ASSE – Mercato : Brexit, qu'est-ce que ça va changer pour les Verts ?
Bernard CaïazzoCredit Photo - Icon Sport
par Alexandre Corboz
ENQUÊTE BREXIT

ASSE – Mercato : Brexit, qu'est-ce que ça va changer pour les Verts ?

Si le Brexit et les changements de réglementation n'aura pas forcément un gros impact pour les Verts, l'ASSE peut quand même essayer de tirer profit de la situation. Explications.

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Depuis le 1er janvier dernier, le Brexit a modifié les règles en matière de transferts de joueurs vers l'Angleterre. Une décision qui concerne forcément l'AS Saint-Etienne, septième meilleur vendeur de France vers le Royaume-Uni avec 97 M€ de transferts sur la période 2010-2020. Une manne qui représente d'ailleurs plus d'une fois le budget de fonctionnement des Verts sur la saison 2020-21.

Si l'ASSE a parfois réalisé quelques « one-shot » intéressants vers l'Angleterre (Zokora en 2006, Zouma en 2013, Gradel en 2015), la tendance des grosses mannes anglaises s'est accélérée depuis deux ans avec les ventes de William Saliba à Arsenal en 2019 (30 M€) et celle, spectaculaire, d'un autre enfant de l'Etrat, Wesley Fofana, à Leicester en 2020 (35 M€). Des coups qui forcément aiguisent une forme d'appétit à former pour survivre. Surtout vers la très lucrative Premier League qui a permis à Saint-Etienne de réaliser les trois plus grosses ventes de son histoire.

L'ASSE va pouvoir continuer ses exportations... Et les renforcer

L'ASSE va pouvoir continuer ses exportations... Et les renforcer
Lucas Gourna-Douath, la prochaine grosse vente anglaise à la Fofana ?Credit Photo - Icon Sport

Que les supporters stéphanois se rassurent, le Brexit n'aura pas d'effets secondaires néfastes à court terme... Sauf dans le scénario catastrophe où l'ASSE venait à descendre en Ligue 2. Les règles du permis de travail anglais sont relativement souples. Il suffit qu'un joueur dispute 30% des minutes en Ligue 1 pour être éligible au « GBE », ce fameux permis à 15 points nécessaire pour jouer en Premier League. La grande majorité des joueurs de l'effectif de Claude Puel peut donc toujours rêver d'Angleterre. Même un Wahbi Khazri, qui joue peu à Saint-Etienne, y serait automatiquement éligible du fait de son statut d'international tunisien.

Le Brexit a même quelques effets très positifs concernant les jeunes joueurs. Prenons l'exemple de Lucas Gourna-Douath (17 ans), que l'ASSE a fait passer professionnel très jeune pour mettre fin aux sollicitations étrangères. Aucun club anglais n'aurait pu surenchérir sur Saint-Etienne avant le 5 août 2021... Date de ses 18 ans. Bien évidemment, cela n'aurait pas empêché les Allemands ou les Espagnols de s'intéresser à lui mais le Brexit l'aurait cadenacé face aux offres britanniques, les plus intéressantes économiquement et donc les plus à même de faire tourner la tête du natif de Villeneuve-Saint-Georges.

A terme, l'ASSE pourra donc toujours continuer le projet de formation de Claude Puel visant à faire mûrir des jeunes du cru et les valoriser. Les Anglais pourront toujours, s'ils le souhaitent, continuer à investir sur les Fofana ou Saliba mais avec l'option de les laisser mûrir à Saint-Etienne jusqu'à leurs 22 ou 23 ans afin que ces derniers ne prennent pas les trois places réservées au recrutement de cracks étrangers de moins de 21 ans.

Un virage à prendre pour les plus rusés des « sans le sou » ?

Un virage à prendre pour les plus rusés des « sans le sou » ?
Mohamed Bayo (Clermont), l'archétype de joueur que le Brexit peut amener dans le Forez.Credit Photo - Icon Sport

Autre projet à creuser pour un club « sans le sou » comme l'ASSE : des partenariats « gagnant-gagnant » sur des transferts avec des clubs fortunés britanniques. « Il se peut qu'on assiste à des petits arrangements entre clubs via des agents. Certains clubs anglais pourraient notamment être tenté d'investir quand même sur des joueurs non éligibles au permis de travail avant de les prêter dans la foulé. En France, où les clubs auront besoin de liquidités et de bons joueurs, cela peut être l'occasion de trouver des accords. On s'assure juste que le joueur ciblé joue les minimas de matches pour être éligible au permis de travail », explique notamment Olivier Jarosz, Managing Partner dans la société de consulting indépendante Club Affairs.

Par exemple, l'ASSE – qui a supervisé le meilleur buteur de Ligue 2 Mohamed Bayo (Clermont, 22 ans) – n'aura pas forcément les moyens, avec la crise sanitaire et économique, de payer un transfert à 5-10 M€ pour le faire venir dans le Forez. En revanche, rien n'empêche aujourd'hui les Verts de discuter avec un club anglais intéressé par ce profil. Normalement, une formation de Premier League n'a aucun intérêt à recruter le Franco-guinéen, non éligible au permis de travail. Mais si ce club X est intéressé par Bayo, il peut choisir de le recruter à Clermont dès maintenant (forcément à un prix moindre qu'après une étape intermédiaire en L1) et de le prêter gratuitement à l'ASSE pour un an contre la garantie contractuelle que l'ancien Dunkerquois dispute 30% des minutes en Ligue 1 pour une arrivée en Angleterre à l'horizon 2022 avec un GBE en bonne et dûe forme. Quand on n'a pas de pétrole, il faut trouver des idées. En voilà une...