OM – Analyse : Comment justifier l’ahurissante sortie de Basile Boli ?

On pensait, cette saison, avoir tout lu et tout vu avec l’Olympique de Marseille. Mais la sortie médiatique de Basile Boli, hier soir après le match nul contre les Girondins de Bordeaux (0-0), demeure tout de même ahurissante.

Depuis des mois, les supporters de l’Olympique de Marseille ont eu droit à tout. Entre les matches affligeants, les joueurs pas au niveau, les résultats catastrophiques et un entraîneur dont on ne comprend (toujours) pas les schémas tactiques, la saison 2015-2016 s’apparente à un cauchemar sans fin. Hier, face aux Girondins de Bordeaux, lors d’un match (0-0) qui avait, comme l’a justement signalé Pierre Ménès le niveau d’une rencontre de championnat de district, la direction de l’Olympique de Marseille a une fois encore démontré son très étrange savoir-faire.  Si rien, on le sait, ne justifie les débordements et les insultes, notamment inscrites sur les banderoles, les matches contre Rennes et Bordeaux ont clairement montré que Margarita Louis-Dreyfus et Vincent Labrune devaient vite faire leurs valises et songer à l’après. Ca, c’est acquis. Mais le véritable coup de théâtre n’est pas venu de la propriétaire, ni du président. Mais plutôt de Basile Boli, ambassadeur du club qui s’est offert une sortie médiatique tonitruante en fin de rencontre. Avec des propos, retranscrits par La Provence, qui prouvent, tout de même, que ce club marche décidément la tête à l’envers. Extrait : « Je suis plus que triste. Il n’y a pas de mot. Les supporters ont raison à 100%. On a un attaquant qui a marqué 14 buts qui n’est pas aligné (Michy Batshuayi), une équipe très renouvelée. Celle-ci n’est pas faite pour aller au charbon, ni relever le défi. Elle n’a pas été à la hauteur. Je suis surpris et bouleversé par les choix de Michel. Ce maillot est important, il a une histoire ».

A l’OM, on ne lave pas son linge sale en famille

Il n’est pas question ici de remettre en cause l’analyse du buteur de Munich 1993. Bien au contraire, Boli se posant les mêmes et bonnes questions que tous les observateurs. Mais comment Boli peut-il, alors qu’il suit officiellement chaque rencontre de l’équipe première et qu’il est dans le vestiaire, charger à ce point un entraîneur qu’il côtoie depuis des mois ? Comment peut-on imaginer qu’un membre de l’OM en massacre publiquement un autre après une telle déconvenue ? Il n’est pourtant pas compliqué, depuis des semaines, pour Labrune et Boli de se réunir avec leur entraîneur et de lui exposer leurs points de vue. Il n’est pourtant pas compliqué d’imaginer que dans une telle institution du football, l’Olympique de Marseille, on lave son linge (très) sale en famille. De deux choses l’une, soit Basile Boli a été prié, par Vincent Labrune, de dire ses quatre vérités à la presse et d’exécuter publiquement l’Espagnol. Ce qui ne montre pas un grand signe de courage du président olympien. Soit le nouvel épisode d’hier soir montre, et c’est affligeant, que dans le vestiaire et en coulisses, trois personnes (Labrune, Michel et Boli) ne sont même plus capables de s’adresser la parole. Gravissime.

L. Tercier