ASSE : Son parcours, ses ambitions... Yvann Maçon s'est confié
Yvann MaçonCredit Photo - Icon Sport
par Laurent HESS
INTERVIEW

ASSE : Son parcours, ses ambitions... Yvann Maçon s'est confié

Première recrue de l'ère Claude Puel, Yvann Maçon (21 ans) a fait le grand saut l'hiver dernier en passant de Dunkerque à l'ASSE. Son parcours, ses premiers pas en Vert, ses ambitions, le Guadeloupéen s'est confié à But « Sainté ».

But ! : Yvann, où avez-vous grandi ?

Yvann MACON : En Guadeloupe, à Baie-Mahault. Je suis arrivé en France à 15 ans, à Montpellier. J'avais été repéré par un club de l'Hérault, Castelnau le Crès. J'ai choisi de quitter les Antilles pour intégrer une section Sport Etudes.

L'adaptation n'a pas été trop difficile ?

Les premiers temps si, un peu. Mais c'était Montpellier. Niveau climat, ça va ! Le plus dur, c'était de quitter mes parents, moi qui suis fils unique, et ma famille. Les copains aussi. Mais tout s'est bien passé. En plus, j'étais avec deux copains guadeloupéens. Pour l'intégration, ça nous avait aidés.

Le foot, ça vous est venu comment ?

De mon père. Il jouait. Il était au centre de formation de Bordeaux. Il a joué aux Girondins jusqu'en U19 avant de rentrer aux Antilles à cause des obligations professionnelles de ses parents. C'est lui qui m'a transmis sa passion. J'ai commencé le foot à six ans, à Solidarité Scolaire, un club de Baie-Mahault.

Vous supportiez quelle équipe ?

Manchester United. J'étais un grand fan de Cristiano Ronaldo et à l'époque il jouait là-bas.

C'était votre modèle ?

Oui. Je jouais au milieu en plus.

Et maintenant que vous êtes défenseur, vous avez d'autres modèles ?

Pas vraiment. Mais j'aime bien regarder ce que font les meilleurs joueurs à mon poste, pour apprendre d'eux.

Comment Castelnau le Crès vous avait repéré ?

C'était à un tournoi. Aux Antilles, on affronte tout le temps les mêmes équipes mais une fois par an, on vient faire un tournoi en France. Ça permet de s'ouvrir un peu. Moi, j'avais intégré le Pôle Espoirs. Avec la sélection, on avait participé à la Coupe Nationale à Clairefontaine. Ça s'était bien passé : on avait gagné deux matches avant de se faire éliminer par la sélection Ile-de-France. Il y avait Arnaud Nordin en face, et Kylian Mbappé. Ces tournois nous permettaient de nous confronter à de très bons joueurs. On avait une belle équipe. On avait remporté un tournoi en Guyane et on avait bien figuré à un tournoi chez nous, en Guadeloupe, où il y avait de grosses équipes européennes comme Dortmund, Schalke, le PSG. L'ASSE aussi.

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« Une opportunité comme celle-là, il ne fallait pas la laisser passer ! C'était peut-être égoïste, mais à Dunkerque, je crois que tout le monde a bien compris que je ne pouvais pas refuser ça. »

Vous comptez 3 buts en 3 matches avec les U20 de la Guadeloupe d'après votre profil Wikipedia...

C'est bien ça. C'était lors d'un tournoi CONCACAF. J'avais joué plus haut.

Comment êtes-vous passé de Castlenau le Crès à Dunkerque ?

J'ai été repéré. On m'a fait passer une journée de tests et j'ai été pris.

Dunkerque, ce n'est pas le climat montpelliérain et encore moins celui des Antilles !

(Il sourit) ça ne me dérangeait pas de traverser toute la France, c'était pour la bonne cause ! Et puis ici, que ce soit dans le Nord ou dans le Sud, il fera toujours moins beau qu'en Guadeloupe.

Comment s'est passé votre expérience dunkerquoise ?

Très bien. Je suis resté deux ans et demi là-bas. La première année, j'ai fait quelques apparitions en National sur la fin mais j'ai eu un souci physique. J'ai dû rester six mois sans jouer, à me soigner. Ça m'a freiné. Mais tout est rentré dans l'ordre l'été dernier. J'ai réintégré le groupe et ça s'est super bien passé. On a fait une super première partie de saison et c'est là que Saint-Etienne m'a contacté.

Comment avez-vous appris l'intérêt de l'ASSE ?

Par mon agent. Il a commencé à m'en parler pendant les Fêtes. Il m'a dit que Saint-Etienne me regardait. Et en janvier ça s'est accéléré. Avec tout ce qui s'était passé, ma blessure, c'était assez incroyable. Je faisais un bon début de saison et l'équipe faisait un bon parcours. Je me disais que ça ne passerait peut-être pas inaperçu, que je serais peut-être récompensé. Mais je ne pensais pas que ça allait venir si vite.

Claude Robin, votre coach à Dunkerque, a-t-il joué un rôle important pour vous ?

Bien-sûr. Un rôle très important même. Il m'a fait confiance. Et c'est lui qui m'a repositionné. Au début, je ne comprenais pas. Je pensais que c'était pour dépanner mais en fait non, il m'a laissé derrière. Il m'a expliqué que par rapport à mes caractéristiques, avec mon explosivité, c'était le poste qui correspondait le mieux pour moi. Avec le recul, je me dis qu'il avait raison. Je me suis vite adapté. J'ai vite pris du plaisir à jouer sur le côté.

Dunkerque était leader du National. Quand l'ASSE est venue vous chercher, n'avez-vous pas un peu hésité ?

Honnêtement non. Une opportunité comme celle-là, il ne fallait pas la laisser passer ! C'était peut-être égoïste, mais à Dunkerque, je crois que tout le monde a bien compris que je ne pouvais pas refuser ça. J'ai des potes là-bas. Je suis très content de la montée du club en L2 et je suis leur parcours. En plus, ils ont bien débuté avec une victoire à Toulouse, un nul contre Clermont. Je sais qu'eux aussi me suivent et qu'ils sont contents de ce qui m'arrive.

Quel contrat aviez-vous à Dunkerque ?

Un contrat Fédéral. Je n'étais pas vraiment pro.