par La rédaction

Troyes - Furlan : "N'Sakala ne partira pas"

L’entraîneur de l’ESTAC fait le point sur le Mercato aubois.

But ! Football club : Jean-Marc, qu’attendez-vous encore du Mercato ?

Jean-Marc Furlan : Il nous faut un effectif plus riche tout en gardant quand même un esprit club et en surfant sur la dynamique de montée. On cherche encore quelqu’un derrière et au moins un joueur offensif. On sait que 80% de la saison se joue entre le mois de juillet et la fin du Mercato le 4 septembre. Du président à la cellule de recrutement, nous sommes tous d’accord : on est dans une stratégie d’attente qui correspond aux moyens que nous avons actuellement. Cela voudra dire qu’on ne sera surement pas au top au début du championnat mais bon…

Le départ de Sidibé sera-t-il compensé ?

Oui. J’ai souhaité le remplacer car nous n’avons pas de jeunes au centre de formation pour prendre sa suite et je ne dispose que de Julien Faussurier comme seul latéral droit d’expérience. On a aussi Florian Jarjat qui peut occuper ce poste mais il est plus à l’aise à gauche. Pour l’instant, nous n’avons pas trouvé le joueur que nous voulions à ce poste.

Ce ne sera donc pas Hengbart (Auxerre) ?

Nous avons tenté de le faire venir car on nous avait dit qu’Auxerre pourrait le libérer totalement. Sans contrainte financière. Or ce n’est pas le cas ! Comme nous n’avons pas les moyens de dépenser de l’argent en transfert, on a dû renoncer. Nous cherchons des prêts ou des joueurs libres.

Justement, on a beaucoup parlé de prêt d’un attaquant (Samassa, Yattara, Bahebeck). Est-ce vraiment d’actualité ?

Oui. Nous savons que nous sommes trop justes offensivement pour tenir une saison complète. Actuellement nous avons un effectif de 22-23 joueurs dont beaucoup de jeunes qui ne connaissent pas la Ligue 1. On sait que sur une saison, il nous arrive d’avoir 2-3 joueurs à l’infirmerie en permanence. Si on ajoute les jeunes, ça ne fait qu’une quinzaine de joueurs confirmés. C’est trop peu…

Le départ de Sidibé ferme-t-il la porte à Fabrice N’Sakala ?

Oui. Le président décide et il a été très clair là-dessus. Si on vendait l’un des deux à bon prix, on conserverait l’autre. C’est ce qu’il s’est passé ! Pour l’entraîneur que je suis, voir partir les deux aurait été compliqué. Déjà devoir se passer de Djibril Sidibé, c’est un coup dur ! Mais il faut aussi se rendre compte d’une réalité. Avant, on faisait des efforts pour se maintenir. Aujourd’hui, on cherche à se sauver mais on pense aussi à ne pas se mettre dans le dur économiquement. Le sportif passe au second plan. Quand les présidents voient les mésaventures de Lens, du Mans ou de Metz, je peux vous dire que ça les fait flipper. Ils commencent à se dire qu’il vaut mieux être en Ligue 2 et ne pas avoir de dettes que de se sauver en se mettant en danger.

Est-ce la première fois où vous voyez un marché aussi fermé ?

Oui. Mais ce n’est pas difficile à expliquer. D’abord, il y a une crise économique sans précédent. Les présidents en tête d’entreprises savent qu’il y a un vrai danger de mourir économiquement. Ils se disent : « tant pis, j’aurais une équipe moyenne sportivement mais  il faut que je m’en sorte ». Il n’y a jamais eu autant de joueurs au chômage, d’agents qui nous téléphonent… Personnellement, je n’avais jamais connu ça. Comme je n’avais jamais vu des joueurs diviser leurs émoluments par deux ou par trois. Aujourd’hui, c’est un phénomène normal. Et encore la France est l’un des pays les moins touchés… Il faudra vraiment qu’il y ait une passion exacerbé en Espagne ou en Italie sinon on risque de voir disparaître certains clubs. La conjecture a beaucoup changée et la pression du résultat sur les entraîneurs est beaucoup moins forte qu’il y a quatre ou cinq ans.

Propos recueillis par A.C