L’instant OM : l’action du but de Benedetto, symbole du Marseille version Villas-Boas

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Supporter de l’OM devant l’éternel (qui, pour lui, s’appelle Raymond Goethals), Raphaël Nouet revient chaque mercredi soir sur l’actualité chaude de son club de cœur.

J’ai l’impression de commencer toutes mes chroniques de la même façon mais pourquoi s’en priver vu ce que la saison 2018/19 nous a offert ? Quel bonheur ! Quel pied dimanche soir devant ce match bien parti, puis perdu, puis assurément perdu après le pénalty manqué de Rongier et finalement retourné ! Quelle fierté en entendant ces 10.000 supporters marseillais (estimation neutre de La Voix du Nord) faire exploser des Aux Armes à Pierre-Mauroy !

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Il s’est dit beaucoup de choses après ce magnifique succès, notamment que la Champions League, c’était quasiment fait. Mais il y a une chose qui m’a profondément marqué : l’action du deuxième but. Alors que je la regardais, je me disais que ce serait beau de la conclure par un but tellement elle était impressionnante. Et comme dans un rêve, c’est arrivé…

Il me semble que les médias n’ont pas suffisamment insisté dessus alors qu’elle symbolise à mon sens toute la qualité du travail d’André Villas-Boas. Vous vous souvenez que Rudi Garcia passait son temps à parler de beau jeu mais qu’on n’en voyait pas le début d’une passe ? Avec le Portugais, c’est l’inverse : il ne s’en vante pas mais on en prend plein les yeux. Cette action ayant mené au but de Dario Benedetto est pour moi digne de la Champions League.

Petit récapitulatif : on joue depuis 67mn et 59 secondes, récupération à trente mètres de ses buts de Bouna Sarr, qui passe à Boubacar Kamara, qui lui remet. Encore un une-deux entre le latéral droit et sa sentinelle pour échapper au pressing de deux Lillois puis Sarr trouve Morgan Sanson dans le camp nordiste. Le milieu remet en une touche à Valère Germain, posté le long de la ligne, toujours côté droit, qui lui remet. Les deux Olympiens sont entourés de quatre adversaires.

Une action de 24 secondes et 11 passes de très haut niveau

Sanson fait l’un de ses contrôles magnifiques dont il a le secret, tourne sur lui-même et renverse le jeu vers Duje Caleta-Car. Le Croate lance Marley Aké le long de la ligne de touche sur la gauche. Le jeune attaquant repique dans l’axe, percute et sert Germain, dont le centre trouve Dario Benedetto. On joue depuis 68mn et 23 secondes. En 24 secondes, une éternité dans le foot de haut niveau, et onze passes, l’OM est passé de ses trente mètres au but adversaire en s’extrayant d’un pressing haut des Lillois tout en les désarçonnant avec un double changement de côté (droite-gauche, gauche-droite).

C’est du très haut niveau, ça, messieurs dames ! C’est la preuve que l’on tient l’entraîneur idoine pour nous faire monter haut, que l’on a déjà les bases pour ne pas être ridicules en Champions League l’an prochain. Alors, cher Jacques-Henri Eyraud, je te le demande pour la millième fois : fais tout ce qui est en ton pouvoir pour satisfaire « AVB ». Il sait où il va (les sommets) et il sait comment y aller. Ça mérite qu’on lui file les clefs du camion, les tiennes, les miennes et même celles de la maison bleu ciel et blanc !

Raphaël Nouet

Journaliste à But! depuis 2001