ASSE – L'oeil de Denis Balbir : « Il n'y a pas de médicament miracle et immédiat »
Wahbi KhazriCredit Photo - Icon Sport
par Alexandre Corboz
OPINION

ASSE – L'oeil de Denis Balbir : « Il n'y a pas de médicament miracle et immédiat »

Chaque lundi, Denis Balbir décrypte l'actualité des Verts et de la L1. Retour sur le triste match nul de l'ASSE à Dijon (0-0).

« Dimanche, l'AS Saint-Etienne n'a pris qu'un point à Dijon (0-0). Même si c'est un point pris à l'extérieur, ce n'est pas suffisant. Les Verts affrontaient un adversaire direct pour le maintien et la victoire était quasiment impérative pour se donner de l'air. Cela fait maintenant dix matches que Saint-Etienne ne gagne plus et la confiance n'est toujours pas revenue.

En Bourgogne, les Verts ont été timides, fébriles... Ils ont aussi manqué leurs rares occasions à l'image de Denis Bouanga dont la tentative a été détournée sur le poteau par Anthony Racciopi. La prestation stéphanoise était trop pauvre pour espérer l'emporter. Heureusement, l'ASSE n'a pas pris de but. Ce deuxième match nul consécutif rentre dans le processus de guérison. Il n'y a pas de médicament miracle et immédiat. Saint-Etienne se redresse à petites doses. On ne peut pas s'en satisfaire mais, vu les circonstances, on est obligé de le faire.

VOIR AUSSI : TOUTE L'ACTUALITÉ DE L'AS SAINT-ETIENNE

« Ce cruel manque d'un buteur chez les Verts »

La pauvreté offensive de l'ASSE m'inquiète un peu. Ce n'est pas un mal nouveau dans le Forez. Le problème date même du départ de Pierre-Emerick Aubameyang, c'est dire... Les Verts manquent cruellement d'un buteur. Ils ne l'ont pas trouvé durant le Mercato, ni après avec l'épisode Mbaye Niang. Aujourd'hui, ce manque est très visible. On a essayé de se dire que Denis Bouanga pouvait être l'homme providentiel. Bouanga est un bon joueur, un international gabonais, mais il n'a jamais été un avant-centre pur. L'an dernier, il était sur un nuage et a bien aidé l'équipe. C'est plus compliqué aujourd'hui. Des joueurs comme Khazri ou Hamouma sont de bons attaquants de Ligue 1 mais ce ne sont pas de vrais finisseurs.

A Saint-Etienne, le discours a été de se dire que Charles Abi devait être le grand buteur attendu. Mais il était couru d'avance que ce ne serait pas possible. Il est trop jeune, trop perfectible encore. Cela ne veut pas dire qu'il est mauvais mais, quand on est Saint-Etienne, on ne peut pas mettre tous ses œufs dans le même panier.

On sait très bien que pour être performant en Ligue 1 il faut un grand gardien, une bonne assise défensive, un milieu de terrain plus que potable et quelqu'un devant qui vous marque à minima entre 10 et 15 buts. Cela fait des mois, presque des années, que Saint-Etienne n'a pas tout ça. Je ne comprends pas que les divers entraîneurs n'aient jamais pu régler ce problème. Le paramètre économique peut s'entendre mais on n'a pas forcément besoin de casser sa tirelire pour faire de jolis coups offensifs. D'autres, qui avaient à une époque moins de moyens que l'ASSE, y sont parvenus. Je pense notamment à Montpellier qui a investi sur Gaëtan Laborde (qui va leur rapporter pas mal avec son transfert attendu vers l'Angleterre), sur Andy Delort...

« Youssouf ? Je ne me vois pas donner des conseils à des staffs dans le milieu depuis 50 ans »

Pour finir sur Saint-Etienne, je voulais revenir sur le débat qui agite les supporters concernant la présence de Zaydou Youssouf à droite. Le staff est là pour regarder la qualité des joueurs. Personnellement, je n'ai pas pour habitude de critiquer des choix tactiques. Même si, en tant qu'observateur, j'ai un avis sur la question, je ne me vois pas donner des conseils à des entraîneurs qui sont dans le milieu depuis 50 ans. Je pense simplement que les meilleurs doivent être sur le terrain. Certains s'adaptent à des postes qui ne sont pas les leurs, d'autres pas. Le principal est d'avoir un bon rendement. Si Zaydou Youssouf est titulaire à chaque match, c'est qu'il a les capacités pour jouer à ce poste ».