par Julien Pédebos

OM : McCourt a trois raisons valables pour recaler l'ultimatum d'Ajroudi

Frank McCourt, le président de l'OM, a moins de dix jours pour répondre favorablement à l'offre formulée par Mohammed Ajroudi.

Dans une stratégie de communication toujours étrange, Mohammed Ajroudi a réaffirmé son intention de racheter l'OM cette semaine. Le tout en posant un ultimatum de dix jours à Franck McCourt pour répondre favorablement à sa première proposition. Mais beaucoup de choses laissent à penser que l'homme d'affaires américain ne devrait rien céder.

Récupérer ses billes, une motivation insuffisante ?

Le message est passé très clairement depuis le début du feuilleton Ajroudi, Frank McCourt ne veut pas vendre l'OM pour le moment. La première raison se trouve peut-être dans les explications de Vincent Chaudel, économiste du sport, sur RMC. Selon lui, la perspective de « simplement » récupérer l'argent dépensé dans le club n'est pas forcément une grande opportunité. « Je ne crois pas qu'il soit venu pour une opération à court terme. C'est comme si j'achetais une maison, je paie des frais de notaire, et on me propose quatre ans plus tard de racheter ma maison. Je n'ai presque pas amorti mes frais de notaire. (…) Si j'investis dans un club comme l'OM, ce n'est pas pour le revendre deux ans après, j'ai un projet », estime l'économiste.

La pression populaire s'est rapidement essoufflée

Autre raison qui pourrait expliquer la fermeté de Frank McCourt, le contexte marseillais est aujourd'hui favorable. Et alors que le tandem Ajroudi – Boudjellal misait sans doute sur le soutien des supporters pour « forcer » une vente, les choses ne sont pas aussi évidentes. « Je pense qu'il a misé sur ça et la pression populaire parce qu'avant le confinement, l'équipe en place n'était pas en odeur de sainteté. Il y avait une fenêtre de tir, ils ont joué dessus. Mais depuis la fin du confinement, la saison s'est arrêtée et l'OM est qualifié pour la Ligue des champions. Ca ne fait pas les affaires d'Ajroudi », ajoute Chaudel.

L'UEFA moins sévère, une opportunité

Enfin, troisième paramètre à prendre en compte, l'étreinte qui se desserre du côté de l'UEFA. L'instance européenne, en raison du contexte actuelle, se montre moins sévère dans son respect du fair-play financier. Une opportunité qui fait évidemment les affaires de l'OM. « L'UEFA est dans un contexte où il ne peut pas être aussi ferme sur le fair-play financier. Ça rebat les cartes à l'avantage du projet OM. Dans une année normale, est-ce que l'OM serait resté deuxième on ne sait pas. Et l'application stricte du fair-play financier aurait pu ne pas l'aider », conclut l'économiste. Ces trois raisons amèneront-elles Frank McCourt à recaler l'ultimatum d'Ajroudi ? Cela semble en prendre le chemin...