ASSE – L’oeil de Denis Balbir : « Il ne faut pas que le dégraissage concerne les jeunes »

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Chaque lundi, Denis Balbir décrypte l’actualité des Verts et de la Ligue 1. Notre consultant a évolué dans sa position concernant le plan dégraissage de l’ASSE souhaité par Claude Puel.

« À son arrivée à l’AS Saint-Etienne, Claude Puel avait eu très vite la sensation que l’effectif était trop conséquent en quantité. Après avoir approfondi le problème – pour lui, il s’en est un – l’idée d’un dégraissage s’est confirmée. Les jeunes qu’il a lancé lui ont donné satisfaction et laisser filer quelques joueurs n’est, sur le fond, pas un mauvais calcul. Financièrement surtout. A condition que le dégraissage ne concerne pas les valeurs montantes mais surtout les gros salaires.

« Laisser filer les gros salaires »

En effet , avoir amené au club des garçons comme Yann Mvila, Mathieu Debuchy, Yohan Cabaye et autres, Saint-Etienne s’est doté de nombreux joueurs d’expérience. Cela a été extrêmement profitable pour arriver à arracher une place en Coupe d’Europe. Le dilemme est que ces joueurs, disposant aujourd’hui de situations contractuelles intéressantes (pour ne pas parler de salaires démesurés au regard de l’équilibre du club), n’ont pas ou plus du tout le même rendement. Ils ont répondu présent une saison. Jean-Louis Gasset est parvenu à tirer le meilleur des Debuchy ou M’Vila mais depuis l’embellie a vécu. Dans ces conditions laisser partir ces joueurs serait logique.

Jean-Louis Gasset avait été nommé coach de l’ASSE avec un impératif de résultats immédiats et pour sauver le club. Claude Puel est là pour construire. Une construction ne peut se faire avec des joueurs trop âgés et trop chers dans leur rapport « qualité – prix ». Au fil des matchs l’idée du staff a pris de l’épaisseur. Elle se comprend : laisser partir de gros salaires, faire monter des jeunes qui sauront écouter et appliquer les consignes du coach… Saint-Etienne n’a que peu de marge pour qualifier les Verts pour l’Europe. C’est peut-être le bon moment. Ne vaut-il pas mieux bâtir dans la patience et la durée que de flamber pour s’écrouler  Le dégraissage permettrait également de dégager des finances pour cibler puis acquérir des joueurs à des postes précis. Un changement nécessaire pour une évolution du jeu et des résultats.

« Beric, une sortie inélectuable »

Parmi les départs possibles, il y a celui de Robert Beric, un véritable amoureux du club. Cette saison, le Slovène a été le héros du derby, il lui a donné une saveur particulière avec ce but de la tête inscrit à la 90e minute. Un remake de ce que Soderlund avait fait avant de disparaître petit à petit … Beric a des circonstances atténuantes. Mal utilisé en début de saison par Ghislain Printant , titulaire à l’extérieur et absent à domicile, jardin où il avait ses habitudes , il n’a pas été mis dans les meilleures conditions pour s’épanouir. L’arrivée de Claude Puel n’a rien changé pour lui si ce n’est assombrir son horizon en vert !

Peu de minutes jouées, pas de but, une transparence qui le pousse vers une sortie inéluctable et triste tellement c’est un crève cœur de voir un joueur  avec un tel amour du maillot et devoir l’enfiler pour s’assoir sur un banc. La raison de son effacement est très simple : pour Claude Puel, Robert Beric est un attaquant inapte au haut niveau depuis sa blessure à Lyon il y a quelques années… Son devoir est donc de lui trouver un club et de tourner la page pour s’attacher les services d’un avant-centre. Et ne me parlez pas de la solution interne que pourrait incarner Khazri ! Pour moi, ça n’en est pas une ! »

Alexandre Corboz

Journaliste à But! depuis 2008