FC Nantes : la MLS, son avenir… Fernando Aristeguieta clame ses ambitions

Fernando Aristeguieta est de retour à Nantes après une saison passée de l’autre côté de l’Atlantique, dans le club de Philadelphie pour qui il a disputé 21 matches de MLS (Major League Soccer) et inscrit 5 buts.

But! Nantes : Fernando, que retenez-vous de votre passage dans le club de Philadelphie, aux Etats-Unis ?
Fernando ARISTEGUIETA : Cela a été une expérience très positive pour moi. Ça a été une chance dans ma vie, j’en avais besoin. Je suis une nouvelle personne.

Qu’est-ce qui vous a plu dans la ville de Philadelphie ?
C’est une ville très intéressante. Il y a beaucoup de contraste entre les choses très vieilles et neuves. Les habitants y sont très sympas. Quand tu sors dans la rue, presque tout le monde essaye d’entamer la discussion avec toi.

Sur le plan footballistique, vous avez joué plutôt beaucoup au début et un peu moins par la suite…
Oui, et ça a été un peu difficile. Au début, j’ai joué beaucoup, en effet. Ensuite, j’ai rejoint la sélection du Vénézuéla car je figurais dans une première liste de 30 joueurs pour la Copa America mais je n’ai finalement pas été retenu. A mon retour à Philadelphie, je me suis blessé pour deux mois et, du coup, c’est devenu plus difficile. Pendant mon absence, mon remplaçant en attaque a marqué de nombreux buts… Mais ça a quand même été une expérience très positive. Nous avions un peu bon groupe. J’ai apprécié.

Vous ne pouviez pas rester là-bas ?
Ce n’est pas encore fermé, il y a une option. Mais aujourd’hui, mon premier objectif reste le FC Nantes. Les deux clubs sont en conversation mais la première option d’achat n’a pas été levée au 1er décembre. Je vais étudier les offres.

Mais vous souhaiteriez y retourner ?
Je ne suis pas fermé à cette option. J’ai beaucoup apprécié cette année aux Etats-Unis. D’autres clubs américains s’intéressent à moi d’ailleurs. Mes agents discutent. Mais mon objectif principal c’est quand même de rester ici, à Nantes.

“J’ai beaucoup apprécié cette année aux Etats-Unis. D’autres clubs américains s’intéressent à moi d’ailleurs. Mes agents discutent. Mais mon objectif principal est quand même de rester ici, à Nantes.”

Quelle est l’ambiance là-bas ?
C’est complètement différent. Il y a le football à la télévision, les gens vont au stade en famille, pour un spectacle. Ce n’est pas la même ferveur. C’est très respectueux. Il n’y a pas de pression car il n’y a pas de relégation. Que tu gagnes ou que tu perdes, ça revient quasiment au même. Ce n’est pas la même pression qu’ici, en France, ou au Vénézuéla où il y a les supporters et la presse.

Quel est le niveau ?
Il est bon mais c’est totalement différent. C’est un football moins tactique, très vertical, avec beaucoup d’allers et retours sur le terrain. Les équipes attaquent très vite. Du coup, il y a beaucoup d’occasions par match. Il y a de très bons joueurs qui pourraient évoluer en Ligue 1 en France et d’autres de niveau Ligue 2. Il y a énormément de différences entre les joueurs. Il n’y a pas vraiment de cohérence.

Vous avez progressé ?
Oui, et pas seulement comme footballeur mais aussi comme homme. Je connais un nouveau pays, une autre culture, une autre manière de travailler, une autre façon de vivre. Ça fait grandir !
N’avez-vous pas eu peur, en allant à Philadelphie, de vous faire complètement oublier en France, voire en Europe ?
Il y avait peut-être un risque mais je pense quand même que ça a changé car l’image de la MLS a évolué. Les gens n’ont plus la même opinion. C’est une ligue qui progresse. Je ne pense pas que ce sera un frein si je veux retrouver un nouveau club.

“Je pense être un meilleur joueur, une meilleure personne que quand je suis arrivé ici il y a trois ans. Il y a de nouveaux attaquants, de bons joueurs mais je pense qu’en travaillant, je peux m’imposer au FCN.”

David Beckham milite pour annuler le salary cap en MLS pour attirer plus de grands joueurs : êtes-vous d’accord avec ça ?
Oui, et je pense que c’est nécessaire. Il veut surtout des garanties pour les propriétaires des franchises. A mon avis, la MLS peut progresser vite mais il faut que ça soit cohérent.

Avant de partir là-bas, en aviez-vous discuté avec Alejandro Bedoya ?
Oui, bien sûr. Lui n’a jamais joué en MLS mais beaucoup de ses partenaires en sélection y jouent. J’en ai discuté avec lui et ça a été très important avant de prendre ma décision.

Pensez-vous avoir un avenir à Nantes ?
Oui, je pense que je suis un meilleur joueur, une meilleure personne que quand je suis arrivé ici il y a trois ans. A l’époque, il y avait beaucoup de concurrence avec Filip (ndlr : Djordjevic), Serge (Gakpé) ou encore Fabrice (Pancrate). Malgré cela, j’ai quand même joué et marqué des buts. Maintenant, il y a de nouveaux attaquants, de bons joueurs mais je pense qu’en travaillant, je peux m’imposer ici. Je vais discuter avec le coach et prendre ma décision mais je peux avoir une chance.

Kolbeinn Sigthorsson et Emiliano Sala ont le même profil que vous…
Oui, même Yacine (ndlr : Bammou) a un profil similaire. Mais avec Fabrice et Filip, c’était un peu la même chose et j’ai quand même réussi à jouer à cette époque-là.

Début décembre, Michel Der Zakarian a déclaré qu’il ne comptait pas sur vous !
Je n’ai pas encore discuté de cela avec lui, mais si c’est le cas, j’étudierai d’autres options. Pour l’instant, je me prépare physiquement pour l’année prochaine car je reviens tout juste d’un mois de vacances au Venezuela.

Propos recueillis par Charles GUYARD

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