de partenariats à l'international, les supporters des Verts s'étaient pris à rêver de l'arrivée d'un nouvel actionnaire permettant au club de redorer son blason. Sur le court terme, on sait que ce ne sera pas le cas. Mais sur le long terme est-ce réellement une option ? Plusieurs freins douchent ce rêve.

L'ASSE cherche plutôt un mécène minoritaire

Lorsqu'un fond étatique débarque dans un club, c'est pour en avoir le contrôle. On l'a vu à Manchester City avec les Emirats justement mais également au PSG avec le Qatar. Or, la recherche du tandem Caïazzo – Romeyer porte davantage sur un partenariat minoritaire. Les dirigeants stéphanois sont à l'écoute d'une personne prête à diluer le pouvoir en place et prendre des décisions collégiales. Avec les investisseurs du Golfe, c'est souvent tout ou rien.

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Trop de retard par rapport au PSG et au Qatar

Si les Emirats, l'Arabie Saoudite ou un autre pays du Golfe venait à débarquer en Ligue 1, ce serait d'abord pour rayonner et donc concurrencer le Qatar avec son PSG. Mais Doha est arrivé en France dès 2011 et a aujourd'hui un gros temps d'avance. Si la Ligue des Champions se refuse toujours à l'Emir Al-Thani, deux des cinq meilleurs joueurs du Monde (Mbappé, Neymar) sont sous contrat à Paris. Pour un concurrent, il faudra investir massivement pour se mettre au niveau. Forcément, cela peut décourager avec le garde-fou du fair-play financier et l'incertitude qui plane actuellement sur le football français avec la défaillance du principal diffuseur Mediapro.

Pas de projets annexes à mener à Saint-Etienne

Quand un investisseur débarque en Ligue 1, c'est souvent avec un projet global à plusieurs échelles. Le Qatar a fait main basse sur le PSG mais est arrivé avec un projet de chaîne TV (beIN Sports) ainsi qu'avec de lourds investissements immobiliers en parallèle dans la Ville Lumière (avec l'hôtelerie de luxe notamment). Paris avait l'attractivité pour ça. Marseille est sous pavillon américain car il s'agit de la deuxième ville de France. Bordeaux s'achète aussi pour le prestige de ses vignobles. Dimitri Rybolovlev est arrivé à Monaco pour le passeport et la fiscalité avantageuse. Qu'est-ce que Saint-Etienne a à offrir au Golfe en dehors de son histoire et de son extraordinaire peuple vert ? Pas grand chose malheureusement. Sainté n'est que la 14e ville de France et il est impossible de mettre dans la corbeille autre chose que la cité du design et le Musée de la mine.

Roland Romeyer trop attaché à certaines valeurs pour accepter

Pour imaginer l'arrivée d'un cheikh avec des « chameaux chargés d'or », il faudrait déjà que les deux actionnaires de la SASP ASSE soient sur la même longueur d'ondes. Entre le « businessman » Caïazzo et le « supporter » Romeyer, il y a malheureusement trop de divergence de vue pour imaginer passer le flambeau à un Etat du Golfe. Là où le premier rêve de voir l'ASSE tout en haut avec des investisseurs étrangers, le second pense encore franco-français et espère davantage voir un supporter des Verts lui succéder. Or des Emirs qui pleurent sur les poteaux carrés de Glasgow en 1976, il n'y en a pas beaucoup...