ASSE – OM : 7 ans de malheur marseillais dans le Chaudron

Depuis un succès 3-0 le 19 décembre 2009, l’Olympique de Marseille est souvent reparti bredouille du Chaudron en championnat. Depuis qu’il s’est assis sur le banc stéphanois, Christophe Galtier est d’ailleurs invaincu à “GG” en L1 face au club de sa ville natale !

A.S.S.E. 0-0 OM : 19 décembre 2009

Christophe Galtier vient tout juste de s’assoir sur le banc des Verts que l’attend l’un des matches les plus attendus de la saison, le classique contre l’OM. Un OM qui remportera six mois plus tard son neuvième titre de champion de France. Mais à deux jours du début de l’hiver, les hommes de Didier Deschamps ne sont pas au mieux. Largués par Bordeaux en L1, ils ont également quitté tête basse la Ligue des champions. Alors, au moment de croiser le fer avec l’A.S.S.E. à Geoffroy-Guichard, la tactique est simple : tous derrière. Et les Verts, qui ont également besoin de se rassurer, choisissent aussi cette option. Quatre-vingt dix minutes d’ennui se concluent fort logiquement par un terne 0-0. A la fin de la saison, les deux entraîneurs amis atteindront leurs buts : le maintien pour Galtier, des trophées pour Deschamps.

A.S.S.E. 1-1 OM : 2 octobre 2010

A cette époque-là, l’irrésistible leader a pour nom Saint-Etienne. Une semaine plus tôt, les Verts ont remporté le 100e derby de l’histoire à Gerland au terme d’un véritable hold-up. Qu’importe, ce sont eux qui trônent tout en haut du classement de L1 après sept journées avec seize unités au compteur. Les Phocéens, eux, sont 5es après avoir débuté par deux revers. Dans un Chaudron incandescent, la maîtrise est stéphanoise mais ce sont les hommes de Didier Deschamps qui ouvrent le score sur une merveille d’ouverture de Lucho Gonzalez qu’André-Pierre Gignac reprend de volée. Geoffroy-Guichard se remet rapidement de cette douche froide et continue de pousser les siens. La récompense intervient à l’heure de jeu sur une reprise à bout portant de Laurent Batlles. L’écho de ce but se fait encore entendre ! En dépit de grosses occasions par la suite, l’A.S.S.E. ne parviendra pas à arracher les trois points.

A.S.S.E. 0-0 OM : 7 mai 2012

Un match joué un lundi dans un Chaudron en chantier et face à un adversaire en crise. Didier Deschamps vit sa troisième et dernière saison à l’Olympique de Marseille. Son conflit avec le directeur sportif, José Anigo, a pourri le climat au sein du vestiaire qui, à partir de janvier, a lâché. Les Phocéens ont aligné douze défaites toutes compétitions confondues dont certaines très humiliantes (élimination face à Quevilly en Coupe de France…). Ils ont sauvé la face en remportant la Coupe de la Ligue au bout de l’ennui face à Lyon (1-0) et favorisé la victoire finale de Montpellier en championnat au détriment du PSG en laissant les Héraultais s’imposer au Vélodrome (1-3). Ce déplacement dans le Forez pour l’antépénultième journée ne revêt aucun intérêt pour eux et cela se sent : pas de jeu, zéro tir cadré, du béton à tout-va.

A.S.S.E. 2-0 OM : 18 mai 2013

La semaine précédente, les Marseillais ont assuré la 2e place en championnat synonyme de qualification directe pour la Ligue des champions. Une aubaine sachant que cette saison avait été placée sous le signe de l’austérité avec un recrutement low cost. Débarqué à la toute fin de l’été en pompier de service, l’ancien Vert Elie Baup a su unir un groupe autour d’un objectif commun. Résultat : ce groupe de laborieux s’est souvent imposé à l’arrache, dans la douleur, sur la plus petite des marges. Forcément, une fois l’objectif atteint, la pression retombe et les Verts sanctionnent fort logiquement ce relâchement. L’ancien Marseillais Brandao, héros de la finale de la Coupe de la Ligue quelques jours plus tôt, délivre une passe décisive pour Loïc Perrin à la 25e et se charge d’inscrire le deuxième but des Verts à la 42e. A noter en marge de ce match un violent accrochage entre supporters phocéens et lyonnais sur une aire d’autoroute. Le début d’une longue liste de dérapages entre les deux camps qui a abouti aux incidents du Vélodrome en septembre…

A.S.S.E. 1-1 OM : 16 février 2014

Démarrée dans le faste d’un recrutement jeune et soi-disant quatre étoiles (Thauvin, Imbula, Mendy…), cette saison a rapidement tourné au cauchemar pour les Marseillais. Leur parcours ridicule en Ligue des champions (6 matches, 6 défaites) leur a valu les moqueries de la France entière et a sabordé leur moral. Incapable de redresser la barre, Elie Baup a été débarqué début décembre au profit de José Anigo. Avec le directeur sportif, les choses repartent quelque peu, jusqu’à ce déplacement à Geoffroy-Guichard. S’ils l’emportent dans le Forez, les Phocéens peuvent espérer postuler à une place dans le Top 5. Mais s’ils font match nul ou s’inclinent, ils peuvent dire adieu à toute ambition. En dépit de cet impératif de victoire, Anigo aligne une défense à cinq qui fait merveille pendant une heure. Mieux :  à la 64e, Nicolas N’Koulou profite d’une action confuse pour tromper Stéphane Ruffier. Les Marseillais tiennent les trois points jusqu’à la 92e quand un ultime coup franc joué côté droit est repris de la tête par l’inévitable Brandao qui crucifie ses anciennes couleurs. Touchés, les Marseillais terminent l’exercice en roue libre et ne valident pas leur billet pour l’Europe.

A.S.S.E. 2-2 OM : 22 février 2015

Il paraît que les grands joueurs ne reproduisent pas deux fois les mêmes erreurs. Si c’est vrai alors l’Olympique de Marseille en est dépourvu… Exactement un an et six jours après l’égalisation à la dernière seconde de Brandao, les Phocéens se font  à nouveau rejoindre dans les arrêts de jeu, cette fois sur un coup de tête de Mevlut Erding. Après une première période dominée par les Verts, ceux-ci ouvrent la marque à la 54e sur pénalty par Max-Alain Gradel, tout juste revenu de son séjour victorieux en Afrique avec la Côte d’Ivoire. Neuf minutes plus tard, Marcelo Bielsa tente un improbable coup de poker en sortant trois joueurs d’un coup : Romain Alessandrini, Baptiste Aloé et Michy Batshuayi entrent à la place d’Alaixys Romao, Brice Dja Djédjé et André-Pierre Gignac. Une minute plus tard, Batshuayi égalise ! Et sur l’action suivante, Alessandrini centre pour le Belge qui donne l’avantage aux Phocéens ! Un scénario incroyable qui coupe le sifflet au Chaudron. Heureusement, les Verts ne lâchent rien et finissent par égaliser sur une action litigieuse puisque Steve Mandanda est bousculé dans le domaine aérien juste avant qu’Erding ne marque. Mais qu’importe, l’essentiel pour l’A.S.S.E. est d’avoir préservé une invincibilité qui court désormais sur six années.

Laurent HESS, correspondant à Saint-Etienne

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