ASSE – L’oeil de Denis Balbir : « La Ligue des Champions ? Du sang-froid surtout… »

Notre consultant, Denis Balbir, revient dans cette seconde partie, sur la victoire de l’ASSE, hier face aux Girondins de Bordeaux (3-0), et sur la course effrénée des Verts pour aller chercher le podium en fin de saison.

« Le match d’hier à Geoffroy-Guichard n’a fait que confirmer ce que je pense de cette équipe stéphanoise : elle est étrange. Et ne laisse que peu de certitudes à ceux qui la suivent tout au long de la saison. Contre Bordeaux, on a tout d’abord eu droit à une première période ratée, avec des joueurs maladroits, peu inspirés, presque sans envie.

Alors que le chaudron était plein et que se profilait une possibilité de revenir à trois points de la 3e place. Au retour des vestiaires, ce fut beaucoup mieux avec, certes, un score flatteur au bout du compte, mais au moins avec un collectif bien en place et la volonté d’aller de l’avant.

Bien sûr, la question qui taraude désormais le peuple Vert n’est pas d’essayer de comprendre pourquoi l’équipe de Gasset est inconstante. On veut surtout savoir si il est raisonnable de viser la Ligue des Champions ? Mais pour y faire quoi ? Je vais être honnête : je pense que l’ASSE est à sa place au 4e rang de la L1. Pas à la 3e, du moins pour le moment. Et si je dis ça, c’est surtout parce que je sais que dans ce club, on part vite en vrille. Et que tout ce qui a été fait peut aussi facilement se détruire.

« J’entends beaucoup parler de Ligue des Champions, je me permets juste de rajouter : oui, mais pour quoi faire ? »

J’observe vraiment de bonnes choses depuis quelques semaines, ce qui tend à me rassurer. Le Mercato a déjà débuté, les venues de Moukoudi et de Sissoko, c’est très bien. La non-prolongation de Subotic en sera une également, même si j’apprécie l’homme et le joueur qui a rendu aux Verts pas mal de services. Mais ses récentes prestations montrent clairement qu’il faut préparer l’avenir sans lui. Et quand je parle d’avenir, à court terme, je vois deux priorités : prolonger rapidement Saliba et Kolodziejczak. Car si l’on veut bien préparer la saison prochaine, il ne faut pas attendre le dernier moment. Et faire avec les deux joueurs en question ce que l’ASSE a fait avec Moukoudi.

En réalité, et comme j’entends beaucoup parler de Ligue des Champions, je me permets à chaque fois de rajouter : oui, mais pour quoi faire ? Je ne suis pas en train de dire que ce serait une erreur, qu’il ne faut pas y penser. Pas du tout. Mais je note que l’envie est également décuplée parce que c’est l’OL qui est aujourd’hui à la troisième place. Je note, et je n’oublies surtout pas, que l’ASSE s’était déjà brûlée les ailes lorsque le club avait retrouvé l’Europe avec Laurent Roussey il y a quelques années. S’en était suivie une saison pénible et même une menace de relégation.

« C’est justement pour ce dernier virage, et ce qui peut s’en suivre, que le club, dans son ensemble, doit faire preuve de sang-froid »

Je ne voudrais donc pas que tout explose. Que le dissensions qui peuvent exister en interne, avec notamment un Frédéric Paquet qui ne fait pas l’unanimité, explosent en cas de Ligue des Champions. C’est encore loin d’être fait. Il reste plein de points à prendre et des matches compliqués à jouer au cours des prochaines semaines. C’est justement pour ce dernier virage, et ce qui peut s’en suivre, que le club, dans son ensemble, doit faire preuve de sang-froid. Si tout est bien géré, que le Mercato continue d’être bien travaillé et qu’il y a une vraie unité entre Jean-Louis Gasset et sa direction, tout est possible. Mais, je le répète : attention à ne pas se brûler les ailes. A Sainté, on connaît. »

Recueilli par BD