PSG, OL, LOSC, ASSE – L’oeil de Denis Balbir : « Une nouvelle semaine de frustration »

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Chaque vendredi, au lendemain d’une semaine européenne, Denis Balbir analyse l’actualité des clubs français. Si le PSG et l’OL ont apporté du baume au cœur, le bilan reste insuffisant.

« On va commencer par évoquer les deux satisfactions de la semaine avec Paris et Lyon. D’abord le PSG qui a battu Bruges (1-0) et qui s’est qualifié. Les Parisiens ont fait un match moyen face à une équipe belge qui était loin d’être un faire-valoir. Ils ont eu un peu de réussite mais l’essentiel est là : le PSG a fait un 4/4, verra les huitièmes de finale et n’a pas encaissé de but.

C’est un vrai signe fort avant de se rendre à Bernabeu pour y affronter le Real Madrid et de recevoir Galatasaray. Le PSG est bien parti pour remporter sa poule. Maintenant premier ou deuxième, ça ne veut plus dire grand chose. On l’a vu ces dernières saisons. Ne boudons pas notre plaisir de voir ce Paris faire preuve de sérieux et d’efficacité.

« L’OL sur de bons rails pour finir deuxième »

Mardi, l’OL avait dominé Benfica au Groupama Stadium (3-1) et s’était remis dans le sens de la marche après sa défaite au Portugal. Maintenant, comme je l’avais déjà dit lors de la précédente chronique, Lyon n’était pas si mal placé. Même avant l’arrivée de Rudi Garcia et le départ de Sylvinho. Je sais que le coach de l’OL aspire à briller dans cette compétition. C’est aussi pour cela qu’il a accepté le challenge lyonnais.

L’un des grands fantasmes de Rudi Garcia est d’aller le plus loin possible en Ligue des Champions et si possible de la gagner. Je pense que ce sera un doux rêve avec l’OL mais sait-on jamais… En tout cas, Lyon a su être efficace. Les Gones ont proposé du jeu et battu un concurrent direct pour la seconde place. L’OL est sur de bons rails pour aller chercher la seconde place. Ce serait une belle performance à défaut d’être un exploit.

« Plus frustrant pour Rennes que pour le LOSC »

Maintenant, venons-en à ce qui va mal avec nos clubs français. C’est malheureusement le dossier le plus épais. Respectivement battus à Valence (1-4) et à Cluj (0-1), le LOSC et le Stade Rennais sont déjà éliminés de leurs Coupes d’Europe après seulement quatre journées. Pour Lille, on s’y attendait un peu dès le tirage au sort. Le groupe était difficile sur le papier. Cela s’est confirmé. Peut-être que les Dogues auraient pu sortir par une plus grande porte que de prendre un carton à Valence… Maintenant il faut se raccrocher aux quelques points positifs.

Les jeunes ont emmagasiné de l’expérience, ça leur servira à gommer des fautes de naïvetés sur coups de pied arrêtés… Cette élimination n’est pas catastrophique mais elle est triste. Lille avait gagné sa place en Ligue des Champions avec panache. Le départ des meilleurs joueurs a mis un coup d’arrêt à la dynamique. Maintenant Lille va grandir. Je pense que staff comme joueurs auront envie de regoûter à l’Europe l’an prochain.

Pour Rennes, c’est un peu différent. Je ne pense pas que les Bretons aient mal joués ou été en dessous de leur poule. Rennes a été tributaires de soucis d’arbitrage, d’une efficacité en berne, de gardiens en état de grâce… Il y a eu tout le cocktail qui fait que cette équipe ne pouvait pas s’en sortir. Elle était plombée dans les résultats comme au niveau du moral. Je pense qu’il y a de quoi nourrir une vraie frustration. Cette poule, avec Cluj, le Celtic et la Lazio me paraissait abordable. A mon sens, il y avait une vraie possibilité de passer.

« La frustration des Verts doit être énorme »

De possibilité de passer, l’ASSE l’a toujours malgré son 3e nul en quatre matches concédé à Lviv face à Oleksandria (2-2). On parlait de frustration mais celle des Verts doit être énorme. A trois minutes près, Sainté est passé de l’espoir à la difficulté. Non seulement les résultats des autres équipes étaient favorables mais en plus il y a ce scénario avec le 2-0 à la 84e minute et l’égalisation en toute fin de partie. Certains en veulent à Stéphane Ruffier sur sa sortie. Personnellement, je ne l’incrimine pas. Même si sa relance est ratée, il avait sauvé les Verts bien avant dans ce match.

Pour moi, il y a un vrai manque de confiance et un souci collectif. Comment expliquer le fait que l’ASSE a autant reculé ? Ils ont permis aux Ukrainiens d’y croire. Saint-Etienne doit progresser dans son efficacité. Autant défensive qu’offensive. Cette équipe manque de métier. Il y a trop de précipitation, trop de fébrilité… Malgré tout, les Verts restent maîtres de leur destin. Maintenant il faudra gagner les deux matches restants (face à la Gantoise et à Wolfsbourg).

Pour une équipe qui n’en a remporté aucun et qui a concédé deux nuls à domicile, ce sera difficile… Il faudra un autre Saint-Etienne pour continuer l’aventure. C’est là que le public aura son importance. On devra retrouver l’ambiance du Sainté d’il y a quelques saisons qui avait renversé Anderlecht sur la fin grâce à Beric et Nolan Roux.

« On est en train de laisser dépérir notre championnat »

Cette saison, les clubs français en Ligue Europa affichent un bilan catastrophique : 8 matches, 0 victoire. Aucun autre pays – pas même le Luxembourg, le Kazakhstan ou la Hongrie – n’a fait pire en phase de groupe. Cela veut dire une chose : nos deux équipes engagés ne sont – ou n’étaient – pas au niveau. Cela m’inquiète pour la Ligue 1 qui continue de baisser en intensité et en résultats.

On a trop souvent tendance à se cacher derrière l’arbre qu’est le PSG. Le foot français baisse en qualité. On ne peut plus continuer à former autant de bons jeunes pour les laisser partir. On est en train de laisser dépérir notre championnat et l’Europe sert de révélateur pour le montrer… »

Recueilli par Alexandre CORBOZ