OL – AS Monaco (3-2) : du kif mais des maux récurrents, c’est ça le Lyon de Genesio !

Au terme d’un match épique où il a mené deux fois au score avant de se faire rejoindre, l’OL s’est finalement imposé au bout du suspense face à l’AS Monaco (3-2) ce vendredi soir au Groupama Stadium. Une victoire qui ne doit pas faire oublier les difficultés rhodanienne mais qui offre un vrai bol d’air. Analyse.

“300 LED : pas une lumière pour éclairer le jeu”, “Médiocrité récurrente, autosatisfaction permanente. C’est devenu ça, l’OL ?”... Autant le dire franchement, on a eu du mal à comprendre les banderoles du Virage Sud et on les trouve excessivement sévères. En tout cas, sur les 45 premières minutes au moment où celles-ci ont fleuri. Le problème de l’OL n’est pas de produire du jeu, sur bons nombre de ses derniers matches sans victoire (Bordeaux, Dijon, Atalanta, Angers), l’OL a eu de vraies belles séquences offensives. Cette équipe se procure des occasions, sollicite le portier adverse, est offensive par période là où d’autres de “son” championnat (ASSE, Nantes, etc.) sont minimalistes. Non, le problème de Lyon tient en un mot “équilibre”.

Un vrai problème d’équilibre dans cette équipe

Souvent, on prête ironiquement à Bruno Genesio, le surnom de “Pep” mais ce n’est pas Guardiola le modèle… Plutôt Marcelo Bielsa. Son équipe sait être inspirée offensivement mais son assise défensive en est parfois caricaturale et risible. Ce fut le cas lors du premier but où l’alignement de Ferland Mendy est douteux. Ce fut aussi le cas sur le second but où tout le monde défend à 5 mètres de l’action. Ce fut encore le cas sur bon nombre de coups de pied arrêtés où le marquage n’est pas assuré et sur certaines phases de grandes paniques devant le but d’un Anthony Lopes parfois capable de se mettre seul en danger.  

Non, Bruno Genesio n’est pas le seul fautif !

Alors, à qui la faute ? Au coach, accusé de tous les maux par tout le monde (et ce quasiment depuis son intronisation) ? Aux joueurs, ne respectant pas forcément les consignes et minant l’équipe par des erreurs individuelles ? A Claudio Caçapa, entraîneur des défenseurs, qui s’arracherait les cheveux (s’il en avait), des errements de sa ligne défensive qu’il analyse, vidéo à l’appui, depuis la tribune de presse ? A Florian Maurice, responsable du recrutement, qui n’a proposé comme “matériel” cet été que des latéraux aux véléités d’ailiers mais au repli défensif douteux ? A Jean-Michel Aulas, dont le discours et le déni des problèmes, n’est peut-être pas adapté à la situation ? Sans doute un peu à tout ce beau monde…

Devant, c’est quand même plaisant à regarder

Ce vendredi soir, avant la grande effusion de joie des dernières minutes et le clapping sous les “Ahou” suite au coup-franc victorieux de Nabil Fekir (auteur d’un doublé), on a vu les deux visages de l’OL. Une équipe capable par son talent (et quelques séquences de jeu) de faire se lever les foules, avec un Mariano Diaz qui se bat comme un chien et touche du bois (1 but, 2 poteaux contre l’ASM et un duel perdu face à Danijel Subasic), un Nabil Fekir dont la lumière vient souvent, un Bertrand Traoré, capable de certains gestes de classe (encore trop rares vu son potentiel) ou encore d’un Tanguy Ndombele dont on ne peut s’empêcher de penser qu’il y a un avenir pour lui en équipe de France d’ici quelques mois. Mais ce Lyon est également diablement inconstant, capable de sortir du match pendant 20 minutes en seconde période ou de concéder des buts venus de nulle part. Au final, c’est une victoire précieuse et largement fêtée dans l’écrin de Décines mais il est néanmoins urgent que cette équipe trouve le moyen de nous éviter des montagnes russes émotionnelles…

Alexandre CORBOZ, au Groupama Stadium.