FC Nantes : ces grands noms qui ont brillé (ou pas) chez les Canaris…

Avant Lorik Cana, d’autres noms connus ont débarqué chez les Canaris. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que la mayonnaise a rarement pris ! Tour d’horizon de la dernière décennie durant laquelle un champion du monde et un champion d’Europe ont porté le maillot Jaune et Vert, avant de prendre leur retraite.

Fabien Barthez (2006-2007)

A l’hiver 2006, en guise de cadeau de Noël, le tandem Gripond-Roussillon sort de sa hotte l’ancien gardien des Bleus Fabien Barthez himself ! Mais rapidement, le portier hérite du sobriquet de “diva chauve” pour sa propension à vouloir faire comme bon lui semble, comme imposer son préparateur personnel… Et quatre mois, 14 matches et 23 buts encaissés plus tard, c’est un fiasco !

Quittant le stade en pleine rencontre après une boulette contre Sedan, il prétexte ensuite, fin avril 2007, avoir été chahuté par des supporters à la sortie de la Beaujoire après une défaite face à Rennes pour s’envoler définitivement de Loire-Atlantique. Depuis, le champion du monde 1998 a troqué ses gants de gardien pour ceux de pilote de course, participant même aux 24 Heures du Mans. Dans le foot, s’il n’a pu éviter la relégation de Nantes en L2, il n’a pas non plus réussi, en 2013, à convaincre les instances nationales de faire monter Luzenac à ce niveau, club dans lequel il s’était investi.

Christian Wilhelmsson (2006-2008)

Quand le Suédois arrive au FC Nantes en juillet 2006, Anderlecht pleure. Car en Belgique, l’attaquant faisait le bonheur des fans du club le plus titré, notamment en Ligue des champions… Chez les Canaris, en revanche, l’histoire a été nettement plus douloureuse à tel point qu’après seulement 13 apparitions en L1 (un but), celui qui a été acheté 4 M€ est prêté dès l’hiver suivant à l’AS Rome avant d’atterrir à Bolton (Angleterre) puis à La Corogne (Espagne).

Passé ce tour d’Europe toujours peu concluant, l’intéressé se mue en véritable globe-trotter, enchaîne les miles et file dans les Emirats Arabes Unis où il passe sous les ordres d’Eric Gerets, l’ancien coach de l’OM désormais à Al-Hilal, à Riyad (plus de 100 matches et 53 buts) avant d’aller s’essayer au Qatar (Al Ahli) puis aux Etats-Unis au Los Angeles Galaxy aux côtés d’un certain David Beckham, avant de retourner aux Emirats (Baniyas) et, enfin, de finir chez lui, en Suède, à Mjällby !

Ivan Klasnic (2008-2010)

C’est un miraculé qui débarque à l’été 2008 dans un FC Nantes fraîchement remonté dans l’élite. Ivan Klasnic, qui faisait le bonheur du Werder Brême depuis 2001, choisit donc la Cité des Ducs, autant pour son club que (sinon plus) pour le savoir médical mondialement reconnu de la ville dans la transplantation rénale. Car l’attaquant (qui a d’ailleurs gagné un procès face aux médecins de Brême) revient de loin. Après une erreur de diagnostic et plusieurs rejets, il a finalement été le premier joueur à évoluer à ce niveau avec un rein qui n’est pas le sien. Côté terrain, il sort d’un Euro 2008 convaincant avec la Croatie (quart de finale) lorsqu’il débarque au FCN.

Mais, bien vite, il peine à s’intégrer à l’effectif. Chez l’octuple champion de France, il faut dire que la stabilité est toute relative, le club ayant adopté la valse des entraîneurs… Lorsqu’Elie Baup débarque enfin, Klasnic ne semble plus dans les petits papiers du coach à la casquette. Un échange verbal houleux entre les deux hommes dans le bus des joueurs aurait même scellé une rupture quasi définitive. Avec le public, là aussi, le Croate est à la peine. Sifflé malgré 10 buts (dont 2 face à Lyon) inscrits en championnat, il adresse aux supporters un bras d’honneur avant de quitter le club alors redescendu en L2 pour filer en Angleterre (Bolton) puis retourner en Allemagne (Mayence) où il a terminé sa carrière.

Michaël Gravgaard (2008-2010)

Lorsqu’il arrive au FC Nantes, le défenseur est accueilli par un parterre de journalistes, ce qui conforte les dirigeants dans leur idée d’avoir décroché l’affaire du siècle. Sauf que le jour de la présentation du Danois, Nantes était aussi ville étape du Tour de France et de nombreux médias ont profité de leur présence dans la Cité des Ducs pour faire un sujet sur ce transfert… Quoi qu’il en soit, aujourd’hui encore, la Maison Jaune n’a toujours pas soldé la venue de celui qui était surnommé “Air Force” et qui allait bientôt devenir “Air Farce”.

Balle au pied ou dans l’art du déplacement, l’intéressé est à la peine, sans compter qu’il accumule les maladresses, si bien que quelques mois après son arrivée, Nantes le prête à Hambourg, avec qui le sympathique scandinave se hisse en demi-finales de l’Europa League. Mais une blessure au pied viendra finalement mettre fin à l’histoire. Du moins, c’est le motif avancé par le FCN pour rompre le contrat, ce que le joueur, lui, a toujours contesté, assurant être encore capable de taper dans un ballon. En définitive, d’expertises médicales en contre-expertises, l’affaire a longtemps occupé la salle du conseil des prud’hommes de Nantes et la plaisanterie a finalement coûté très cher au président Kita.

Jean-Claude Darcheville (2009-2010)

“Alors, elle n’est pas belle ma surprise ?!” Waldemar Kita n’est pas peu fier, en ce début du mois d’août 2009, de présenter SA recrue, en l’occurrence Jean-Claude Darcheville. Un joli coup, il est vrai, d’avoir attiré ce joueur renommé dans un club alors fraîchement redescendu en L2. Sur le papier, en effet, c’est prometteur, le Guyanais a écumé pas mal de clubs dans l’Hexagone (Rennes, Lorient, Bordeaux, Valenciennes) et à l’étranger (Nottingham Forest en Angleterre et les Glasgow Rangers en Ecosse) et soulevé quelques trophées, comme la Coupe de France avec les Merlus en 2002 et la Coupe de la Ligue avec les Girondins en 2007.

Mais l’attaquant, qui vient de souffler ses 34 bougies, accuse le poids des années. Trop lent et manquant d’explosivité, il peine à trouver son rythme et son côté donneur de leçons lui vaut quelques inimitiés dans le vestiaire. Après une saison à l’issue de laquelle il n’a trouvé que six fois le chemin des filets, il part en Grèce, finir sa carrière à Kavala.

Sylvain Wiltord (2011-2012)

Cinq ans après Fabien Barthez, c’est un autre champion d’Europe qui arrive au FC Nantes à l’été 2011. Buteur-sauveur et héros des Bleus face à l’Italie en finale de l’Euro 2000 (c’est lui qui a inscrit le but égalisateur dans les ultimes secondes du match permettant à la France d’aller en prolongations et de gagner grâce au but en or de Trezeguet), l’attaquant jouit d’une belle notoriété qu’il a décidé de mettre au service des Canaris, alors en L2. S’il n’a pas rechaussé les crampons depuis un an, après six mois passés à Metz entre janvier en juin 2010, il ne semble toutefois pas avoir perdu le sens du but, marquant dès sa première titularisation avec les Jaune et Vert face à Guingamp en août 2011.

La suite ne sera pas mauvaise non plus, Wiltord trouvant à huit reprises la route des cages adverses et participant à quasiment tous les matches (38 apparitions) de la saison. Mais cela n’a pas suffi à réinstaller le club dans l’élite. Alors qu’on aurait pu croire, un temps, que la venue de l’ancien international tricolore amènerait dans son sillage celle de son pote et ex-partenaire d’Arsenal Robert Pirès (lui-même en recherche de club à cette époque-là), il n’en fut rien : un an après avoir pris place dans le vestiaire de la Jonelière, Wiltord a finalement vidé son casier et remisé, définitivement, ses crampons aux vestiaires, non sans avoir fait le métier jusqu’au bout, malgré tout.

Charles GUYARD

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