FC Nantes : cette expérience bouleversante qui a marqué Girotto au fer rouge

Passé par le club de Chapecoense, Andrei Girotto a vécu une expérience particulièrement dure au Brésil. Il raconte.

Second couteau du milieu du FC Nantes sous Claudio Ranieri, Miguel Cardoso et Vahid Halilhodzic, Andrei Girotto est en train de prendre une nouvelle envergure en défense centrale chez les Canaris. Christian Gourcuff, qui l’a repositionné avec succès à ce poste, est un grand fan du Brésilien et l’a récemment fait savoir. Ce qu’on sait moins, c’est qu’avant de débarquer dans la Cité des Ducs, Girotto a vécu une aventure bouleversante en signant dans le club de Chapecoense, quelques semaines seulement après l’accident d’avion ayant coûté la vie à une grande partie de l’équipe.

« J’ai des amis qui ont trouvé la mort dans cet accident »

Dans un entretien à « Ouest-France « (passé inaperçu à sa sortie il y a un an mais remis en avant par le média en ce début de semaine), Girotto s’est confié sur cette expérience hors norme qui a marqué sa vie : « J’ai des amis qui ont trouvé la mort dans cet accident. Il y a notamment le préparateur physique qui m’avait entraîné par le passé. Ce fut une décision difficile, prise avec ma femme et ma famille. Je voulais les aider et je ressentais le besoin de rentrer au Brésil. En venant me voir au Japon, ma mère a fait une phlébite. Elle a failli mourir et a dû rester un mois à Dubaï avant de retourner au Brésil… Sans être passée par le Japon. Entre ce problème et surtout le drame de Chape, je devais revenir au pays ».

« Deux situations très délicates m’ont marqué »

Avant de connaître une nouvelle atmosphère de tristesse à Nantes avec la tragique disparition d’Emiliano Sala, Girotto avait vécu quelque chose de similaire au Brésil : « Aux portes des vestiaires, on a rencontré les familles des victimes. Deux situations très délicates m’ont marqué. Les deux kinés du club étaient frères mais seul l’un d’eux était dans l’avion. L’autre a continué à travailler à Chapecoense. Il ressentait beaucoup de douleur. L’attaché de presse a également perdu la vie dans le drame. Le club a embauché sa femme, qui avait de l’expérience dans ce domaine, pour le remplacer. Ils nous ont dit combien ils étaient obligés de se surpasser au quotidien. Je me souviens aussi du premier match de la saison. C’était très familial et très fort parce qu’il y a eu beaucoup d’hommages de rendus avant et pendant ce match ».

« Je prends aussi du recul sur certaines choses futiles »

De cette expérience, Girotto s’en est tiré une force : « Les supporters ont mis du temps à nous accepter, à nous faire confiance. Cela est venu après notre victoire en championnat d’État. Ils ont retrouvé de la joie. C’est vraiment fort de redonner du plaisir au public après un tel drame (…) Côtoyer des joueurs et des personnes qui ont failli mourir change beaucoup de choses. Je n’oublierai jamais une phrase de Neto (l’un des survivants du crash, NDLR) : « N’attends pas demain pour dire à tes proches que tu les aimes et profite de chaque jour. » Durant cette période, j’ai beaucoup appris sur moi… Il y a plein de choses au quotidien que j’applique. Je prends aussi du recul sur certaines choses futiles ».


Arnaud Carond