OM : le grand bluff de Mohamed Ajroudi mis au grand jour !

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Dans sa dernière enquête, le journaliste Romain Molina a mis en avant, documents à l’appui, le bluff réalisé par Mohamed Ajroudi avec le rachat de l’OM.

Depuis deux semaines, on ne parle presque exclusivement que du rachat de l’Olympique de Marseille et du projet ramené à Frank McCourt par Mourad Boudjellal et piloté par l’homme d’affaires franco-tunisien Mohamed Ayachi Ajroudi. D’une offre officielle espérée la semaine dernière, le discours du duo a ensuite bifurqué sur une lettre d’intention. Lettre qui s’est perdue et s’est finalement exposée sur la scène médiatique.

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Toujours est-il que, malgré tous les fantasmes et rêves de discussions en coulisses, il n’y aurait pas grand chose. Dans une enquête où il détaille les rouages du « grand bluff » porté par Mohamed Ajroudi, le journaliste Romain Molina a apporté de nombreux éléments sur le sulfureux intermédiaire, pas si soutenu qu’on le pense.

Beaucoup de casseroles derrière Mohamed Ajroudi

Tout d’abord, l’enquêteur confirme que le prince Al-Walid ben Talal n’est pas un proche d’Ajroudi et qu’il ne l’a jamais été. Dans toutes ses affaires, l’associé de Mourad Boudjellal n’a officiellement collaboré, dans toutes ses affaires, qu’avec un seul prince d’Arabie Saoudite, Walid Bin Abdul Moshin. Un Prince relativement méconnu et ne comptant pas parmi les personnalités principales dans son pays.

S’il confirme que Mohamed Ajroudi a bien réussi dans certaines affaires et dispose de quelques moyens, ce dernier a également beaucoup de casseroles. Ses sociétés françaises sont toutes largement déficitaires, son parti politique a fait un flop, sa chaîne de TV également et de nombreux impayés sont à signaler. Dans le sport, il a tenté de rentrer dans certaines affaires à Hammamet (basket, foot, handball) sans succès, a échoué à racheter le club africain et contribué à la descente en D2 du Stade Gabésien, le club de sa ville, sanctionné de points de pénalités… suite à des impayés.

Les fonds étatiques d’Arabie Saoudite, c’est du vent !

Concernant les liens qu’il prétendrait avoir en Israël ou aux Emirats, Ajroudi se serait servi de son amitié avec l’imam de Drancy, Hassen Chalghoumi, pour être intronisé. Sa fameuse banque d’affaires Wingate ? Un simple cabinet d’expert-comptables… Tout le projet d’Ajroudi autour de l’OM  ne serait en fait qu’un vaste campagne de publicité gratuite pour se placer et attirer des investisseurs désireux de gonfler son pool… Avant de contacter Frank McCourt. Un projet crédibilisé par la présence de Mourad Boudjellal en tête d’affiche.

Concernant les investissements étatiques d’Arabie Saoudite, Romain Molina n’y croit pas. Le fonds souverain n’a qu’un seul projet en tête et il s’agit toujours de Newcastle. « Et quand ils veulent quelque chose, ils y vont directement. Et surtout sans intermédiaire comme Mohamed Ajroudi », rappelle-t-il. Par ailleurs, tout investissement à plus de 100 M$ doivent être validés par l’Etat via des connexions politiques. Il paraît donc peu probable que l’un des 10 000 princes d’Arabie Saoudite ne se pose en concurrent du Prince héritier Mohammed ben Salmane Al Saoud pour le rachat d’un club européen. L’OM ou pas…

Alexandre Corboz

Journaliste à But! depuis 2008