8 idées reçues sur le Clasico (1/8) : on entend les mouches voler au Camp Nou et au Bernabeu

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Le Clasico, qui devait avoir lieu le 26 octobre, a été reporté à mercredi prochain. Pendant toute cette semaine, Butfootballclub va tordre le coup à quelques idées reçues sur le FC Barcelone et le Real Madrid.

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On ne sait pas d’où ça sort mais, en France, les stades espagnols ont la réputation d’être tristes en termes d’atmosphère. On entend souvent des ultras défendre l’usage de fumigènes, de banderoles moqueuses ou de jets d’objets en disant qu’ils ne veulent pas d’enceintes silencieuses comme en Espagne. Et presque toujours, celles du Real Madrid et du FC Barcelone sont visées.

On peut reconnaître effectivement que dans un match contre une équipe moyenne, le Camp Nou est beaucoup moins bruyant que le Vélodrome ou le Chaudron. Mais, dans les rencontres au sommet, les ambiances des deux pays rivalisent en termes de décibels. Et surtout, si les tribunes ibériques ont été pacifiées depuis vingt ans, elles étaient remplies d’ultras dans les années 80 qui y assuraient une ambiance extrêmement hostile, beaucoup plus que n’importe où en France.

Concernant les gros matches, les passionnés de foot sont invités à assister un jour à un Clasico, quitte à casser leur tirelire. C’est tout simplement phénoménal. L’auteur de ces lignes était au Camp Nou le 20 novembre 2004, quand le Barça avait giflé les Merengue 3-0. Il n’a plus jamais vu autant de haine dans un stade et n’est plus jamais ressorti d’un match avec les oreilles qui sifflaient autant, exception faite d’un Liverpool-Chelsea en demies de C1. Et pourtant, il a fait une vingtaine d’OM-PSG et PSG-OM, des Milan-Juve, des Celtic-Rangers, des Napoli-Juve, des Feyenoord-Ajax, etc.

Chair de poule garantie

En ce temps-là, le bus du Real Madrid encaissait ce qu’endurent ceux du PSG et de l’OL réunis quand ils arrivent au Vélodrome. L’entrée des deux équipes avait été magique. Les Merengue avaient pénétré en premier sur la pelouse, sous les sifflets de 100.000 spectateurs. Phénoménal. Silence, puis les Blaugranas étaient arrivés à leur tour dans le délire que l’on imagine. Enfin, tout le stade avait repris l’hymne du FCB à l’unisson. Chair de poule garantie ! Dans les gros matches, donc, le Bernabeu ou le Camp Nou valent carrément leurs homologues français.

Et puis, si la culture ultra a été mise en sourdine au Real ou au Barça, c’est parce qu’elle était allée trop loin. Dans les années 80, les Ultras Sur au Bernabeu et les Boixos Nois au Camp Nou faisaient régner la terreur. En 1987, la demi-finale aller de la C1 entre le Real et le Bayern s’était déroulée dans une atmosphère intimidante, avec jets de pétards, de billes en métal et autres crachats sur les Allemands de la part d’un public survolté. Dans le France Football qui avait suivi, le journaliste Patrick Urbini, épouvanté par ce qu’il avait vu, avait titré un billet d’humeur « Nous n’irons plus à Chamartin ».

Supporter poignardé

Quant aux Boixos Nois, ils savaient aussi bien mettre l’ambiance dans leur stade que chasser les intrus en dehors. En 1988, un supporter de l’Espanyol avait été poignardé pour avoir approché un peu trop près leur secteur. Les ultras à la sauce espagnole existent et ont sévi avant la plupart de leurs homologues français.

C’est juste qu’à l’instar de ce qu’il se passe au PSG, ils ont été écartés sans ménagement pour faire de la place à un public plus familial, donc plus sage. Mais qui sait toutefois mettre l’ambiance lors des grands soirs !

Raphaël Nouet

Journaliste à But! depuis 2001